BRONDY Joseph François Noël
Vue
1897 - 1917
247ᵉ régiment d'infanterie
Mort pour la France
Eugène BRONDY père, cultivateur originaire de Rouans, épouse Victorine LECLESVE à Vue en 1882.
Le couple a sept enfants : Françoise (1884), Noël (1885), Eugène (1887), Marie (1891), Hermine (1892), Joseph (1897) et Eugénie (1899).
Françoise et Noël naissent à Rouans, tandis qu’Eugène, Marie, Hermine, Joseph et Eugénie voient le jour à Vue.
Joseph BRONDY est né le 16 juin 1897 à Vue
Il est mobilisé le 7 janvier 1916 à l’âge de 18 ans.
Il est affecté au 47e puis au 247e régiment d’infanterie.
Il participe aux combats de Verdun en 1916.
Joseph est tué à l’ennemi à Bezonvaux le 24 août 1917. Il avait 20 ans.
Joseph est né le 16 juin 1897 au lieudit "La Ville" à Vue, comme Eugène. Il a dix ans de moins que son frère.
Il est mobilisé le 7 janvier 1916 à l’âge de 18 ans. Il est affecté au 47e régiment d’infanterie et au 247e qui est la réserve du 47e. Il a les cheveux châtains, les yeux gris et mesure 1,61m
Joseph arrive dans un régiment qui combat depuis un an et demi déjà.
De novembre 1915 à juin 1916, Joseph reste dans le même secteur de Prosne et Auberive. Pendant ces huit longs mois, du 28 octobre 1915 au 13 juin 1916, aucun incident notable ne vient troubler la quiétude relative du secteur de la ferme de Moscou située sur la commune de Berry-au-Bac.
Mais bientôt, le nom de Verdun circule dans toutes les conversations. Le 13 juin 1916, le régiment quitte le secteur de Moscou.
Du 14 au 23 juin, le régiment doit se préparer à rejoindre Verdun. Le 23 juin, il embarque à bord de camions automobiles et arrive à destination le lendemain.
À cette date, la situation à Verdun est dramatique. Sur les hauteurs de Thiaumont, autour des forts de Vaux et de Souville, l’intensité des bombardements dépasse tout ce que l’on avait connu jusque-là. C’est dans cet ouragan de feu et d’acier que Joseph va devoir se battre.
Le 26 juin, tout le régiment est en position à Verdun. Un bataillon monte à Thiaumont, tandis qu’un autre se tient en réserve dans les trous d’obus du terrain des Graviers. D’autres soldats restent quant à eux en retrait à la citadelle de Verdun. Le poste de commandement est installé dans le sinistre Ravin de la Mort, abrité seulement par une toile de tente tendue sur un cratère d’obus.
Le 29 juin, à l’aube, un bataillon se prépare à attaquer Thiaumont, mais l’assaut échoue. Le 30, l’attaque est relancée ; le bataillon forme la deuxième vague. Cette fois, l’opération réussit partiellement et permet de s’établir à une centaine de mètres de l’objectif. Une nouvelle offensive est lancée le 3 juillet, mais les gains ne se mesurent qu’en quelques mètres. Les Allemands contre-attaquent aussitôt, sans succès.
Du 2 au 5 juillet, le régiment endure un bombardement incessant. Les hommes organisent courageusement les trous d’obus conquis et assurent la liaison avec les compagnies voisines. Le 7 juillet, le régiment reçoit l’ordre d’attaquer, mais le barrage d’artillerie allemande anéantit toutes les préparations. Le soir même, le régiment est retiré du front et gagne un repos bien mérité à Nixéville.
Après une journée de répit, il est transporté en camions dans la zone de Magneux-Flernais et Sommancourt. Du 10 au 17 juillet 1916, le régiment profite de cette semaine pour se reconstituer. Le 18, il embarque en direction du front de Champagne, cantonnant le soir à Bouy-sur-Vesle.
Le 22 juillet, Joseph s’installe dans le secteur de Mesnil-lès-Hurlus. Dans cette zone relativement calme, le régiment poursuit sa réorganisation grâce aux renforts reçus.
Le 10 septembre, le régiment est relevé et prend position dans le sous-secteur Hamon. Le 18 septembre, une attaque allemande est repoussée à coups de mitrailleuses ; l’ennemi échoue à percer la ligne tenue par le régiment.
Les semaines suivantes se passent sans événements notables, et, en octobre et novembre, les hommes en profitent pour améliorer les positions.
Décembre 1916 est marqué par quelques combats de patrouilles, qui s’intensifient en janvier 1917. Le 5 janvier, une attaque permet de s’emparer d’une tranchée allemande.
Février 1917 s’écoule sans changement.
Dans la nuit du 16 au 17 mars, le régiment embarque et rejoint les environs de Verdun.
