Ces biographies ont pour essentielles sources : le auteurs de « Partis pour la Patrie » ((Hubert et Thérèse BRIAND, Jean-Pierre GRANDJOUAN, Jean-Yves GUERIN, Sabine NAUTHONNIER et Patrick MORICE †), les Archives Départementales de Loire-Atlantique et le site chtimiste.com
Les photographies de Pierre et Alexandre sont issues de "Partis pour la Patrie". Les photographies ont été colorisées et générées par l'IA JV.
TELLIER Pierre François
La Sicaudais
1891 - 1918
45ème régiment d'artillerie de campagne
Mort pour la France
Ses parents, Pierre Martin TELLIER, meunier, et Angélique Marie Louise dite Angèle BOUVRON, cultivatrice, tous deux natifs d’Arthon, se marient à Chauvé en 1883.
Le couple a huit enfants : Marie Françoise née en 1884, Célestine née en 1886, Berthe née en 1889, Pierre né en 1891, Léon né en 1892, François Félix né en 1895, Alexandre né en 1897 et Félixine née en 1898.
Pierre est né le 3 janvier 1891 à La Sicaudais.
Pierre est au service militaire lorsque la guerre est déclarée.
Il est affecté au 35ème régiment d'artillerie de campagne (RAC).
Il combat dans les Ardennes et participe à la bataille de la Marne.
En août 1915, Pierre en envoyé au 45ème RAC.
Il combat en Argonne et en Champagne.
Pierre est blessé trois fois.
Pierre est tué à l'ennemi le 16 août 1918.
Il est inhumé à La Sicaudais en avril 1921.
Pierre est décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre.
Pierre est donc le quatrième enfant, le premier garçon, du couple TELLIER-BOUVRON. Il est né le 3 janvier 1891 au Bois-Hamon à Arthon, section de La Sicaudais.
Pierre n’est appelé pour le service militaire que le 8 octobre 1913. Son incorporation a en effet été différée pour « faiblesse » et « musculature insuffisante »
Il a les cheveux châtains, les yeux marron clair et mesure 1,58m
Il est affecté au 35ème régiment d’artillerie.
Lorsque la guerre éclate, Pierre est donc déjà aux armées.
Le 35ème régiment d'artillerie de campagne, constitue l'artillerie de la 22ème division du 11ème corps d'armée. Il est mobilisé à Vannes le 2 août 1914 et embarqué en chemin de fer, dirigé sur la frontière du Nord-Est. Ce régiment est formé de contingents bretons et vendéens.
Le 21 août, le 35ème pénètre dans la forêt des Ardennes par un orage épouvantable qui détrempe tous les chemins, dans un pays très mouvementé.
Le 22 août, il s'agit de se porter à l'attaque de l'ennemi qui occupe les bois au Nord de Paliseul, le premier objectif assigné étant le village de Maissin.
Ce 22 août 1914 reste le jour le plus noir de l’histoire de l’armée française. 27 000 soldats français perdent la vie ce jour-là.
Contraint à la retraite, le 35ème participe à la bataille de la Marne qui arrêtera l’avancée ennemie du 6 au 13 septembre 1914.
Il fera ensuite partie de la « course à la mer »
Le 15 août 1915, Pierre intègre le 45ème régiment d’artillerie de campagne (RAC) et devient « Maître pointeur » le 29 septembre 1915. Le maître pointeur est un artilleur-pointeur. Ce n’est pas un grade mais une distinction parmi les meilleurs pointeurs qui ont la charge d’orienter les canons.
Une partie de ce nouveau régiment est alors déjà engagée dans les batailles de l’Argonne et de Vauquois (Meuse) qui durent jusqu’en juin 1915 et l’autre partie dans la bataille de Champagne.
Pierre, maître pointeur à la 102ème batterie du 45ème RAC, est cité à l’ordre régiment le 30 décembre 1915 : « A donné à ses hommes un bel exemple de calme et de sang- froid pendant un fort bombardement le 20 décembre 1915 »
Le 45ème est ensuite engagé dans la terrible bataille de de Verdun, de mars à juillet 1916.
Pierre est blessé le 8 mars 1916 à cause d'un «Seton de la région lombaire droite par balle » (un seton est une blessure par balle quand celle-ci est entrée sous la peau et ressortie sans pénétrer dans les muscles)
Les lettres de Pierre adressées à ses amis.
TELLIER Pierre, le 21 Mars 1916
Mon cher camarade, j'ai été blessé le 8 au matin et depuis je suis à un troisième hôpital donc mes correspondances me sont pas très bien parvenues. Cher François, je vois que tu es toi aussi à l'hôpital dans le Midi. Pour moi, je suis dans les Alpes Maritimes à quelques km de Nice. Me voilà bientôt guéri. Je suis en bonne santé, je désire que tu soís de même. Ton camarade qui te serre la main d'amitié. Tellier Pierre
Orléans le 10 mai 1916
Tu me dis que tu avais été désigné pour les batteries de 75 ? Ç'aurait été mieux que les crapouillots mais je vois que c'est changé, enfin tu seras peut-être aussi bien à une batterie de 155 et comme ça tu peux rester davantage de temps au dépôt et comme je crois qu'il va y avoir des permes de 15 jours pour les cultivateurs, j'espère que tu auras la chance d'en profiter. Pour moi j'ai demandé un certificat mais je crains partir au front trop vite ce qui va m'empêcher d'en avoir.
