GUÉRIN Eugène Joseph
La Montagne
1885 - 1915
Sous-lieutenant au 64ème régiment d’infanterie
Mort pour la France
Cette biographie est rédigée à partir des JMO et des historiques sommaires du 64ème RI
Eugène est né le 23 avril 1885 à Fay-de-Bretagne.
Il s'engage en 1904 au 64ème régiment d'infanterie d'Ancenis.
Il entame une ascension régulière au sein du régiment.
Il va combattre dès le 22 août 1914 en Belgique.
Puis Eugène participe à la bataille de la Marne et à la "course à la mer»
Il est engagé aux combats d'Hébuterne.
Il est tué à l'ennemi le 9 juin 1915.
Son père, Pierre GUÉRIN a épousé Perrine Françoise Marguerite DROUAUD en 1883 à Fay-de-Bretagne. Ils sont tous les deux natifs de cette commune.
A notre connaissance, le couple n’a qu’un seul enfant : Eugène Joseph né le 23 avril 1885 à Machecoul (44) Son père est alors gendarme à pied et sa mère, sans profession.
Alors qu’il est employé de commerce à Ancenis, Eugène s’engage volontairement le 2 juillet 1904 au 64ème régiment d’infanterie pour une durée de quatre ans.
Jeune homme aux cheveux châtains et aux yeux gris mesurant 1,72 m, il entame une ascension régulière au sein du régiment d'Ancenis. Nommé caporal en 1905, puis sergent en 1906, il multiplie les réengagements par fidélité à son unité.
Il est nommé sergent fourrier le 2 juillet 1912.
Eugène épouse Lucie Marie Louise Françoise Marguerite SURGET.
Au moment de la mobilisation, Eugène vient d'être nommé sergent-major le 23 juillet 1914.
Le baptême du feu et la course à la mer.
Le 5 août 1914, Eugène quitte Ancenis avec son régiment sous le commandement du colonel BOUYSSOU. Il connaît son baptême du feu le 22 août à Maissin, en Belgique. Dans un combat d'une rare violence, le 64ème rejette l'ennemi à la baïonnette, une victoire qui marquera durablement le moral des troupes malgré la perte de 450 hommes.
Après la pénible retraite et la victoire de la Marne en septembre, Eugène est nommé adjudant le 29 octobre 1914. À cette période, le régiment est engagé dans la « « course à la mer » et mène une lutte opiniâtre dans les plaines boueuses de la Somme, notamment à La Boisselle.
L'accession au rang d'officier et les combats d'Hébuterne.
Le 7 janvier 1915, Eugène est promu sous-lieutenant. Il partage alors la vie de tranchées hivernale de ses soldats bretons et vendéens.
Au printemps, le régiment se prépare pour une offensive majeure.
Le 7 juin 1915, Eugène et ses hommes s'élancent des tranchées d'Hébuterne devant la ferme de Toutvent. Sous un barrage d'artillerie terrible, le régiment fait preuve d'un courage admirable en enlevant avec brio deux lignes de tranchées ennemies d'un seul élan.
C'est au cours de cette opération héroïque, qui vaudra au régiment une citation à l'ordre de la 2ème armée, qu'Eugène rencontre son destin.
Le 9 juin 1915, après trois jours de combats acharnés sous un bombardement féroce, il est tué à l'ennemi.
Eugène figure parmi les 6 officiers et 125 hommes qui manquent à l'appel à l'issue de cette bataille. Son nom reste associé à la gloire de ce régiment qui, selon un historique, n'a « jamais marchandé son sang » pour faire son devoir.
Eugène est cité à l’ordre de l’armée le 29 juin 1915 : « Est sorti le premier des tranchées pour entraîner sa troupe à l’assaut des positions ennemies le 7 juin, l’a maintenue sur le terrain conquis malgré un feu violent d’artillerie et est tombé glorieusement à son poste. »
La décès d'Eugène est confirmé par un Jugement déclaratif le 22 février 1918 par le Tribunal de Saint-Nazaire. Ce jugement est transcrit à Saint-Nazaire le 2 mars 1918.
Hommage à La Montagne :
Monument aux morts.
Hommage à Saint-Nazaire :
Livre d'or du ministère des pensions.
Sa mère, Perrine décède en 1953 à Fay-de-Bretagne à l’âge de 86 ans.
Sources primaires et documentation
Ces sources fondamentales ont permis de vérifier et d'établir le récit de cette biographie.
La baïonnette est une lame métallique conçue pour être fixée à l'extrémité d'un fusil. Elle permet de transformer une arme à feu en arme de mêlée, rendant le soldat capable de combattre à courte distance lorsque l'usage des munitions devient impossible ou inadapté.
On attribue la paternité de la baïonnette aux paysans de Bayonne, en révolte dans les années 1660, qui, à court de munitions, fixèrent des couteaux de chasse au bout de leurs bâtons. Une autre version fait remonter son origine au «baionnier», archer français maniant le couteau court.
Quelle qu’en soit l’origine, les premières baïonnettes apparaissent dans les armées françaises au XVIIème siècle. Elles ne sont alors que des lames d’une trentaine de centimètres de long, directement fichées par une poignée cylindrique dans le canon des mousquets. Mais elles obstruent le canon et ne permettent pas de tirer en même temps.C’est l’intuition de Vauban, qui en 1687, pense à adopter un système qui ne bouche pas le canon. Naît alors le principe de la baïonnette à douille, composée d’une lame droite avec une base coudée rattachée à une douille cylindrique, le coude laissant libre l’axe du canon.Bien qu’installée dans une guerre de tranchées, la Première Guerre mondiale voit encore son usage lors des montées à l’assaut. Cependant, le mythe des charges à la baïonnette est à relativiser. Le fusil Lebel flanqué de sa baïonnette mesure 1,83 m, ce qui le rend difficile à manier. De plus, une fois plantée dans le corps de l’ennemi, elle n’est pas aisée à retirer, ralentissant la progression et exposant dès lors le combattant. Nombreux sont les poilus à opter pour des couteaux de tranchées artisanaux lors des «nettoyages de tranchées.» Rédigé par MTB.
Des soldats à l’assaut en 1914 avec leur fusil à baïonnette. Source Geneanet.