Cette biographie a été rédigée par Marité Briand et adaptée à ce support
BOUCARD Honoré Hyacinthe
Sainte-Pazanne
1890 - 1916
Soldat au 120ème régiment d'infanterie
Mort pour la France
Honoré BOUCARD est né le 18 janvier 1890 à Sainte-Pazanne.
En 1911, il est ajourné d’office pour « faiblesse ».
En 1912, il est classé dans le service auxiliaire pour insuffisance thoracique et soutien indispensable de famille.
En mai 1915, il est incorporé au 120ème régiment d’infanterie et connaît les combats de la Meuse, en Champagne, à Verdun, dans l’Oise et enfin dans la Somme.
Il décède le 6 septembre 1916 à Berny-en-Santerre dans la Somme.
Honoré est décoré à titre posthume de la médaiille militaire et de la Croix de guerre.
Son père, Mathurin BOUCARD, cultivateur à la Gouyère à Sainte-Pazanne, épouse à Machecoul le 18 mai 1886, Jeanne Joséphine Magdeleine BOUCARD, dite Madeleine, native de cette même commune.
Le couple vit à Sainte-Pazanne et a onze enfants : François né en 1887, Marie-Madeleine née en 1888, Honoré né en 1890, Jean Marie né en 1892, Mathurin né en 1895, Marcel né en 1897, Damien né en 1899, Thérèse née en 1900, Valentin né en 1902, Albertine née en 1903,et Germaine née en 1905.
Honoré est donc le troisième enfant de la famille, né le 18 janvier 1890 à Sainte-Pazanne au lieu-dit la Gouyère. A l’âge adulte, il mesure 1,67m, a les cheveux noirs et les yeux marron foncé. Il a un niveau d’instruction jugé n°3.
Sur la fiche matricule, le degré d’instruction est indiqué par un numéro qui va de 1 à 5 faisant référence aux niveaux suivants : 0 : ne sait ni lire ni écrire ; 1 : sait lire seulement ; 2 : sait lire et écrire ; 3 : possède une instruction primaire plus développée ; 4 : a obtenu le brevet de l’enseignement ; 5 : bachelier, licencié… (avec indication du diplôme).
En 1912, il est classé dans le service auxiliaire pour insuffisance thoracique et soutien indispensable de famille, son frère aîné étant à cette époque sous les drapeaux.
Honoré ne participe aux combats qu’à partir du mois de mai 1915, date à laquelle il intègre le 120ème RI. Il ignore alors qu’il s’engage dans de longs mois de souffrances et de batailles.
Le parcours d’Honoré entre mai 1915 et septembre 1916.
Les Eparges (mai - octobre 1915)
Champagne (octobre – janvier 1916)
Verdun (janvier – avril 1916)
Oise (avril – juillet 1916)
Somme (juillet – septembre 1916)
L’offensive des Eparges en Lorraine (mai à octobre 1915)
D'avril à juillet, sur un secteur assez paisible au nord des Éparges, le régiment alterne les combats avec des repos réguliers dans les villages environnants. Les pertes y sont minimes.
Mais, du 21 juillet au 26 septembre, le 120ème prend position aux Éparges même, un secteur autrement plus violent, particulièrement face au village de Combres.
L’enfer se déchaîne, l'ennemi bombardant sans répit les positions avec ses Minenwerfer et ses obus de tous calibres, fauchant quotidiennement des hommes par dizaines. La guerre des mines y fait rage des deux côtés : le 15 septembre, une explosion ensevelit un officier et cinquante soldats.
Le terrain argileux, instable et gorgé d’eau, l’enlisement dans cette boue visqueuse transforme chaque pas en calvaire. Honoré vit cet enfer.
En Champagne (octobre – fin novembre 1915)
Début octobre 1915, son régiment quitte la région en camions-autos pour rejoindre la Champagne à 90 kilomètres de là.
La Champagne pouilleuse déroule un paysage crayeux, plat, dépourvu de forêts. Là aussi, les combats sont très violents. En une seule semaine, fin octobre, le régiment subit 350 pertes dont un officier porte-drapeau.
