BERTHAUD Louis Marie
Sainte-Pazanne
1897 - 1918
56ᵉ régiment d'infanterie
Mort pour la France
Louis BERTHAUD est né le 11 février 1897 à Sainte-Pazanne.
Il est cultivateur comme ses parents.
Louis est mobilisé le 7 janvier 1916 au 2ème régiment d'infanterie.
Il passe au 47ème RI le 13 novembre 1916 et combat devant Chaulnes dans la Somme.
Il passe au 56ème le 15 août 1917 qui combat en Champagne jusqu'en mars 1918.
En mars 1918, Louis est atteint aux yeux par du gaz ypérite.
Il est décoré de la Croix de guerre avec deux étoiles bronze.
En 1918, Louis participe aux combats de Champagne puis de Picardie.
Il est blessé le 9 octobre 1918 à Saint-Quentin.
Louis décède de maladie le 3 novembre 1918 à l'hospice mixte de Cholet.
Il est décoré à titre posthume de la Médaille militaire et de la Croix de guerre avec une étoile argent.
Louis est né le 11 février 1897 à Sainte-Pazanne.
Ses parents, Eloi, natif de Sainte-Pazanne et Anne MICHAUD, native de Saint-Même-le-Tenu sont cultivateurs.
Il a déjà deux frères : Eloi, né en 1894 et Pierre, né en 1896. Puis, suivent Anne en 1898 et Rose en 1900. Tous sont nés à Sainte-Pazanne.
Louis est mobilisé le 7 janvier 1916 au 2ème régiment d'infanterie.
Il a donc à peine 19 ans lorsqu'il est appelé. Il a les cheveux châtains, les yeux gris et mesure 1,57m.
En 1914, le 2ème RI est en casernement à Granville et Querqueville. Il fait partie de la 40ème brigade d'infanterie, 20ème division d'infanterie, 10ème corps d'armée qui est alors constitué de trois bataillons.
Ce régiment a participé aux combats de Charleroi puis est contraint à la retraite. Il est engagé dans la bataille de la Marne à Charleville, La Pompelle, Brimont, Hénin, Arras, jusqu'à la fin de 1914.
Début 1915, il se positionne en Artois, puis en Argonne jusqu'à la fin de 1915.
En 1916, lorsque Louis rejoint ce régiment, il est toujours en Argonne de janvier à juin 1916 : Bois de la Gruerie puis bataille de la Somme à Méharicourt, Bois triangulaire jusqu' la fin de 1916.
Louis passe au 47ème RI le 13 novembre 1916.
Ce régiment est au repos à ce moment- là. En effet, le 15 novembre, il est envoyé se reposer dans la région de Maignelay-Tricot. Il revient en ligne le 13 décembre devant Chaulnes et y lutte contre la boue autant que contre l'ennemi jusqu'au 1er janvier 1917.
Le 8 février 1917, il repart pour le front, par étapes, et du 10 février au 4 mars, il participe à des préparatifs d'attaque près de Tilloloy, malgré la vivacité du froid.
Le 16 au soir, le 2ème bataillon vient dans le parc de Tilloloy puis, tout le régiment s'y retrouve à l'aube du 27. Il s'avance à la suite du 2ème Régiment d'Infanterie et atteint Verpillière.
Le 18, il établit une passerelle qu'il franchit homme par homme, dans l'eau, sous le feu des batteries ennemies très proches. A la tombée de la nuit, les avant-postes sont placés à l'est de Esmery-Hallon, laissé en flammes par l'ennemi.
Mi-mars, il atteint Sommette-Eaucourt, franchit le canal latéral à Ham et la Somme à Estouilly.
Fin mars 1917, le 47ème atteint Nanteuil-le-Haudouin puis Epernay.
Fin avril 1917, commencent les combats des monts de Champagne qui durent jusqu'en août 1917.
Louis est cité à l'ordre du régiment le 31 janvier 1918 : «Bon soldat lors d'un coup de main le 28, faisant partie d'un groupe de nettoyage a assuré avec beaucoup de sang froid la destruction d'un emplacement de ??? (nom illisible) dans la 3ème ligne allemande»
Louis passe au 56ème le 15 août 1917 qui combat aussi en Champagne jusqu'en mars 1918.
Le 11 mars 1918, à 9 heures du matin, Louis est atteint aux yeux par du gaz ypérite dans les tranchées de 1ère ligne dans le secteur de Beauséjour (Marne)
On ignore le moment ou Louis a pu rejoindre le front après avoir été gazé.
Louis est cité à l'ordre du régiment le 10 novembre 1918 : « Excellent fusilier mitrailleur, s'est particulièrement distingué le 6 septembre 1918 par sa bravoure et son sang froid. A servi son arme avec calme et à propos sous des rafales de mitrailleuses.»
Il est décoré de la Croix de guerre avec deux étoiles bronze.
Le 56ème reste en Champagne de février à mars. Puis il se dirige vers l'Oise et la Picardie d'août à septembre 1918.
