Au début du mois de septembre 1914, les armées françaises reculent depuis près de deux semaines. Les hommes sont épuisés par les marches, les combats et les nuits trop courtes. Beaucoup ont parcouru des centaines de kilomètres depuis la Belgique et les frontières de l'Est. Derrière eux, l'armée allemande poursuit son avance et la menace sur Paris semble chaque jour plus pressante.
Mais soudain, les ordres changent. Il n'est plus question de descendre vers le sud. Les régiments s'arrêtent, se regroupent et se retournent vers l'ennemi. Le 6 septembre, les armées françaises et britanniques passent à l'offensive sur un immense front. De l'Ourcq aux marais de Saint-Gond, de la Champagne aux confins de l'Argonne, des centaines de milliers d'hommes s'affrontent dans une succession de combats acharnés.
Pendant plusieurs jours, les soldats avancent, se terrent sous les bombardements, chargent et défendent leurs positions. Les pertes sont terribles. Des compagnies déjà éprouvées par les combats du mois d'août voient encore leurs rangs se vider. Pourtant, l'avance allemande est finalement brisée. À partir du 9 septembre, l'ennemi commence à se replier vers le nord. Paris est sauvé et l'espoir d'une victoire allemande rapide s'éloigne.
Pour les soldats, il n'est pourtant pas encore question de victoire ou de légende.
Beaucoup ne verront jamais la fin de la bataille. Cette page rend hommage à ces hommes du Pays de Retz tombés au cours des journées de la Marne. Leurs noms, retrouvés au fil des archives, témoignent du prix humain de ce sursaut qui arrêta l'invasion. Après des semaines de marche et de retraite, ils avaient reçu l'ordre de faire face. Pour eux, la route s'arrêta sur les champs de bataille de la Marne.
💡 Note de l'auteur : Cette base de données est actuellement en cours de constitution. La liste s'enrichit au rythme du dépouillement des archives et des registres d'état civil. Elle sera complétée jusqu'à l'identification totale des victimes recensées sur notre territoire.
BICHON Joseph Jean — Soldat au 65 RI — ✝ 6 septembre 1914 — Herbisse
CHIFFOLEAU Jean Marie — Soldat au 16 Régiment Dragons — ✝ 10 septembre 1914 — Vivières
CORMIER Jean Baptiste Eugène — Soldat 2ème Classe au 66 RI — ✝ 11 septembre 1914 — Fère-Champenoise
DORY Joseph Jean Marie — Soldat au 65 RI — ✝ 8 septembre 1914 — Écury-le-Repos
PAVAGEAU Joseph Henri Jean — Sergent au 77 RI — ✝ 9 septembre 1914 — Mondement-Montgivroux
PEIGNÉ Guy Marie — Sergent au 66 RI — ✝ 8 septembre 1914 — Fère-Champenoise
Après des jours de retraite, l'ordre parvient aux unités : il faut cesser de reculer et reprendre l'offensive. Les hommes, épuisés, se retournent vers le nord. Pour beaucoup, le changement est brutal. Quelques heures plus tôt encore, ils marchaient vers le sud ; désormais, ils avancent à la rencontre de l'ennemi.
La bataille de la Marne ne se déroule pas en un lieu unique. Sur près de 250 kilomètres, plusieurs armées françaises et le corps expéditionnaire britannique affrontent les forces allemandes. L'Ourcq, les deux Morins, les marais de Saint-Gond, la Champagne et les abords de l'Argonne deviennent le théâtre de combats simultanés dont l'issue demeure longtemps incertaine.
Les unités engagées sur la Marne ont souvent laissé de nombreux hommes derrière elles depuis le début de la guerre. Tués, blessés, disparus ou épuisés ont déjà éclairci les rangs. Malgré les pertes et la fatigue accumulée pendant la retraite, les soldats doivent repartir à l'assaut et tenir leurs positions face à un adversaire qui semble encore irrésistible.
Du 6 au 13 septembre, les affrontements se succèdent presque sans répit. L'artillerie écrase les positions, les villages changent parfois de mains et les fantassins combattent dans les champs, les bois et les chemins. Les unités avancent puis reculent de quelques kilomètres. À l'échelle du soldat, la grande bataille se résume souvent à un village, une lisière ou une position qu'il faut prendre et tenir.
À partir du 9 septembre, les armées allemandes commencent à se replier vers l'Aisne. La victoire met fin à leur progression vers Paris et ruine l'espoir d'une guerre rapidement gagnée à l'ouest. Les soldats français reprennent la marche vers le nord. Mais quelques semaines plus tard, le front se stabilise et une autre guerre commence : celle des tranchées.