Les armes modernes - gaz lacrymogènes, lance-flammes, bombardements, multiplient les carnages.
Le régiment capture des prisonniers, découvre des puits de mines prêts à exploser sous les lignes françaises.
Le terrain est malgré tout tenu.
Le 20 novembre, le régiment quitte la Champagne pour se reconstituer dans la Meuse.
Verdun
Honoré participe à cette grande bataille qui a fait tant de morts.
Les combats débutent le 21 février 1916. Les Allemands concentrent sur ce secteur des forces colossales, persuadés d’arracher enfin la victoire.
C’est dans le secteur de Douaumont que le 120ème se bat. Le secteur est difficile à tenir, les boyaux n'existent plus, l'artillerie ennemie pilonne sans relâche, les communications se révèlent quasi impossibles.
A ces conditions pénibles vient s'ajouter le mauvais temps. Le déluge d’obus de gros calibre ne faiblit pas. Mais le régiment tient les positions conquises, bien qu'il soit impossible de les organiser convenablement sous ce feu continu . Il n'est pas possible d'évacuer tous les blessés, ni de se ravitailler.
Chacun sent qu'il faut sauver Verdun et ne veut céder du terrain à aucun prix. Le régiment est exsangue, près de mille hommes perdus. Cependant, après quelques jours de repos, le régiment s'embarque en chemin de fer le 2 mai, à Ligny-enBarrois, pour débarquer le 3 mai dans l'Oise.
Sur l’Oise (3 mai – juillet 1916)
Si l’on demande à un Français de citer la bataille de la Grande Guerre qui a causé le plus de pertes, il donnera sans aucun doute le nom de Verdun.
Mais, il y a plus terrifiant : la Somme ! (443 000 morts au total contre 306 000 à Verdun). Si on la connaît moins, c’est qu’elle a été menée essentiellement par l’armée britannique et que les pertes françaises ont été moindres qu’à Verdun.
Le 1er juillet, une grande offensive y est lancée, menée essentiellement par les Britanniques. La bataille était prévue depuis février mais celle de Verdun l’a retardée. Pendant six jours, un bombardement intensif a arrosé les tranchées allemandes, la plus longue préparation depuis 1914. Les soldats sortent de leurs tranchées confiants, croyant qu’en face il ne reste que des cadavres. Erreur ! Les Allemands avaient eu la prudence de construire des abris souterrains bétonnés très profonds.
Dans la Somme (juillet – septembre 1916)
Si l’on demande à un Français de citer la bataille de la Grande Guerre qui a causé le plus de pertes, il donnera sans aucun doute le nom de Verdun. Mais, il y a plus terrifiant : la Somme ! (443 000 morts au total contre 306 000 à Verdun). Si on la connaît moins, c’est qu’elle a été menée essentiellement par l’armée britannique et que les pertes françaises ont été moindres qu’à Verdun.
Le 1er juillet, une grande offensive y est lancée, menée essentiellement par les Britanniques. La bataille était prévue depuis février mais celle de Verdun l’a retardée. Pendant six jours, un bombardement intensif a arrosé les tranchées allemandes, la plus longue préparation depuis 1914. Les soldats sortent de leurs tranchées confiants, croyant qu’en face il ne reste que des cadavres. Erreur ! Les Allemands avaient eu la prudence de construire des abris souterrains bétonnés très profonds.
Ce 1er juillet, on compte parmi les Britanniques 20 000 morts et plus de 40 000 blessés et disparus tandis que les Allemands n’ont à déplorer que 8 000 pertes. Mais les combats continuent malgré tout.
Le 6 septembre, Honoré et son régiment participent à l'attaque de Berny-en-Santerre. À seize heures, une balle au ventre le terrasse. Il meurt là après avoir vécu tant de souffrances, tant d’offensives qui pourtant ont fait très peu bouger le front et se sont soldées par des milliers de croix de bois.
La fiche matricule indique pour Honoré : « Citation à l’ordre du régiment : Agent de liaison qui, en maintes circonstances, a fait preuve du plus beau courage dans la transmission des ordres. Croix de guerre avec étoile de bronze. »
Honoré est inhumé dans la tombe individuelle n°1309
Hommages à Sainte Pazanne:
Inscrit sur le monument aux morts de Sainte-Pazanne.
