Cette biographie est rédigée par Hervé Closset à partir des JMO et des historiques des régiments. Elle est adaptée à ce support.
BRENELIÈRE Joseph Albert
Paulx
1894 - 1917
Soldat au 165ème régiment d'infanterie
Mort pour la France
Joseph est né le 20 juin 1894 à Machecoul.
Il fait partie d'une fratrie de 12 enfants.
Il devient séminariste.
Joseph est mobilisé en décembre 1914 au 118ème régiment d'infanterie de Quimper.
Il est ensuite affecté en mai 1915 au 402ème RI, régiment nouvellement constitué.
En raison des pertes subies, le 402ème est dissous en avril 1916.
Joseph est alors affecté au 165ème RI.
C'est lors de l'offensive des Flandres que Joseph est gazé.
Il décède le 27 septembre 1917 à Crombeke. Il avait 23 ans.
Il est décoré de la Croix de guerre avec une étoile bronze et une étoile argent. Joseph reçoit à titre posthume la Médaille militaire.
Joseph Albert voit le jour dans la ferme familiale de la famille BRENELIÈRE le 20 juin 1894. Il est le dernier des enfants du couple de cultivateurs formé par Michel Francois et Magdeleine Françoise RENAUDINEAU. Toute la famille réside alors à Machecoul au lieu-dit « les Rivières ».
La fratrie compte douze enfants. L’aîné, Honoré-Michel, naît en 1877, suivi de Jean Henri en 1879, de François Henri en 1881, puis de Gustave Honoré en 1882. En 1883 vient au monde Marie Magdeleine Adélaïde, première fille du couple.
Cinq garçons naissent ensuite. Henri Michel, né en 1885, meurt à l’âge de trois mois. Armand Auguste Joseph voit le jour en 1886, puis Henri Similien en 1888. En 1889, les jumeaux Alexandre Joseph et Charles Étienne décèdent dès leur naissance.
Clémentine Marie Augustine, née en 1893, est la seconde fille et la dernière enfant du couple.
Joseph a les cheveux châtains et les yeux gris. Il réside avec ses parents au lieu-dit « La Valtière » à Paulx lorsqu’il décide de devenir prêtre. C’est donc en tant qu’étudiant au séminaire de Nantes qu’il se présente une première fois devant le conseil de révision de Machecoul au printemps 1914. Il y est alors ajourné pour « faiblesse ».
Mais l’armée française doit recompléter en urgence les effectifs des régiments qui ont été véritablement « saignés à blanc » lors des premiers combats de l’été et de l’automne 1914. Aussi, lorsqu'à la fin de l’année, Joseph se présente une nouvelle fois, avec les conscrits de la classe 1915, devant ce même conseil, le jeune séminariste se retrouve classé « bon pour le service armé ».
Joseph est incorporé le 27 décembre 1914 dans les rangs du 118ème RI de Quimper. C’est là qu’il effectue son temps d’instruction pour devenir soldat. En tant que séminariste, Joseph se voit confier la fonction de brancardier. Il porte le brassard de la Croix-Rouge au bras gauche et n’a ni fusil ni cartouchière. Sur les champs de bataille et sous le feu ennemi, il a pour mission de relever les blessés dans les tranchées ou dans le « no man’s land » et de les transporter jusqu’aux postes de secours afin de les confier aux médecins « de l’avant ».
Après 5 mois de formation, Joseph est muté dans les rangs du 402ème RI.
Constitués pour un tiers environ de jeunes recrues, pour un autre tiers d'anciens auxiliaires et de réformés, et pour le dernier tiers de blessés de la guerre, les trois bataillons reçoivent un entraînement intensif, pendant la période de mai à août 1915. Ils sont ensuite embarqués pour la zone des armées et dirigés sur la région de l'Oise le 2 septembre.
Le 25 septembre 1915 à 9 h15 en Champagne, l'infanterie française sort des tranchées et passe à l'attaque sur un front de 25 kilomètres à l'est de Reims. La seconde bataille de Champagne commence et le 402ème va y prendre part.
