Après la victoire de la Marne et le repli des armées allemandes vers l'Aisne, chacun des deux adversaires cherche à reprendre l'initiative. Le front se fige peu à peu à l'est, mais plus au nord demeure encore un vaste espace où la guerre reste en mouvement. Français et Allemands tentent alors, presque simultanément, de contourner l'aile de l'ennemi pour le prendre à revers.
Commence ainsi ce que l'histoire retiendra sous le nom de « Course à la mer ». L'expression est trompeuse : les armées ne se précipitent pas vers les côtes. Elles remontent progressivement vers le nord, dans une succession de tentatives de débordement. De la Picardie à l'Artois, puis vers les Flandres, de nouvelles unités sont engagées à mesure que le front s'allonge.
Pour les soldats, les marches reprennent. Les régiments sont déplacés, parfois transportés en chemin de fer, débarqués puis aussitôt jetés dans la bataille. Les combats éclatent autour des villages, des routes, des bois et des hauteurs qu'il faut conquérir avant l'adversaire. Les pertes sont lourdes et les lignes restent encore mouvantes. Mais, jour après jour, les deux armées se font face sur un front toujours plus long.
À l'automne 1914, la mer du Nord est finalement atteinte. Il n'existe désormais plus d'espace permettant de contourner l'adversaire. De la frontière suisse aux Flandres, les armées commencent à s'enterrer. La guerre de mouvement s'achève peu à peu ; celle des tranchées commence.
Cette page rend hommage aux hommes du Pays de Retz tombés au cours de cette marche sanglante vers le nord. Leurs noms, retrouvés au fil des archives, jalonnent les champs de Picardie, d'Artois et des Flandres. Après avoir connu les combats d'août, la retraite et la Marne, certains poursuivirent la guerre jusqu'ici. Pour eux, la Course à la mer fut la dernière étape.
💡 Note de l'auteur : Cette base de données est actuellement en cours de constitution. La liste s'enrichit au rythme du dépouillement des archives et des registres d'état civil. Elle sera complétée jusqu'à l'identification totale des victimes recensées sur notre territoire.
BEILVERT Alfred Désiré Damas — Sapeur-Mineur au 6 Génie — ✝ 2 novembre 1914 — Englebelmer
BOUYER Constant Augustin — Soldat au 65 RI — ✝ 24 septembre 1914 — Romilly-sur-Seine
BRIN Georges Jules — Caporal au 144 RI — ✝ 17 octobre 1914 — Angoulême
BRONDY Eugène Marie — Soldat au 70 RI — ✝ 25 octobre 1914 — Givenchy-lès-la-Bassée
CHAUVELON Eugène Denis — Soldat au 265 RI — ✝ 27 octobre 1914 — Moulin-sous-Touvent
LEHOURS Isidore Isidorre Alexandre — Matelot au 1 Marine — ✝ 24 octobre 1914 — Dixmude
LOUX Jacques Marcel Maurice — Sous-Lieutenant au 165 RI — ✝ 22 septembre 1914 — Abaucourt
ROULET Victor François Eugène Marie — Soldat au 65 RI — ✝ 15 novembre 1914 — Forceville
Après la bataille de la Marne, les armées allemandes se replient et s'établissent au nord de l'Aisne. Incapables de percer frontalement les nouvelles positions ennemies, Français et Allemands cherchent presque simultanément à déborder l'aile adverse par l'ouest. Chaque tentative entraîne une réaction de l'ennemi et prolonge un peu plus le front vers le nord.
Les régiments marchent, embarquent dans des trains, débarquent parfois loin de leurs précédentes positions et repartent aussitôt vers le combat. Les lignes ne sont pas encore continues et de larges espaces restent ouverts entre les armées. Il faut avancer rapidement, occuper un village, une hauteur ou un carrefour avant que l'adversaire ne s'en empare.
Les combats se déplacent progressivement vers le nord. Après la région de l'Oise et de la Somme, la guerre gagne l'Artois puis les Flandres. Albert, Arras, Lens et de nombreuses communes deviennent le théâtre d'affrontements meurtriers. En quelques semaines, le champ de bataille s'étend sur des centaines de kilomètres.
Les unités sont souvent engagées dès leur arrivée, avec peu de temps pour reconnaître le terrain ou préparer leurs positions. Les attaques et contre-attaques se succèdent autour des villages, des bois et des fermes. Dans cette guerre encore mobile, les soldats combattent souvent à découvert et les pertes restent particulièrement lourdes.
À l'automne 1914, les combats atteignent les Flandres et la mer du Nord. Il n'existe désormais plus d'espace libre permettant de contourner l'adversaire. De la Suisse jusqu'aux côtes, les armées se font face. Les hommes creusent, aménagent leurs positions et s'installent dans la terre. **La Course à la mer s'achève ; la guerre des tranchées commence.