Cette biographie a été rédigée par Hervé et adaptée à ce support.
LOUX Jacques Marcel Maurice
Préfailles - Nantes
Baigneur
1890 - 1914
165ème régiment d'infanterie
Mort pour la France
Jacques est né le le 2 juin 1890.
Il s'engage en 1908 au 132ème Régiment d'Infanterie de Reims.
Il devient responsables au sein des brasseries de la Meuse à Nantes.
Jacques est mobilisé le 1er août 1914 au 165ème Régiment d'Infanterie.
Il est tué par accident par un de ses camarades.
Sa fiche indique qu'il a été tué à l'ennemi.
C’est dans le Périgord que Jacques LOUX voit le jour le 2 juin 1890. Sa naissance est déclarée dans la commune de Saint-Antoine-de-Breuilh en Dordogne où son père Elie est pasteur de l’Eglise réformée. Elie a épousé Louise GRASSET à Bordeaux le 13 octobre 1886. La jeune femme âgée de 20 ans est sans profession. Le couple a déjà un garçon prénommé Henri qui est né lui aussi à Saint-Antoine-de- Breuilh en 1887.
Trois autres enfants vont suivre au fil des mutations de leur père : Daniel né en 1893 à Sedan, Madeleine, née elle aussi à Sedan en 1894, et enfin Pierre, né en 1907 à Reims.
De 1904 à 1910, année de son décès prématuré à l’âge de 55ans, Elie LOUX y officie comme pasteur.
Après des études secondaires au lycée de Reims et l’obtention du baccalauréat, Jacques décide de s’engager pour 3 ans au sein du 132ème RI de Reims le 10 octobre 1908. Nommé sous-lieutenant de réserve par décret du 29 mars 1910, il est affecté au 147ème RI de Sedan pour y terminer son service militaire en octobre 1911.
La carrière professionnelle de Jacques LOUX débute en Loire-Inférieure. Il obtient un poste à responsabilité au sein des brasseries de la Meuse, alors en plein développement.
Les locaux sont installés dans le quartier de Chantenay à Nantes. Jacques réside dans un appartement au n°3 de la place de la Monnaie. Les moyens financiers de la famille lui permettent de faire l’acquisition d’une maison à Préfailles.
A la déclaration de guerre en août 1914, Jacques réside avec son frère Pierre, alors étudiant au 7 rue du Bâtonnier CHOLET à Chantenay. Le domicile est proche de la brasserie où travaille Jacques. L’ascension professionnelle du jeune homme est brutalement stoppée par la déclaration de guerre.
Le sous-lieutenant LOUX est mobilisé dans les rangs du 165ème RI le 1er août 1914. Il est affecté comme officier adjoint à la 6ème compagnie du 2ème Bataillon.
Au printemps de 1913, le 2ème groupe d'infanterie de forteresse était constitué par un bataillon du 145ème RI de Montmédy, et un bataillon des 106ème, 147ème et 148ème R I, ces derniers faisant partie de la défense de Verdun. Le 15 avril 1913, ce 2ème groupe devient le 165ème R. I. de forteresse à quatre bataillons. Au 1er août 1914, trois sont casernés à Verdun et un autre à Montmédy. Le régiment composé de 3348 hommes et 162 chevaux est affecté à la défense de la « forteresse » de Verdun (forts de la rive gauche de la Meuse).
Le 165ème ne gagne pas directement les premières lignes. Avant de confier à d’autres unités la défense des ouvrages et des batteries de la place forte de Verdun, il doit réaliser un travail acharné de jour comme de nuit, afin de mettre en place l’organisation défensive prévue en temps de paix. A coups de pelle et de pioche, les fantassins du 165ème débutent la guerre. Ils créent des organisations dont la valeur contribue à faire de Verdun la pierre angulaire du front français. Ces travaux se poursuivent jusqu’au 24 août.
Dans la nuit du 24 au 25 août, le régiment reçoit l’ordre de quitter les travaux. Embarqué en chemin de fer, il descend dans la nuit à proximité de la gare d’Eix-Abaucourt.