Dimanche 29 octobre 1916
Cher François, tu me dis que quand tu as été évacué que tu étais en position dans la ville de Combles. J'ai vu que ça bardait fort par là. Pour moi, j'étais quelques km à la droite dans le secteur de Bouchavesnes, j'ai été blessé le 30 septembre par un éclat d'obus au poignet gauche. Je ne sais pas si tu l'avais appris. Pour moi je n'avais pas su que tu étais à l'hôpital avant de recevoir ta lettre. J'espère que tu y es encore car il y fait plus beau que dans la Somme.
Le 14 octobre 1917
Il y a quelques jours que nous sommes changés de village. Ici c'est tout petit. Alors il n'y a pas beaucoup d'amusement mais l'on peut tenir. J'ai eu des nouvelles de chez moi ces jours derniers. Mon frère Léon est en permission et François Tourneux, je pense qu'il veut boire de bons coups de vin nouveau. Rien de plus pour aujourd'hui. Ton camarade qui te serre cordialement la main.
Source : Partis pour la PatrieLe 30 septembre 1916, Pierre est de nouveau blessé par un éclat d’obus au poignet gauche.
En août 1916, Pierre a un peu de répit puisqu’il participe à des séances d’entraînement au camp de Mailly (Aube). Puis les combats reprennent de septembre à novembre 1916, lors de la bataille de la Somme.
Le 45ème est également engagé dans la célèbre bataille du Chemin des Dames en avril 1917 qui fait plus de 52 000 morts côté français et plus de 6 000 côté anglais.
En septembre 1917, le 45ème RAC se modernise et devient le 45ème RACP (Régiment d’Artillerie de Campagne Portée). Il combat dans le secteur de Coucy-le-Château de novembre 1917 à janvier 1918.
Pierre est blessé le 10 janvier 1918 par un éclat d’obus à la jambe droite et à l’oreille gauche.
Pierre, de la 8ème batterie, est tué à l’ennemi le 16 août 1918 au carrefour du Puits d’Orléans.
Il est décoré, à titre posthume, de la médaille militaire et de la Croix de guerre.
Le corps de Pierre a été restitué à la famille lors d'un convoi spécial arrivé à Nantes. Les obsèques de Pierre ont lieu le 26 avril 1921.
Le corps de Pierre a été restitué à la famille. Après son passage par Nantes, Pierre a été inhumé à La Sicaudais le 24 avril 1921.
Un sanctuaire pour les Morts pour la France : Cette sépulture occupe une place singulière au sein du cimetière. Elle s'inscrit dans un alignement de trois tombes mémorielles qui semblent former l'ébauche d'un carré militaire communal :
La sépulture d'Alexandre et Pierre TELLIER.
La tombe individuelle de Louis GLAUD, Mort pour la France.
Le caveau familial d'Alexandre GUÉRIN, également Mort pour la France.
Hommage à La Sicaudais:
Inscrit sur le monument aux Morts.
Inscrit sur le Livre d'or du ministère des pensions.
Pierre, le papa, décède à Arthon en 1934 à l'âge de 78 ans. Angélique, la maman, décède en 1933 à Arthon à l'âge de 76 ans.
Marie Françoise, épouse Gabriel BAZANTE en 1912 à La Sicaudais. Ils ont un fils. Marie Françoise décède en 1974 à Paimboeuf à l'âge de 90 ans.
Célestine épouse Jean GLAUD en 1909 à La Sicaudais. Ils ont un fils. Célestine décède en 1963 à Paimboeuf à l'âge de 77 ans.
Berthe épouse Francis BERTHEBAUD en 1920. Ils ont deux enfants. Berthe décède en 1973 à Saint Viaud à l'âge de 84 ans.
Léon est aux armées au moment de la mobilisation. Il est blessé le 22 août 1914 et est classé dans les services auxiliaires. Il disparait et est fait prisonnier en mai 1918. Il épouse Rose LEROUX. Ils ont une fille. Léon décède en 1968 à Frossay à l'âge de 76 ans.
François est mobilisé en décembre 1914. Il est blessé en juin 1915 aux Dardanelles. Il est classé dans les services auxiliaires. Il épouse Denise HYOU en 1920 à Saint-Macaire-en-Mauges (49). Il décède en 1939 à Paimboeuf à l'âge de 44 ans.
Alexandre disparaît aux combats le 29 août 1918, soit 13 jours après Pierre.
Félixine décède en bas âge en 1898.
Sources primaires et documentation
Ces sources fondamentales ont permis de vérifier et d'établir le récit de cette biographie.
La course à la mer est la dernière étape de la guerre de mouvement au début de la première Guerre mondiale.
À l'issue de la bataille de la Marne, les belligérants tentent des opérations de débordement réciproques et entament vers le nord-ouest du front, à partir du 12 septembre 1914, à travers les départements de l'Oise, de la Somme, du Pas-de-Calais, du Nord et par la Belgique, une « course à la mer » sans succès, qui fixera le front de la Suisse à la mer du Nord en décembre.