Inscrit sur les plaques commémoratives dans l’église de Sainte-Pazanne
Inscrit sur le Livre d’or du ministère des pensions.
Son père, Mathurin, décède en 1928 à Sainte-Pazanne à l’âge de 70 ans.
Sa mère, Madeleine Jeanne Joséphine décède également en 1928 à Sainte-Pazanne à l’âge de 66 ans.
François décède des suites de ses blessures le 23 avril 1917 à l’hôpital de Prouilly dans la Marne. Marié à Rose Allaire en 1913, il avait deux enfants : Damien et Clément.
Marie-Madeleine, se marie en 1913 avec Auguste Allaire qui décède en 1914 au front.
Jean-Marie décède en 1942 à l’âge de 50 ans.
Mathurin épouse en 1920 Angèle Pellerin. Le couple a douze enfants. Il décède en 1980 à Sainte-Pazanne à l’âge de 85 ans.
Marcel épouse Désirée Laizin en 1920. Le couple a trois enfants. Il décède en 1954 à l’âge de 34 ans.
Damien ne vit qu’un mois. Né le 29 mai 1899, il décède le 20 juin de la même année.
Thérèse épouse Eugène Michon en 1920. Elle décède en 1986 à l’âge de 86 ans.
Valentine épouse Jean-Marie Guilbaud en 1924. Elle décède en 1980 à l’âge de 78 ans.
Albertine se marie avec Emile Beillevaire en 1920. Elle décède en 1991 à l’âge de 88 ans.
Germaine épouse Jean-Marie Beillevaire en 1920. Elle décède en 1961 à l’âge de 56 ans.
Ces sources fondamentales ont permis de vérifier et d'établir le récit de cette biographie.
Fonctions symboliques et morales
L'honneur du régiment incarné - Le drapeau représentait l'âme même de l'unité militaire. Il portait l'histoire du régiment, ses victoires passées, ses traditions. Perdre son drapeau face à l'ennemi constituait le déshonneur suprême, tandis que le capturer représentait un exploit glorieux. Les soldats étaient prêts à mourir pour défendre leur drapeau.
Fonctions tactiques :
Ralliement sur le champ de bataille - Dans le chaos des combats (fumée, explosions, confusion), le drapeau permettait aux soldats dispersés de repérer leur unité et de se regrouper. Le porte-drapeau servait de point de repère visible.
Communication par signaux - Avant la généralisation de la radio et du téléphone de campagne, des drapeaux de couleurs différentes transmettaient des ordres et des messages à distance entre les unités.
Identification des unités - Sur un champ de bataille où plusieurs régiments pouvaient combattre côte à côte, le drapeau permettait d'identifier rapidement les différentes formations.
Évolution pendant la guerre
Retrait progressif du front - Avec l'avènement de la guerre moderne — artillerie lourde, mitrailleuses, aviation de reconnaissance —, les drapeaux sont devenus dangereux : trop visibles, ils attiraient le feu ennemi et signalaient les positions. Dès 1915, ils sont progressivement retirés des premières lignes.
Maintien du rôle cérémoniel - Les drapeaux restent présents lors des cérémonies, des remises de décorations, des revues. Ils conservent toute leur puissance symbolique pour maintenir le moral des troupes à l'arrière.
Le porte-drapeau : un poste d'honneur
Porter le drapeau représentait un honneur immense mais également un danger extrême. Le porte-drapeau, souvent entouré d'une garde rapprochée, était une cible privilégiée de l'ennemi. Nombreux sont ceux tombés en tenant le drapeau haut, aussitôt remplacés par un camarade qui le relevait.
En résumé
Les drapeaux ont joué un double rôle pendant 14-18 : pratiques au début (ralliement, communication, identification) et surtout symboliques tout au long du conflit (honneur, motivation, incarnation de la patrie). La modernisation de la guerre a rendu leur usage tactique obsolète et dangereux, mais leur valeur morale est restée intacte jusqu'à la fin.