Cette biographie a été rédigée par Hervé, complétée et adaptée pour ce support.
LEHOURS Isidore Alexandre
Préfailles
1894 - 1914
1er régiment de fusilliers marins
Mort pour la France
Isidore est né le 8 janvier 1894 à La Plaine.
En 1911, il embarque à bord de "La Fontaine". Il a alors 17 ans.
Il commence son service militaire en juillet 1914 au 3ème dépôt des équipages de la flotte de Lorient.
D'abord affecté à la défense de Paris, il est envoyé dans le Nord début octobre 1914.
Isidore est tué le 24 octobre 1914 au cours de la bataille de Dixmude en Belgique. Il avait 20 ans.
Son père, Alexandre LEHOURS épouse Mélanie PIPAUD native de Chéméré, en 1886 à La Plaine. De cette union naissent cinq enfants : Louis (1887), Isidore (1894), Joseph (1895), Alexandre (1887) et Antoinette (1898).
Isidore Alexandre LEHOURS est donc né le 8 janvier 1894 à la Plaine.
Isidore choisit d’exercer la profession de marin au commerce. C’est en tant que novice qu’il embarque pour la première fois à bord du trois mâts barque « La Fontaine » le 2 juin 1911. Il a alors 17 ans.
Inscrit maritime définitif à Noirmoutier le 1er avril 1913, Isidore est désormais matelot qualifié lorsqu’il embarque à bord du « Tarapaca-2 » le 29 avril 1913.
Appelé au service militaire, Isidore rallie le 3ème dépôt des équipages de la flotte de Lorient en tant que matelot de 3ème classe le 13 juillet 1914.
Les 1er et 2ème régiment de fusiliers marins sont créés le 7 août suivant. Ils sont destinés à combattre à terre. Réunis en une brigade forte de 6 000 hommes, leur mission initiale est la défense de Paris et de sa banlieue. Ils sont casernés au « Grand Palais »
En raison de la déclaration de guerre et pour compenser les pertes en vie humaines des premiers combats, la durée des classes est raccourcie. C’est pourquoi Isidore est affecté au 1er régiment de marins dès le 16 août 1914. Le 17 août, peloton de liaison cycliste en tête, les fusiliers marins de Lorient défilent sur le cours de Chazelles avant de prendre le train pour Paris. Isidore fait partie des 700 apprentis fusiliers marins (les plus jeunes ont à peine seize ans et demi), de leurs instructeurs et des réservistes du dépôt de Lorient. A Paris, ils sont, à leur tour, bientôt rejoints par des renforts qui arrivent des autres ports : Rochefort, Brest, Cherbourg et Toulon.
La défense de Paris n'étant plus à l'ordre du jour suite à la victoire de la Marne, les fusiliers marins quittent la capitale le 2 octobre à destination de Gonesse. Au même moment, sur le front du Nord, les Allemands menacent de bousculer les défenses belges. La brigade reçoit alors l’ordre de se porter au-devant de l'ennemi dans les Flandres pour bloquer le passage vers la mer.
Le 7 octobre, sept trains emportent les marins en direction des Flandres. Sitôt arrivée à Dunkerque, la brigade repart vers Anvers. Arrivée à Gand, elle reçoit l'ordre de descendre du train car la voie de chemin de fer est coupée au-delà.
Les fusiliers marins se battent les 9, 10 et 11 octobre pour protéger la retraite des troupes qui évacuent Anvers. A l’issue de ces combats retardateurs, ils décrochent vers Dixmude qu’ils atteignent le 15 octobre après une marche épuisante.
Le lendemain, 16 octobre, la ligne de défense des marins est à peine établie que les Allemands déclenchent à 16 heures leur première attaque combinant artillerie et infanterie. Les combats pour la possession de Dixmude commencent. Ils opposent 6 000 marins français et les 5 000 Belges à environ 40 000 Allemands. Le 24 octobre à 9 heures du soir, le Prince de Württemberg lance une attaque générale avec comme objectif « d'enlever la décision » et de percer le front en direction de Furnes. Deux colonnes vont assaillir le front Nieuport-Dixmude tenu par les Belges et deux autres colonnes font converger leurs efforts vers Dixmude. L’assaut allemand est accompagné d'un formidable tir d’artillerie. C’est au cours de ce combat défensif qu’Isidore trouve la mort.