Le 25 mars, il prend position au nord du fort de Douaumont, dans le secteur du Bois des Caurières, où il subit de fréquents bombardements jusqu’au 13 avril. Le 14, une tentative allemande échoue. Le lendemain, relevé du secteur, le régiment cantonne près de Nixéville.
Le 22 avril, il occupe le sous-secteur Marceau, régulièrement bombardé et visé par des tirs de torpilles, parfois chargées de gaz. Le 3 mai, il est relevé, puis remonte en ligne le 13 mai et de nouveau le 6 juin.
Le 23 juin, le régiment s’installe dans le secteur de Bezonvaux, plus calme mais néanmoins exposé à des bombardements violents. Le 11 juillet, un coup de main allemand dans le quartier des Ravines est repoussé.
Le 14 août 1917, l’artillerie ennemie montre une activité inhabituelle ; une attaque est imminente. Le lendemain à 19 heures, l’assaut se déclenche et perce la première ligne. Des renforts parviennent à enrayer la progression ennemie, au prix de lourdes pertes : 16 officiers et 700 hommes tués, blessés ou disparus. Le 17 août, une contre-attaque française rejette l’ennemi dans ses anciennes tranchées.
C’est sans doute lors de ces affrontements que Joseph est tué à l’ennemi. Son décès n’est constaté que le 24 août 1917 et c’est cette date qui sera retenue pour fixer le jour du décès de Joseph à Bezonvaux dans la Meuse. Il avait 20 ans. Le décès est déclaré par le 247e RI.
Plus tard, ayant subi de très lourdes pertes, le régiment est dissous. La majeure partie de ses hommes sera intégrée au 129e R.I.
Joseph BRONDY est inhumé à Bras-sur-Meuse, dans la nécropole nationale, Tombe 3738.
Hommage à Vue:
Inscrit sur le monument aux Morts.
Inscrit sur le Livre d'or du ministère des pensions.
Son père, veuf, se remarie en 1925 à Vue avec Victorine RIVAUD. Il décède en 1950 à Vue à l’âge de 91 ans.
Sa mère, cultivatrice, décède en 1926 à Vue à l’âge de 67 ans.
Son frère Eugène est mort pour la France le 25 octobre 1914
Sa sœur, Françoise, épouse Valentin GOURAUD en 1925 à Nantes.
Noël est successivement menuisier, maçon. Il épouse Marie COUTIN en 1914 à Bobigny. Il a quatre enfants. Noël décède en 1959 à Drancy à l'âge de 73 ans.
Hermine est décédée en 1969 à Neuilly-Sur-Marne en 1969 à l'âge de 76 ans.
Eugénie décède en bas âge en 1899.
Ces sources fondamentales ont permis de vérifier et d'établir le récit de cette biographie.
La bataille de Verdun, qui s’est déroulée du 21 février au 19 décembre 1916, est l’un des affrontements les plus meurtriers de la Première Guerre mondiale. Pendant près de dix mois, Français et Allemands se sont affrontés dans des conditions d’extrême violence, marquées par des bombardements incessants et des combats acharnés pour chaque parcelle de terrain.
Le bilan humain est effroyable : on estime qu’environ 300 000 soldats des deux camps ont trouvé la mort au cours de cette bataille, soit une moyenne de plus de 1 000 morts par jour. À ces pertes s’ajoutent environ 400 000 blessés, souvent mutilés à vie ou atteints de graves traumatismes physiques et psychologiques. En tout, le nombre total de victimes (morts, blessés et disparus) approche le million d’hommes.
Du côté français, environ 162 000 morts et 216 000 blessés sont recensés. L’armée allemande déplore quant à elle près de 143 000 morts et environ 200 000 blessés. Cette hécatombe illustre l’extrême brutalité de la guerre de position et l’« usure » voulue par les états-majors.
La bataille de Verdun a profondément marqué la mémoire collective par l’ampleur de ses pertes humaines et la souffrance des combattants, devenant un symbole du sacrifice et de l’absurdité de la guerre.
En 1917, Verdun n’est plus le théâtre d’une bataille aussi massive que celle de 1916, mais le secteur reste marqué par des combats sporadiques et des opérations de reprise de terrain. Ces affrontements, bien que moins intenses que l’année précédente, continuent de provoquer des pertes humaines importantes. On estime que plusieurs milliers de soldats, français comme allemands, y trouvent encore la mort ou sont blessés au cours de cette période. Le secteur reste un lieu d’attrition où les hommes subissent les effets des bombardements, des raids et des conditions de vie éprouvantes dans les tranchées. Ainsi, Verdun, en 1917, reste un symbole de sacrifice, même si le bilan humain de cette année est bien inférieur à celui de la bataille majeure de 1916.