Dans la soirée, le bruit se répand comme une traînée de poudre que le front allemand est percé. Aussitôt, dans la nuit du 25 au 26, avec la totalité des hommes du 402ème , Joseph est embarqué dans l’un des trois trains qui les conduisent à Saint-Hilaire-au-Temple, dans la Marne, au soir du 26. La nuit suivante, il se concentre près de la ferme de Cuperly.
L'ordre de se rendre à 4 kilomètres au sud de Souain est reçu le 27. Le transport commencé en camions automobiles, est interrompu par un contrordre. L’avance française progresse. Le régiment doit se porter à Saint-Hilaire-le-Grand. Il s'y concentre dans la soirée et passe la nuit dans les tranchées françaises au nord de Saint-Hilaire, à l'est de la route Saint-Hilaire-le-Grand–Saint-Souplet.
C’est enfin au tour du 402ème de se porter en avant le 28 dès le lever du jour. Le mouvement se fait presque sans pertes malgré le violent bombardement qui vise les batteries d’artillerie françaises et au milieu desquelles le régiment se déplace. Joseph et ses camarades reçoivent le baptême du feu, sur un terrain désolé et couvert de cadavres étendus sur le théâtre des combats du 25 septembre.
Le colonel, commandant le régiment reçoit, le 28 septembre, l'ordre de franchir dès 2h00 du matin la tranchée des Fentes et de gagner, avant le jour, les hauteurs au Nord. L’objectif est de former une tête de pont pour assurer le passage de nombreuses troupes, notamment de la cavalerie qui doit s’élancer pour exploiter la percée du front.
Il pleut, et le sol n'est plus qu'un lac de boue. Malgré les fatigues de deux jours entiers de marches et de contre-marches, effectuées au milieu d'un terrain défoncé et sans aucun ravitaillement, Joseph et ses camarades se déploient à l’heure prévue. Le régiment, parvient avant le jour à la tranchée des Fentes. Elle est prestement franchie et les 3 bataillons du régiment commencent à se déployer en vagues d'assaut. Par chance, et malgré les nombreuses fusées éclairantes lancées par l'ennemi, la marche du régiment n'est pas dévoilée. Les Allemands sont tout d’abord surpris et les premiers prisonniers sont promptement envoyés vers l'arrière.
Les bataillons se portent rapidement en avant. La première vague, après s'être faufilée entre les bois prénommés J-11 et J-13, que l'on sait fortement occupés par l'ennemi, s'installe sur la crête boisée qui court d’est-ouest au nord de ces bois. C’est alors qu’elle se heurte à une vive résistance et se trouve stoppée dans sa progression. Le jour qui se lève montre les mitrailleurs et le 3ème bataillon exposés, en terrain découvert, sur les pentes sud de la crête. Ils sont aussitôt « cueillis » par des tirs de flanc en provenance des bois J-11 et J-13. Les pertes parmi les troupes françaises deviennent immédiatement très sévères.
Le régiment est soudainement obligé de faire face de toutes parts. Il ne trouve pas de place pour manœuvrer et se redéployer correctement. Ses 2 sections de mitrailleuses, chargées plus spécialement de couvrir le flanc droit du régiment, s'installent l'une face au Nord, l'autre face au Sud. Mais les pièces qui sont traînées dans la boue depuis trente-six heures refusent de fonctionner. Les Allemands, soigneusement terrés sur leurs positions, attendent patiemment l'écrasement du 402ème par les feux combinés de leur artillerie de 105, 150, et 210mm, associés aux tirs d'infanterie qui accablent les Français de toutes parts.
Pour comble de l’horreur, l'artillerie française, voit son tir perturbé par le brouillard qui tombe. Ses projectiles tombent sur les positions occupées par le 402ème. Joseph et tous ses compagnons d’infortune sont contraints de recevoir stoïquement l'avalanche d’obus français. Allongés dans la boue, les officiers tentent en vain d'entrer en communication avec leurs lignes par la télégraphie Morse.