Porté initialement disparu, son corps est retrouvé puis inhumé à Furnes en Belgique. Il repose dans « l’ossuaire français » du cimetière militaire français situé dans le cimetière communal de cette bourgade.
Ce même 24 octobre 1914, l’amiral Ronarc'h reçoit l'ordre de tenir coûte que coûte, « tant qu'il restera un fusilier marin vivant ». Il permet à l'armée belge d'échapper à l'encerclement et à l'armée française de résister aux tentatives d'enfoncement du front avant de le consolider jusqu'à la fin de la guerre. Sa résistance acharnée, marquée par la ténacité et l'héroïsme de ses hommes, n'est submergée que le 10 novembre.
Par arrêté du Ministre de la Marine en date du 1er mars 1922, Isidore LEHOURS est inscrit à titre posthume au tableau spécial de la Médaille militaire dans les termes suivants : « LEHOURS (Isidore Alexandre), matelot sans spécialité, Noirmoutier 265 : mort glorieusement pour la France en faisant courageusement son devoir le 24 octobre 1914. Croix de guerre avec étoile de bronze »
Isidore disparait aux combats. Il faut attendre le 20 juillet 1920 pour que la date du décès d'Isidore soit officialisée et fixée au 24 octobre 1914. Le Jugement déclaratif de décès prononcé par le Tribunal de Paimboeuf est transcrit à Préfailles le 4 août 1920.
Hommage à Préfailles :
Inscrit sur le monument aux morts du cimetière.
Inscrit sur le monument commémoratif du bord de mer (monument dit «des baigneurs»)
Sa mère, Mélanie PIPAUD, décède en 1905 à l’âge de 47 ans.
Son frère, Alexandre, né en 1897 ne survit que 22 jours
Son frère ainé, Louis Auguste est mobilisé au 65ème RI de Nantes le 3 août 1914. Passé au 402ème RI de La VALBONNE le 10 mai 1915, il est fait prisonnier le 29 septembre 1915 à PY. Louis est rapatrié en France le 3 décembre 1918 et libéré des obligations militaires le 17 février 1919.
Joseph, son cadet, est incorporé le 15 décembre 1914 au sein du 70ème RI de Vitré. Il est versé au 35ème RI de Belfort le 20 août 1917 puis au 63ème régiment d’artillerie de Défense Contre Avions (DCA) le 13 août 1918. Après un passage comme affecté spécial à la 3ème section de chemin de fer de campagne, il est placé en congés illimités de démobilisation le 9 septembre 1919.
Antoinette, la sœur d’Isidore, s’éteint le 13 novembre 1972 à Albert dans la Somme, à l'âge de 73 ans.
La Fontaine. Construit en 1899 pour René Guillon et René Fleury (Nantes), le « La Fontaine » est ensuite vendu à la Société Nouvelle d'Armement basée à Nantes. Revendu à la Société Générale d'Armement (Nantes) en 1916, le voilier venant d'Australie est chargé de blé. Il doit relâcher à Talcahuano (Chili) suite à une tempête. Son chargement ayant été transféré sur le Molière, il est condamné en 1921.
Le « Chanaral 3 ». Ce navire a été lancé aux chantiers de Glasgow en 1892, sous le nom d’ACHNASHIE pour l’armement Thom & Cameron, de Glasgow. Il est racheté en 1907 par l’armement Bordes, pour la somme de 293 000 Frs et rebaptisé « CHANARAL » (3e du nom). Le 22 avril 1916, alors qu’il se trouve à environ 60 milles de PENZANCE, le « Chanaral 3 » croise la route du sous-marin allemand U 67 qui navigue en surface. L’équipage évacue le navire sur ordre du commandant du sous-marin avant d’être torpillé. Touché sur tribord, le voilier coule en l’espace d’une minute. L’équipage du CHANARAL 3 qui a embarqué sur des canots rallie la cote à la voile. Il est sain et sauf.