Les 30, 31 août et le 1erseptembre, le 165ème engage le combat pour arrêter la marche de l'ennemi qui attaque la place de Verdun par le nord. Aux combats de Flabas, des bois Hautmont, de Consenvoye, et de Brabant-sur-Meuse, les bataillons successivement engagés contribuent à contenir et à refouler l'adversaire. Après ces derniers engagements, où les pertes ont été plus sévères, le régiment va se reconstituer à Verdun.
Début septembre, obéissant à la voix du généralissime Joffre, l'armée française reçoit l’ordre de se ruer sur l'envahisseur. C'est la bataille de la Marne.
Le 6 septembre au matin, partant du village de Rampont situé à l’ouest de Verdun, le 165ème R. I. reçoit l'ordre d'attaquer le flanc de l'armée du Kronprinz qui s’est engagée dans les vallées de l'Argonne. Pendant quatre jours et quatre nuits, le régiment, exécute cette audacieuse manœuvre : déployé dès le lever du soleil en formation d'attaque sur la crête sud-ouest du village de Rampont, il avance par bonds pendant toute la durée du jour. Dans un ordre parfait et sous un violent feu d'artillerie et de mitrailleuses, il dévale les pentes dénudées qui descendent vers Ville-sur-Cousance. Arrêté chaque fois par ordre avant de pénétrer dans le village, il est ramené en arrière pendant la nuit. Les fantassins français recommencent le même mouvement le lendemain matin. Ils traversent à nouveau sans faiblir, un terrain sans couverts, jonché de ses tués et de ses blessés, sous un soleil brûlant. L'ennemi, dont les avions surveillent sa marche, a l'impression que de nombreux renforts arrivent sans cesse de la direction de l'est. Enfin, au soir du quatrième jour de lutte acharnée, les poilus voient enfin reculer l'armée ennemie qui s'enfuit en désordre.
Du 6 au 10 septembre, le 165ème RI a perdu 20 officiers, 37 sous-officiers et 789 soldats. Au soir du 10 septembre 1914, les pertes en officiers nécessitent une réorganisation du commandement du régiment. Jacques LOUX est nommé commandant de la 6ème compagnie du 2ème bataillon. L’encadrement de cette compagnie est réduit à 2 sous-lieutenants.
Les journées du 11 au 19 septembre permettent aux rescapés du régiment qui ont gagné Vadelaincourt, de se reposer et de panser leurs plaies. Un renfort de 630 hommes, tant officiers que soldats est prélevé sur les effectifs du 162ème RI pour venir regarnir les rangs du 165ème. Jusqu’au 20 septembre en fin d’après-midi, les journées sont consacrées à la mise en défense des positions françaises.
Appelé à gagner les avant-postes, le régiment quitte Verdun ce même jour à 23h00. Les 3 bataillons viennent prendre position dans le secteur de Dieppe (3ème bataillon), d’Haraigne (2ème bataillon) et Abaucourt (1er bataillon) au nord-ouest de Verdun. Dans la journée du 22, des coups de feu sont échangés avec les troupes allemandes qui tentent vainement de s’approcher des lignes françaises.
Le 22 septembre à l’aube, le commandement français décide à son tour de lancer une attaque des lignes adverses. L’ordre est toutefois annulé avant son début d’exécution. La journée se termine par des échanges de tir d’artillerie de tous calibres.
Dans la soirée du 22 septembre 1914, Jacques LOUX fait le tour des positions tenues par sa compagnie dans le secteur d’Abaucourt. Dans l’obscurité une sentinelle lui demande le mot de passe. La nervosité aidant et en l’absence de réponse ou ne l’ayant pas entendu, la sentinelle fait feu. Jacques s’écroule. Mortellement blessé, il décède peu après.
Les faits sont relatés en 1916 dans deux correspondances familiales de Jean MEDARD, pasteur et ami de Daniel LOUX. Jean est le condisciple du frère de Jacques à la faculté de théologie de Montauban (Ardennes) puis de Paris.
