Le 21 février 1916, l’armée allemande déclenche une offensive d’une ampleur sans précédent contre les positions françaises autour de Verdun. Dès les premières heures, un véritable déluge d’artillerie s’abat sur les lignes, les bois et les villages. Près de deux millions d’obus sont tirés au cours des premières heures de l’offensive. La terre est retournée, les communications coupées et des unités entières se retrouvent isolées au milieu d’un paysage méconnaissable.
Pendant près de 300 jours, les deux armées vont s’affronter dans une bataille d’une violence inouïe. Du Mort-Homme à la cote 304, de Douaumont à Vaux, de Fleury à Bezonvaux, les régiments se succèdent dans les tranchées, les forts et les ravins bouleversés. On estime à plus de 300 000 le nombre de soldats français et allemands tués ou disparus et à environ 700 000 le nombre total des pertes. Des dizaines de millions d’obus sont tirés sur le champ de bataille.
Les unités françaises montent en ligne, combattent jusqu’à l’épuisement, puis sont relevées avant d’être remplacées par d’autres. Par ce système de rotation, près de 70 % des soldats de l’armée française passent par Verdun. Pour beaucoup, quelques jours seulement suffisent à marquer une vie entière. L’artillerie, responsable de l’immense majorité des pertes, frappe sans relâche des hommes souvent réduits à survivre dans les trous d’obus et les abris effondrés.
Les hommes du Pays de Retz n’échappent pas à cet enfer. Fantassins, artilleurs, chasseurs ou hommes du génie arrivent à Verdun avec leurs régiments. Certains n’y restent que quelques jours ; d’autres combattent plusieurs semaines sous les bombardements, dans la boue, la poussière, la faim et la peur. Beaucoup sont tués par les obus. D’autres disparaissent dans le bouleversement du terrain ou succombent à leurs blessures.
Entre le 21 février et le 18 décembre 1916, des hommes du Pays de Retz sont ainsi tombés sur le champ de bataille de Verdun.
Derrière les chiffres vertigineux et ce nom devenu le symbole de la Grande Guerre se cachent leurs visages, leurs parcours et leurs histoires.
Ce Champ d’honneur leur est consacré.
💡 Note de l'auteur : Cette base de données est actuellement en cours de constitution. La liste s'enrichit au rythme du dépouillement des archives et des registres d'état civil. Elle sera complétée jusqu'à l'identification totale des victimes recensées sur notre territoire.
BRILLAUD DE LAUJARDIERE Emile Camille — Sergent au 154 RI — ✝ 4 mai 1916 — Cumières à l'ouest
CHESNEAU Ferdinand Julien — Soldat au 93 RI — ✝ 20 décembre 1916 — Bézonvaux
CLAVIER Louis Marie Joseph — Soldat au 62 RI — ✝ 18 avril 1916 — Verdun Louvemont
GUILBAUD Pierre Sylvain Louis Barthélémy — Lieutenant au 151 RI — ✝ 9 avril 1916 — Mort-Homme Cumières
LOIZEAU Jean Marie — Soldat au 93 RI — ✝ 12 juin 1916 — Verdun [2]
À 7 h 15, l'artillerie allemande ouvre un bombardement d'une violence sans précédent sur les positions françaises. L'offensive contre Verdun commence. Pendant plusieurs heures, des milliers d'obus écrasent les bois, les villages et les tranchées.
Pris par les Allemands dès le 25 février, le fort de Douaumont devient le symbole de la menace qui pèse sur Verdun. Plus à l'est, le fort de Vaux oppose en juin une résistance acharnée avant de tomber à son tour. Leur reconquête devient un objectif majeur de l'armée française.
Pendant dix mois, les régiments français se succèdent sur les deux rives de la Meuse. Du Mort-Homme à la cote 304, de Fleury à Souville, les hommes combattent au milieu des cratères, de la boue et des bombardements incessants. Verdun devient le symbole de la résistance française.
À l'automne, l'armée française reprend l'initiative. Douaumont puis Vaux sont reconquis et les dernières offensives de décembre repoussent les lignes allemandes. Après près de dix mois de combats et des centaines de milliers de pertes, la bataille de Verdun s'achève.