Soudain, dans ce déluge de feu, une violente contre-attaque allemande se déclenche sur le flanc droit du régiment. Les Français sont rejetés des bois qui couronnent la crête en direction des pentes sud qui sont complètement dénudées. Les mitrailleuses ennemies font un terrible carnage.
Les débris du régiment se maintiennent au contact de l'ennemi pendant la journée du 29 et la nuit suivante. Le 30, ils se retirent sur la ferme des Vacques pour se réorganiser. Dans les combats du 28 au 30 septembre 1915, le 402ème RI perd 1732 hommes dont 1623 disparus.
L'offensive française continue à se concentrer sur les points de résistance résiduels et ne parvient pas à entamer la deuxième ligne allemande. Quelques succès locaux sont obtenus, notamment la prise de Maison de Champagne, mais le 1er octobre le général Pétain fait suspendre les combats en raison des pertes trop importantes et d'une consommation de munitions insoutenable.
Dès le 2 octobre, le régiment reçoit 500 hommes de renfort en provenance du dépôt. Ils permettent de le reconstituer partiellement à six compagnies au lieu de 3 bataillons. Du 1er au 8 octobre, le 402ème occupe les tranchées du bois B-3 et exécute différents travaux en perdant encore 54 hommes. Enfin, dans la nuit du 10 au 11 octobre, le régiment est relevé. Les survivants sont transportés dans la région de Belfort.
Au total, la seconde bataille de Champagne qui se termine le 1er octobre fait 27 851 tués, 98 305 blessés, 53 658 prisonniers ou disparus du côté français. Les pertes sont beaucoup plus faibles du côté allemand. Le front a progressé de 3 à 4 km mais la rupture tant espérée par l’état-major n’a pas été réalisée.
Jusqu’au 25 décembre, le régiment reste à Héricourt pour bénéficier d’un entraînement intensif. A cette époque, il ne compte encore que sept compagnies et ce n'est que fin décembre qu’un nouveau renfort de 200 hommes permet de le compléter à douze compagnies soit 3 bataillons.
Le 28 janvier, le régiment relève le 99ème RI dans les bois de Carspach, Banholz et Stockelé, jusqu'à la ferme de Bachlé, sur la voie ferrée de Dannemarie à Altkirch. Les bataillons se relèvent dans ce secteur, sans incidents.
Soudain, le 22 février, après un violent bombardement, notamment par obus à gaz, les Allemands attaquent les tranchées du Schönholz et parviennent à pénétrer dans quelques éléments de tranchées. Deux compagnies sont aussitôt lancées à la contre-attaque, mais toute préparation d'artillerie ayant été rendue impossible, les Français ne peuvent faire plus de vingt mètres en avant. Ils sont littéralement fauchés par les mitrailleuses adverses. Pour preuve de l’intensité et de la brutalité de l’affrontement, on déplore côté français 19 tués, 101 blessés et 120 disparus. Le régiment reste en ligne encore environ un mois avant que son existence ne prenne fin.
Le 402ème régiment d'infanterie est créé le 12 mai 1915 au camp de La Valbonne. Il rassemble près de 2 800 hommes venus de nombreux dépôts des 2ème et 11ème régions militaires, notamment de Bretagne, du Nord, de Picardie et de la région parisienne. Après plusieurs mois d'un entraînement intensif, ces soldats, pour beaucoup jeunes recrues ou militaires revenus de blessures, brûlent d'impatience de connaître le feu.
Leur première grande bataille, en Champagne, va pourtant tourner au drame. Le 29 septembre 1915, lors de l'offensive de Sainte-Marie-à-Py, le 402ème RI est lancé à l'assaut dans des conditions extrêmement difficiles. Pris sous des tirs croisés, privé de l'appui efficace de ses mitrailleuses enlisées dans la boue et même atteint un temps par des obus français égarés, le régiment est pratiquement anéanti en quelques heures. À lui seul, il compte plus de 1 600 hommes tués, blessés, disparus ou capturés, dont une immense majorité de disparus.