Voici le contexte précis de la bataille, basé sur le Journal de Marche du 56ème RI :
Le Lieu : Le régiment se trouve au nord-est de Saint-Quentin (Aisne). L'objectif est de percer la ligne allemande entre Morcourt et Fontaine-Notre-Dame.
L'Heure H : L'attaque est lancée à 6h00 du matin. Louis et ses camarades sortent des tranchées de Morcourt.
L'Action : Le 56ème RI progresse d'abord bien, franchissant les premiers kilomètres. Mais dès qu'ils abordent la position fortifiée de Fonsomme - Fontaine-Notre-Dame, l'enfer se déchaîne. L'historique note : «La progression devient lente et difficile. L'ennemi a préparé des barrages d'artillerie soignés et dispose de nombreuses mitrailleuses». L'artillerie française, trop éloignée, ne peut pas les soutenir efficacement. Les hommes doivent avancer par petits groupes, en s'infiltrant sous les balles.
Le Drame : À 16h00, une nouvelle tentative est lancée pour prendre le village de Fontaine. C'est un échec sanglant. Le régiment se heurte à un «tir de barrage très dense et très précis». C'est très probablement lors de cet assaut de l'après-midi, sous le déluge d'acier qui cause la perte de 5 officiers et une cinquantaine d'hommes ce jour-là, que Louis est blessé.
Louis est blessé d'une «plaie au crâne dans région pariétale.» Il décède de maladie le 3 novembre 1918 à l'hospice mixte de Cholet.
Louis est décoré à titre posthume de la Médaille militaire et de la Croix de guerre avec une étoile argent.
Louis est inhumé dans le carré militaire du cimetière de Sainte-Pazanne qui rassemble la plupart des morts pour la France.
Hommages à Sainte Pazanne:
Inscrit sur le Livre d'Or du ministère des pensions.
Inscrit sur le monument aux morts.
Inscrit sur la plaque commémorative de l'église.
Son père décède le 7 octobre 1899 à Sainte-Pazanne à l'âge de 47 ans.
Sa mère décède en 1938 à Sainte-Pazanne à l'âge de 79 ans.
Eloi est mobilisé au 77ème RI. Il est blessé deux fois, en 1915 et en 1918, par des éclats d'obus. Il est cité à l'ordre du régiment le 31 juillet 1918. Il se marie en 1922 (le même jour que sa sœur Rose) à Sainte-Pazanne et décède en 1939 à Sainte-Pazanne à l'âge de 44 ans.
Pierre est mobilisé le 3 septembre 1916 au 93ème RI. Il est cité avec ses camarades à l'ordre du régiment : "Le 29 mai 1918, ont résisté jusqu'à la dernière minute pour couvrir le repli de leur compagnie malgré les feux violents et l'enveloppement progressif de l'ennemi ". Il est décoré de la Croix de guerre. Pierre se marie en 1924 et décède en 1974 à Sainte-Pazanne l'âge de 78 ans.
Anne décède en 1987 à Torfou (49) à l'âge de 88 ans.
Rose se marie en 1922 (le même jour que son frère Eloi) à Sainte-Pazanne et décède en 1988 à Machecoul à l'âge de 88 ans.
Ces sources fondamentales ont permis de vérifier et d'établir le récit de cette biographie.
"La Première Guerre mondiale est le théâtre de nombreuses atrocités. L’utilisation des gaz toxiques en fait partie. Utilisé en premier par les Allemands, le gazage massif des troupes adverses est une technique aussi cruelle qu’efficace.../...
Le 22 avril 1915, l’armée allemande réalise sa première attaque massive au gaz à Ypres, en Belgique. Près de 15 000 hommes ont été intoxiqués et plus d’un millier a perdu la vie...
En juillet 1917, le gaz moutarde est utilisé par les Allemands avant la bataille de Passchendaele. Surnommé “gaz croix jaune” par les Allemands et “ypérite” par les Français, il est inventé par Fritz Haber. Cette arme a pour vocation d’infliger de graves brûlures chimiques aux yeux, à la peau et aux muqueuses, y compris à travers les vêtements et le caoutchouc des bottes et masques.
L’impact des gaz n’est pas seulement physique, mais aussi psychologique. L’infirmière Vera Brittain, écrit au sujet de l’utilisation des gaz pendant la Première Guerre mondiale : « Je souhaite que les personnes qui parlent de continuer cette guerre quel qu’en soit le prix puissent voir les soldats souffrant du gaz moutarde. De larges cloques jaunâtres, des yeux fermés aux paupières collantes et collées ensemble, se battant pour chaque bouffée d’air, murmurant que leur gorge se fermait et qu’ils savaient qu’ils allaient étouffer» (En savoir plus sur les nouveaux matériels testés pendant la Première Guerre mondiale, dossier rédigé par Hervé CLOSSET.)
Sources : Musée de la Grande guerre Meaux