Le Tarapaca. Propriété de l’armement Bordes, Tarapaca est un quatre-mâts carré lancé le 6 Juillet 1886 aux chantiers William Bruce Thomson, à Whiteinch près de Glasgow.
Ayant chargé 4000 tonnes de salpêtre à Iquique, le « Tarapaca » fait voile le 25 Mai 1917 à destination de Bordeaux. Il arrive le 1er septembre 1917 dans le golfe de Gascogne, à 65 milles de La Coubre et de sa destination finale. C’est alors qu’un sous-marin émerge à 4 milles de distance et commence à canonner le navire. Un deuxième sous-marin apparaît, se joint au premier et ouvre le feu. Le capitaine Hunault, voulant épargner la vie de son équipage, décide alors de l’évacuation. Les baleinières sont mises à la mer. Le sous-marin allemand U 52 s’approche de celle du capitaine et le prend à son bord avec dix de ses hommes, tandis que le reste des canotiers, le lieutenant, et cinq marins allemands dont un officier retournent sur Tarapaca. Après avoir pris à son bord les provisions et les instruments de navigation, les Allemands placent trois charges explosives sur le quatre-mâts. A 20h36, les charges explosent et le navire disparaît en deux minutes.
Sources primaires et documentation
Ces sources fondamentales ont permis de vérifier et d'établir le récit de cette biographie.
Octobre 1914. La guerre de mouvement s’épuise et laisse peu à peu place à l’horreur immobile des tranchées. Dans les Flandres belges, un point minuscule sur la carte devient le verrou du front occidental : Dixmude. L’enjeu est colossal : empêcher l’armée allemande de percer jusqu’à Dunkerque et Calais. Et pour défendre cette ville martyre, la France n’envoie pas des fantassins… mais des marins.
C’est une silhouette insolite dans la boue des Flandres. Il ne porte ni le pantalon garance de l’infanterie, ni le futur bleu horizon. Il est vêtu de son caban bleu sombre et coiffé du bachi au célèbre pompon rouge. Les journaux de l’époque surnomment ces soldats les « Demoiselles au pompon rouge », en raison de leur jeunesse et de leurs visages souvent imberbes. Beaucoup viennent de Bretagne.
Ces hommes de mer, habitués aux horizons ouverts de l’Atlantique, se retrouvent soudain enterrés dans la glaise, sous un ciel de fer et de feu. Ils n’ont ni l’expérience du combat terrestre, ni de véritables baïonnettes (on leur a distribué des lames de fortune) mais ils possèdent une cohésion forgée sur les navires. Ils ne se battent pas au nom d’un régiment, mais d’un équipage.
Le mot d’ordre : « Tenir »
Face à eux, l’assaut est terrifiant. Environ 6 000 marins doivent stopper plus de 40 000 soldats allemands aguerris. L’artillerie écrase la ville, transformant Dixmude en un brasier infernal.
Dans ce chaos, l’amiral Ronarc’h, commandant la brigade, prononce ce qui deviendra l’essence même de la bataille. Il ne demande pas de vaincre, mais de gagner du temps pour sauver l’armée belge en retraite et permettre aux Alliés de se regrouper. L’ordre est d’une simplicité implacable :
« Le rôle que vous avez à jouer est d’arrêter net l’envahisseur sur une ligne qu’il ne doit pas franchir. Vous ne devez pas reculer. Si vous êtes délogés, vous devez reprendre le terrain perdu. Tenez au moins quatre jours. »
« Tenir ». Ce verbe devient leur unique horizon. Ils ne tiendront pas quatre jours… mais vingt-six.
Du 16 octobre au 10 novembre 1914, ils repoussent vague après vague, combattant parfois au corps-à-corps dans les ruines fumantes, ou avec de l’eau jusqu’à la taille.
Lorsqu’ils se replient enfin derrière l’Yser, après avoir perdu la moitié de leurs effectifs (environ 3 000 hommes hors de combat), la route de Dunkerque est sauvée. L’inondation volontaire de la plaine fige le front pour quatre ans.
Ils ont tenu.