Reconstitué à la hâte, il combat encore en Alsace durant l'hiver 1915-1916, mais ne retrouvera jamais sa force initiale. Dans son historique officiel, le 402ème RI reconnaît lui-même n'avoir pu écrire qu'« une page tragiquement sanglante » de l'histoire de l'armée française.
Les pertes du 402ème sont telles, que le régiment est dissout en avril 1916.
Sur ce site, vous pouvez également consulter les biographies de deux soldats morts dans les rangs du 402ème régiment d'infanterie : Eugène LEGRAND, originaire de La Bernerie, et François CHIFFOLEAU, de Chauvé.
Joseph, l’un des quelques survivants du 402ème, fait partie des éléments qui vont regarnir les rangs du 165ème R.I. C’est le 30 mars 1916 que le brancardier BRENELIÈRE reçoit l’ordre de rallier ce régiment.
Présent à Verdun le 21 février 1916, le 165ème RI a reçu de plein fouet le choc de l’attaque allemande à la lisière du bois des Caures. Du 21 au 24 février, le régiment, perd 30 officiers, 119 sous-officiers et 1.337 caporaux et soldats avant d’être relevé. Les effectifs restants permettent juste de former un seul bataillon de marche composé de 5 compagnies.
Par étapes successives, il part au repos à Lure en Haute Saône pour y recevoir des renforts et se reconstituer. Le 31 mars, le 165ème reçoit un renfort en provenance du 402ème RI. Ce ne sont pas moins de 8 officiers, 20 sous-officiers et 341 caporaux et soldat qui se présentent. Joseph est parmi eux. Il se retrouve aussitôt affecté en tant que brancardier à la compagnie hors rang (CHR).
Avec son nouveau régiment, il rejoint deux jours plus tard, la région fortifiée de Dunkerque le 2 avril 1916 pour cantonner dans le secteur de Malo-les-Bains. Commence alors une période d’instruction et d’entraînement. Elle se poursuit jusqu’au 17 avril lorsque le régiment reçoit l’ordre de monter au front et de prendre position à « La Panne » en Belgique. La CHR à laquelle appartient Joseph est quant à elle installée à Nieuport à partir du 22 avril.
Cette période est marquée de part et d’autre par des échanges aussi brefs que brutaux de tirs d’artillerie et d’émission de gaz toxiques. A ce rythme, les pertes en vies humaines sont quotidiennes. A l’été, les 165ème reçoit en première ligne, la visite du roi et de la reine des Belges qui viennent leur rendre hommage en voisins depuis leur résidence de «La Panne ». A cette occasion, les vétérans de Verdun voient alors, non sans surprise, la souveraine Elisabeth s’avancer jusqu'au point le plus rapproché de l'ennemi, à savoir le petit poste de la grande Dune, à seulement 40 mètres des positions allemandes.
L’alternance de présence en première ligne face aux fusiliers marins allemands et de périodes de repos ponctuées de travaux d’organisation défensives et d’entraînement se termine le 8 octobre 1916. Relevé le 9 octobre par le 3ème régiment de Zouaves, il stationne jusqu'au 14 octobre dans la région de Dunkerque, d'où il est transporté au camp de Crèvecœur dans la Somme pour bénéficier d’une période d'instruction qui dure jusqu'au 3 novembre.
Le 165ème remplace du 9 au 18 novembre le 272ème RI dans le sous-secteur est de Berny. Là, il repousse en combat rapproché, deux attaques ennemies exécutées les 11 et 18 novembre, après une violente préparation d’artillerie.
Du 19 au 28 novembre, le régiment cantonne dans la région de Beauvais. Transporté le 29 à Proyard, il reprend les avant-postes dans le sous-secteur Est de Berny qu’il organise en vue d’une offensive. L’artillerie est très active et les travaux s’exécutent sous les ripostes violentes de l’artillerie allemande.
Dirigé le 16 décembre sur la région de Crèvecœur, le régiment stationne jusqu’au 6 janvier aux environs d’Abaucourt.
