À la fin du mois d'août 1914, les premiers combats ont brisé les espoirs d'une guerre courte.
Sous la pression des armées allemandes, les régiments français reçoivent l'ordre de se replier. Commence alors une longue marche vers le sud. Jour après jour, parfois nuit après nuit, les hommes avancent sur des routes écrasées de chaleur et couvertes de poussière.
Les étapes s'allongent, le sommeil manque, les pieds se blessent et les forces s'épuisent. Derrière eux, le canon rappelle sans cesse la proximité de l'ennemi. Il faut marcher, puis parfois s'arrêter, combattre quelques heures et repartir encore. Sur les routes se mêlent soldats, convois militaires et familles fuyant leurs villages. Beaucoup d'hommes restent en arrière ; d'autres sont tués, blessés ou capturés lors des combats d'arrière-garde. Pourtant, les régiments continuent de reculer sans se laisser anéantir. Au début de septembre, après des centaines de kilomètres, un nouvel ordre parvient aux unités : faire face.
Cette page rend hommage à ces hommes du Pays de Retz dont la route s'est arrêtée au cours de l'immense retraite de l'été 1914. Leurs noms, retrouvés au fil des archives, jalonnent ce long chemin vers le sud et témoignent de l'épuisement, des combats et des sacrifices consentis durant ces semaines où, malgré le recul, l'armée française refusa de céder.
💡 Note de l'auteur : Cette base de données est actuellement en cours de constitution. La liste s'enrichit au rythme du dépouillement des archives et des registres d'état civil. Elle sera complétée jusqu'à l'identification totale des victimes recensées sur notre territoire.
BERTHOME André Joseph Gustave Marie — Soldat 2ème Classe au 2 RIC — ✝ 22 août 1914 — Rossignol
CHANSON Auguste Jean Marie Joseph — Caporal au 6 Génie — ✝ 22 août 1914 — Vitrival
POTIER Louis Marie — Soldat au 1 Régiment Zouaves — ✝ 22 août 1914 — Chatelet
SEDILLOT Emmanuel Louis Camille — Capitaine au 144 RI — ✝ 23 août 1914 — Thuin Lobbes-Charleroi
BICHON Julien Pierre Marie — Soldat au 77 RI — ✝ 24 août 1914 — Bièvre
MORANTIN Michel Marie — Soldat au 265 RI — ✝ 28 août 1914 — Guillemont Ginchy
BIRET Jean Marie Joseph Alfred — Soldat 1ère classe au 65 RI — ✝ 31 août 1914 — Doux ou Albert
BOUCARD Louis Marie — Soldat au 116 RI — ✝ 31 août 1914 — Attigny [2]
CHAUVELON Martin Louis — Soldat au 2 Régiment Zouaves — ✝ 1 septembre 1914 — Thin-le-Moutier [2]
❦ Marcher, encore et toujours
Les ordres de départ arrivent souvent au cœur de la nuit ou avant le lever du jour. Les hommes remettent leur sac sur des épaules meurtries et reprennent la route. Les kilomètres s'accumulent, parfois plusieurs dizaines dans une même journée. Il faut suivre la colonne et ne pas perdre son régiment. Pour beaucoup, la retraite se résume bientôt à une seule obsession : continuer à marcher.
❦ Des corps à bout de forces
Les pieds couverts d'ampoules, les jambes raidies par l'effort et le visage noirci par la poussière, les soldats avancent jusqu'à l'épuisement. Les quelques heures de repos ne suffisent plus à réparer les corps. Certains s'endorment dès que la colonne s'arrête ; d'autres, incapables de poursuivre, s'effondrent au bord de la route et voient leur unité disparaître au loin.
❦ Se retourner pour combattre
L'ennemi est souvent tout proche. Pour protéger le repli, des régiments doivent brusquement quitter la route, prendre position et ouvrir le feu. Pendant quelques heures, ils combattent, parfois au prix de lourdes pertes. Puis l'ordre tombe à nouveau : décrocher. Les survivants reprennent leur marche vers le sud.
❦ Un pays sur les routes
Aux colonnes militaires se mêlent les habitants des régions envahies. Des familles entières fuient avec quelques vêtements, un cheval ou une charrette chargée à la hâte. Les soldats traversent des villages abandonnés et croisent des files interminables de réfugiés. Pour beaucoup d'entre eux, c'est la première vision concrète d'une France envahie.
❦ « Faire face »
Au début du mois de septembre, quelque chose change. Après des jours et des nuits de marche vers le sud, les colonnes s'arrêtent. Les ordres sont désormais formels : il n'est plus question de reculer. Les hommes épuisés se retournent vers le nord, reprennent leurs armes et se préparent au combat. La bataille de la Marne va commencer.