« Une sentinelle lui a demandé le mot de passe. Il portait un ordre. A-t-il répondu trop faiblement ? On n’a pas entendu sa réponse. On a fait feu et il est tombé. C’est atroce. C’est plus horrible que de l’avoir su tué par l’ennemi. C’est la guerre !! et il faut accepter. On a à peine le droit de pleurer ».
« Tu me parles dans une dernière lettre de la mort de Jacques LOUX. Oui, la famille sait très bien comment il a été tué. Ce sont des choses fatales. Il y a une forte proportion d’hommes tués par des balles et des obus français et dans certains cas, il ne peut pas en être autrement. Ce qui compte, ce n’est pas la nature de la balle ou de l’obus, et même les circonstances, mais les dispositions intérieures à faire du devoir à accomplir ».
Le sous-lieutenant Jacques LOUX est inhumé à Verdun dans la nécropole nationale «le Faubourg Pavé» : Carré 14/18, tombe 1816. En ce lieu reposent 5095 soldats de la guerre 14-18.
Hommages à Préfailles :
Monument commémoratif bord de mer.
Hommages à Préfailles :
Livre d'or du ministère des pensions.
Monument aux Morts 1914-1918.
Hommages à Reims :
Livre des anciens élèves du lycée.
Plaques commémoratives 1914-1918 du temple.
Sa mère Louise décède le 15 juillet 1957 à Strasbourg, à l'âge de 90 ans.
Le frère aîné Henri entame des études de médecine. Il décède prématurément à Reims le 18 février 1909 alors âgé de 22 ans.
Son frère Daniel est incorporé au sein du 135ème RI le 15 décembre 1914. Il est reformé pour faiblesse et bronchite chronique le 2 mars 1915. Il part faire ses études de théologie en Suisse. Maintenu reformé n°2 devant la commission présidée par le consul général de France à Genève, Daniel devient par la suite pasteur comme son père. Il meurt à l’âge 78 ans aux Houches en Haute Savoie en 1971.
Pierre, le dernier de la famille, devient lui aussi pasteur. Il s’éteint en 1989 à Dieulefit dans la Drôme, à l'âge de 82 ans.
Sources primaires et documentation
Ces sources fondamentales ont permis de vérifier et d'établir le récit de cette biographie.
Le succès des produits fabriqués par les brasseries de la Meuse, implantées à proximité de la carrière Miséry, symbolisaient la réussite industrielle de Nantes. Ses bières comme ses jus de fruits furent appréciés dans toute la France pendant plus de 80 ans.
Sur les matrices cadastrales de 1837, une brasserie, tenue par René Plumard, existe sur le terrain situé en face de la carrière Miséry. En 1900, Eugène Burgelin, originaire de l'est de la France, installe sa brasserie sur une partie du site de la carrière. En 1905, les trois plus grosses brasseries de Nantes (Schaeffer, Rottenbach et Burgelin), fusionnent et regroupent leurs activités à Miséry. L'entreprise devient la Société des Brasseries Nantaises, avec pour emblème un paludier. Les premiers bâtiments des Brasseries, construits par Frédéric Burgelin, se situent dans la partie ouest de la carrière. Ils comprennent des caves, une malterie, des salles de fermentation de brassage, une tonnellerie et un hangar « rince-fûts ». En bordure de la rue Joseph Cholet se trouvent les bureaux, les ateliers, la chaufferie, les vestiaires, le réfectoire ainsi que le parc à charbon et des garages. En 1906, les trois associés vendent une partie de leurs actions aux Brasseries de la Meuse créées en 1890 par Adolphe Kreiss, à Bar-le-Duc. Leur développement est fulgurant : les brasseries rayonnent sur 22 départements.
Le déclin de la consommation de bière et le rachat de l'usine par le groupe BSN-Gervais-Danone signe la fin de l’existence des brasseries de la Meuse qui ferment leurs portes, durant l'été 1985. L'usine est détruite en 1987. Puis, en 1995, ce sont le grand hall et le chalet de réception qui disparaissent à leur tour du paysage. Dans le cadre du projet urbain Bas-Chantenay, un nouveau parc public a été aménagé dans la partie ouest de l’ancien site industriel.
Source : patrimonia_nantes_fr