Joseph Brenelière est cité à l’ordre du 165ème RI le 22 décembre 1916 : « Sous un violent bombardement d'artillerie lourde, n'a cessé de se prodiguer auprès des blessés. A réussi à dégager trois de ses camarades ensevelis ». Il reçoit la Croix de guerre avec étoile de bronze.
Le 7 janvier 1917, le régiment est dirigé à nouveau sur Dunkerque. Du 11 janvier au 18 juin 1917, il reprend son ancien secteur au bord de la mer, en Belgique dans le secteur de Nieuport. Le 23 avril, à 3h45, soit deux heures après la relève du bataillon de première ligne, l'ennemi fait une émission de gaz accompagnée d'un bombardement par obus à gaz et explosifs. Elle est aussitôt suivie d'une attaque d'infanterie. Les éléments ennemis qui ont réussi à pénétrer en certains points jusqu'à la deuxième ligne sont rejetés par de rapides contre-attaques. C’est au tour du 165ème RI de lancer des attaques au gaz le 31 mai et le 3 juin 1917, en réponse à celle du 23 avril. Ces deux opérations provoquent une vive riposte ennemie ainsi qu'une nouvelle émission de gaz le 6 juin.
Le 19 juin 1917, lorsque le régiment est relevé dans ce secteur par le 15ème CA britannique, il laisse des organisations puissantes, constituant une tête de pont offensive sur la rive droite de l'Yser.
Le 165ème RI participe ensuite à l'offensive des Flandres qui débute le 12 septembre, dans le secteur du Steenberck face à la forêt d'Houthulst. Le régiment a pour mission d’appuyer en flanc garde l’attaque principale menée par l’infanterie britannique.
A partir du 24 septembre, l’artillerie allemande effectue de violents bombardements au moyen d’obus toxiques sur l’arrière des positions tenues par le 165ème. La même activité se reproduit le lendemain 25 septembre. Elle occasionne 25 blessés côté français.
Parmi eux figure Joseph qui est intoxiqué par les gaz dans le secteur de Bixschootte. Durant cette journée de combats, après être allé jusqu’au bout de ses forces et les poumons rongés par les gaz, Joseph qui a aidé tant de blessés, est à son tour évacué vers un poste de secours. Au vu de son état, ses camarades brancardiers le transportent vers l’ambulance 3/1 de Crombeke. De là, Joseph est rapidement dirigé vers l’hôpital de CROMBEKE en Flandre occidentale. Le jeune séminariste y décède le 27 septembre 1917 à l’âge de 23 ans.
Après avoir rempli son devoir jusqu’au sacrifice ultime, Joseph est une nouvelle fois cité ; mais cette fois à l’ordre à l’ordre de la division : « Brancardier dévoué et courageux : gravement atteint d'intoxication par gaz le 25 sept. 1917, a fait preuve d'endurance et d'une grande énergie en continuant, sans rien dire, son service de brancardier dans les unités en ligne. Evacué, et mort le 27 sept. 1917 à l'ambulance des suites de son intoxication ». Il est décoré de la Croix de guerre avec étoile d’argent à titre posthume.
A l’issue du conflit Joseph se voit conférer la Médaille militaire à titre posthume, le 17 septembre 1920 avec la citation suivante : « Bon et brave soldat. Belle attitude au feu, a été intoxiqué à son poste de combat. Mort pour la France, le 27 septembre 1917 ».
Le décès de Joseph est transcrit le 19 janvier 1918 à la mairie de Paulx.
Joseph est inhumé en premier lieu dans le cimetière militaire de Crombeke. C’est ensuite dans le Pas-de-Calais sur la commune d’Ablain-Saint-Nazaire que le corps de Joseph est transféré. Il repose dans la nécropole nationale de « Notre-Dame-de-Lorette » avec 20 000 de ses camarades.
Hommages à Paulx :
Monument aux morts.
Plaque commémorative de l’église.
Inscrit sur le Livre d’or du ministère des pensions.
Tableau d'honneur - Chapelle Notre-Dame-du-Pont
Sa mère décède le 4 avril 1930 au lieu-dit « la Valtière » sur la commune de Paulx, à l'âge de 75 ans.
