Après les terribles combats de l'hiver en Champagne, le haut-commandement français lance, en mai 1915, une offensive de grande envergure pour rompre le front dans le Nord. De Neuville-Saint-Vaast à Roclincourt, jusqu'aux positions d'Hébuterne plus au sud, les régiments s'élancent contre des lignes allemandes solidement retranchées.
Pour les soldats du Pays de Retz, ce printemps 1915 devient un calvaire de craie et de sang. Sous le feu des mitrailleuses et les bombardements incessants, ils ont lutté pied à pied pour la conquête de chaque tranchée, de chaque ruine, de chaque ferme transformée en forteresse, comme la ferme Toutvent.
Cette page rend hommage à ces hommes dont le parcours s'est arrêté dans la plaine artésienne. Leurs noms, retrouvés au fil des archives, témoignent de la violence des assauts et de l'héroïsme de ces fils de nos communes.
💡 Note de l'auteur : Cette base de données est actuellement en cours de constitution. La liste s'enrichit au rythme du dépouillement des archives et des registres d'état civil. Elle sera complétée jusqu'à l'identification totale des victimes recensées sur notre territoire.
BIZEUL Julien Pierre Marie Dit Pierre - Caporal au 65 RI - ✝ 10 juin 1915 à Warloy-Baillon
FOUCHER Gustave Jean Marie - Soldat au 41 RI - ✝ 9 mai 1915 à Chanteclerc Roclincourt
FORTINEAU Félix René - Sergent au 137 RI - ✝ 7 juin 1915 à Hébuterne
FRANCOIS Philippe Jean - Sous-lieutenant au 9 RI - ✝ 11 mai 1915 à Roclincourt
GADET Donatien Henri Joseph - Soldat au 265 RI - ✝ 15 juin 1915 à Toutvent
GUERIN Eugène Joseph - Sous-lieutenant au 64 RI - ✝ 9 juin 1915 à Hébuterne
LEHOURS François Francis Alexandre Eugène - Soldat au 26 RI - ✝ 9 mai 1915 à Neuville Saint-Vaast
LOIRAT Gustave Jean Marie - Soldat au 65 RI - ✝ 10 juin 1915 à Hébuterne
LOIZEAU François Alexandre Eugène - Soldat au 93 RI - ✝ 25 juin 1915 à Amiens
En ce printemps 1915, alors que la guerre de mouvement n’est plus qu’un souvenir, le commandement français lance une offensive majeure dans le département du Pas-de-Calais. L'objectif est ambitieux : rompre le front allemand, s'emparer de la crête de Vimy et libérer la plaine de Douai. Pour les hommes du Pays de Retz, jetés dans la fournaise, cette bataille restera comme l'une des plus meurtrières de l'année 1915.
Le 9 mai 1915, après une préparation d'artillerie d'une intensité sans précédent, les vagues d'assaut s'élancent. C'est à Neuville Saint-Vaast et à Roclincourt que le choc est le plus brutal. Sous un soleil radieux, les soldats sortent des tranchées pour se heurter à un réseau de barbelés souvent intact et à des nids de mitrailleuses allemandes enterrés dans des caves bétonnées. En quelques heures, des compagnies entières sont fauchées. Les noms que vous retrouverez dans nos archives témoignent de l'hécatombe de cette seule journée.
Plus au sud, le secteur d’Hébuterne devient à son tour le théâtre de combats acharnés à partir du 7 juin. Ici, la lutte se concentre sur des points d'appui fortifiés comme la ferme Toutvent. Ce n'est plus une guerre de mouvement, mais une bataille de «grignotage» où chaque mètre de tranchée se gagne au prix de sacrifices inouïs. Les fils du Pays de Retz, souvent issus de régiments de l'Ouest , y découvrent l'horreur des combats au corps à corps et des pilonnages de gros calibre.
Malgré des actes de bravoure individuels et la prise de certaines positions, la percée tant espérée n'a pas lieu. Le 18 juin, l'offensive est suspendue. Le bilan est effroyable : la France déplore plus de 100 000 hommes mis hors de combat en quarante jours.
Derrière ces chiffres se cachent les visages des pères, des fils et des frères de nos communes. Leurs actes de décès, souvent transcrits avec la mention « Tué à l'ennemi » dans les ruines de Neuville ou les champs de Roclincourt, forment aujourd'hui le cœur de notre travail de mémoire.