Son père décède très peu de temps après, le 20 juillet 1930 au lieu-dit «la Valtière» sur la commune de Paulx, à l'âge de 82 ans.
Son frère, Honoré-Michel effectue son service militaire dans les rangs du 90ème RI de septembre 1898 à septembre 1899. Il est cultivateur lorsqu’il se marie le 21 septembre 1903 à Paulx, avec Marie Eulalie Josephine PEROYS qui lui donne par la suite 10 enfants. Honoré n’est pas mobilisé en 1914 et se voit reformé n°2 le 29 janvier 1915 pour « démence » par la commission de réforme de Tulle. Il est par la suite maintenu dans cette position par la commission de réforme de Nantes le 30 septembre 1915. C’est au lieu-dit « la Valtière » sur la commune de Paulx qu’il décède le 31 décembre 1939 à l'âge de 62 ans.
Jean Henri devient lui aussi agriculteur. Il est ajourné de service militaire et classé "service auxiliaire" en raison d’une paralysie de la jambe gauche causée par une hernie ». Il se marie le 16 avril 1912 à Paulx, avec Mélanie Marie Honorée PEROY. Deux filles et un garçon naissent de ce mariage. A la mobilisation, Jean est dans un premier temps maintenu réformé par la commission de Nantes le 11 novembre 1914. Mais les pertes de l’armée françaises nécessitent d’envoyer sur le front les personnels de l’arrière qui sont aptes à porter les armes. Aussi, Jean est mobilisé le 17 août 1915 pour rejoindre la 11ème Section des Commis et Ouvriers d’Administration (SCOA) de Châteauroux. Il rejoint ensuite la 7ème section de Dole (Jura) le 18 juillet 1916 avant d’être démobilisé le 28 février 1919. Jean se retire alors à Saint-Etienne-de-Mer-Morte. C’est au lieu-dit « La Maison Neuve » à Machecoul que Jean décède le 27 mai 1964 à l'âge de 85 ans
François Henri est cultivateur lorsqu’il se marie le 12 juin 1906 à Paulx avec Joséphine Angelina BLANCHARD. Elle lui donne une petite fille en 1907. François meurt prématurément à l'âge de 26 ans le 21 novembre 1907 au lieu-dit « La Petite Blanchetière » sur la commune de Paulx.
Devenu lui aussi cultivateur, Gustave Honoré n’effectue pas son service militaire. Il obtient dans un premier temps deux sursis pour cause de maladie avant de se voir reformé temporairement en janvier 1904 par la commission de réforme de Nantes en raison d’une entorse grave du genou due à une chute de cheval. Il est ensuite reformé n°2 par la commission spéciale de Nantes le 6 décembre 1904 pour cause de « déviation de sa jambe droite » Il se marie avec Anne Marie Angélina TENAUD le 12 juin 1906 à Paulx. Trois filles et deux garçons naissent de cette union. Gustave est maintenu reformé n°2 par la commission de réforme de Machecoul le 11 décembre 1914 puis dispensé définitivement de service le 28 mars 1917 en tant que père de 5 enfants. Il s’éteint le 24 août 1944 à Paulx à l'âge de 62 ans.
Marie Magdeleine Adélaïde s’unit le 12 juin 1906 à Paulx avec Jean François DESVERRONNIERES dont elle a 8 enfants. Elle meurt le 23 juillet 1963 au lieu-dit « La Pintière » sur la commune de Paulx, à l'âge de 80 ans.
Armand Auguste Joseph est appelé pour effectuer son service militaire dans les rangs du 12ème régiment d’artillerie de Besançon le 16 octobre 1907. Deux jours plus tard, il est dirigé vers l’Algérie. C’est à Oran qu’il fait ses classes avant d’être affecté à une des batteries d’artillerie casernées dans la ville. Il est ensuite désigné pour faire partie des colonnes qui partent en guerre de pacification contre les tribus rebelles du Maroc du 23 décembre 1907 au 22 septembre 1909. Armand est nommé premier canonnier conducteur le 2 janvier 1909. Revenu en Algérie le 23 septembre, il repart en métropole le 26 du même mois avant de passer dans la réserve de l’armée d’active le 1er octobre suivant. Après sa mobilisation en août 1914 dans les rangs du 35ème RAC de Nantes, Armand passe au 28ème RAC de Vannes le 1er avril 1917 puis au 214ème RAC de Tarbes le 28 juin suivant. Il est démobilisé le 31 mars 1919. Enfin libéré de toute obligation militaire, Armand reprend son métier de cultivateur avant de se marier le 9 septembre 1919 à Saint-Même-le-Tenu avec Marie Anne Thérèse RONCIN. De cette union naissent 2 filles et un garçon. Il meurt prématurément le 21 juillet 1935 à Paulx, à l'âge de 48 ans.
Henri Similien est lui aussi agriculteur. Il effectue son service militaire dans les rangs du 117ème RI qui tient casernement au Mans du 6 octobre 1909 au 4 septembre 1911. Henri est rappelé à l’activité le 3 août 1914. Après avoir reçu une blessure par balle qui lui occasionne la fracture de la clavicule droite, il est dans un premier temps classé dans le service auxiliaire par la commission de réforme de Nantes le 8 février 1916. Cette même commission le classe trois mois plus tard « bon pour le service armé avec changement d’arme » le 12 mai 1916. Henri est affecté au 111ème Régiment d’Artillerie Lourde (RAL) le 17 juin suivant. Il passe ensuite successivement au 102 ème RAL le 1er octobre 1917, puis au 130ème RAL le 1er mars 1918 et enfin au 108 ème RAL le 15 juin 1918. C’est dans les rangs de de ce régiment qu’il est démobilisé le 15 juillet 1919. Henri se marie le 18 mai 1926 à Paulx, avec Angèle Gabrielle Marie BOUCART dont il a 7 enfants, 5 filles et 2 garçons. Le 20 février 1934, il bénéficie officiellement d’une invalidité de 20% attribuée par la commission de réforme de Nantes en raison des séquelles de sa fracture qui provoquent une aggravation des craquements articulaires. Conseiller municipal de Paulx pendant plusieurs années, Henri s’éteint le 15 octobre 1974 dans ce même village au lieu-dit « la Valtière », à l'âge de 86 ans.
Clémentine Marie Augustine devient couturière. Elle épouse Jean-Marie Louis Joseph GARRIOU le 21 juin 1920 à Paulx à qui elle donne 5 enfants. Clémentine s’éteint le 17 janvier 1976 à Paulx à l'âge de 82 ans.
Ces sources fondamentales ont permis de vérifier et d'établir le récit de cette biographie.
Dans de nombreuses communes françaises, les monuments aux morts rappellent les noms des hommes tombés au combat. Gravés dans la pierre, ces noms constituent une trace durable du sacrifice consenti par toute une génération.
Apparus principalement à la suite de la Première Guerre Mondiale, ces tableaux mémoriels étaient réalisés à l’initiative des familles, des municipalités, des paroisses, des écoles, des entreprises ou des associations d’anciens combattants. Ils réunissaient les portraits photographiques des soldats morts pour la France, généralement présentés dans des médaillons ovales. Sous chaque photographie figuraient le nom du défunt et, parfois, son prénom, son régiment, son grade, son âge ou la date de sa disparition.
Donner un visage aux noms gravés dans la pierre
Le tableau d’honneur complétait le monument aux morts. Là où la pierre dressait une liste collective, les médaillons restituaient l’individualité de chaque disparu. Les habitants pouvaient reconnaître un fils, un frère, un époux, un voisin ou un ancien camarade d’école.
Ces portraits avaient une importance particulière pour les familles dont le corps du soldat n’avait jamais été retrouvé ou reposait loin de sa commune d’origine. La photographie devenait alors un véritable lieu de recueillement. Elle permettait de conserver une présence familière et de transmettre aux générations suivantes les traits de celui qui ne reviendrait pas.
Sur de nombreux médaillons, les soldats apparaissaient en uniforme, parfois photographiés avant leur départ pour le front. D’autres portraits provenaient de photographies civiles, adaptées ou intégrées dans une composition mémorielle. Chaque image constituait ainsi l’un des derniers témoignages visibles de leur existence.
Des œuvres fragiles et longtemps négligées
Les tableaux d’honneur étaient installés dans des lieux fréquentés par la population : mairies, écoles, églises, chapelles de cimetières, salles municipales, gares, ateliers ou sièges d’associations. Pendant plusieurs décennies, ils participèrent pleinement aux cérémonies commémoratives et à la transmission du souvenir.
Avec le temps, certains furent déplacés à l’occasion de travaux, remisés dans des greniers ou entreposés dans des bâtiments communaux. D’autres disparurent à la suite de démolitions, de changements d’affectation ou simplement par manque de vigilance. Les photographies, particulièrement fragiles, subirent l’humidité, la poussière, les rayures, les déformations et la décoloration.
Il arrive également que des tableaux soient démontés et que leurs médaillons soient dispersés. Privés de leur contexte historique, ces portraits peuvent alors réapparaître dans des brocantes, des ventes publiques ou sur des sites de vente en ligne. Ils deviennent des objets anonymes, alors qu’ils furent créés pour entretenir une mémoire collective.
Retrouver et préserver les médaillons disparus
La redécouverte d’un tableau d’honneur représente donc un véritable événement patrimonial. Elle nécessite souvent un important travail d’enquête afin d’identifier l’origine des portraits, de retrouver les soldats représentés et de comprendre l’histoire du tableau.
Les inscriptions portées sur les médaillons sont comparées aux noms figurant sur les monuments aux morts, aux fiches matricules militaires, aux actes d’état civil et aux documents conservés dans les archives. Les familles peuvent également apporter des photographies, des lettres ou des souvenirs permettant de confirmer une identification.
La restauration de ces ensembles demande beaucoup de précautions. Il ne s’agit pas de transformer les photographies, mais de préserver leur authenticité. Le nettoyage, la suppression des dégradations les plus importantes et la restitution des parties disparues doivent respecter les traits du visage, l’uniforme et la composition originale.
La numérisation permet désormais de sauvegarder les images en haute définition et de les rendre accessibles au public. Elle offre également la possibilité d’associer chaque portrait à une biographie, afin que le soldat ne soit plus seulement un visage ou un nom, mais retrouve une place dans l’histoire de sa commune.
M.M.C.G.
La très grande majorité de ces médaillons porte les quatre lettres « MMCG », correspondant à la Médaille Militaire et à la Croix de Guerre. Cette mention ne doit toutefois pas être considérée comme une preuve de l’attribution effective de ces décorations. L’étude d’une autre série de médaillons menée par Les Biographies du Pays de Retz a ainsi montré que seuls 15 % des soldats représentés avaient officiellement reçu à la fois la médaille militaire et la Croix de guerre. Certains ne bénéficiaient même pas de la mention « Mort pour la France ». Ces écarts entre les inscriptions figurant sur les médaillons et les documents officiels ne diminuent en rien le courage ni le sacrifice de ces hommes. Ils rappellent simplement que ces objets mémoriels furent souvent conçus dans une intention symbolique et commémorative, davantage que dans un souci de stricte exactitude administrative.
Le tableau d’honneur de Paulx
La commune de Paulx conserve un remarquable ensemble de vingt médaillons représentant des soldats morts pour la France. Leur histoire demeure toutefois incertaine. Selon la version communément rapportée, ils auraient autrefois été exposés dans la chapelle du cimetière avant de disparaître à une date indéterminée. Aucun témoignage ne permet cependant de confirmer précisément cette présence : plusieurs anciens habitants de la commune affirment notamment ne les avoir jamais vus dans la chapelle.
En juin 2022, les portraits réapparurent dans l’inventaire d’une salle de vente de la région nantaise. Grâce à l’intervention du Souvenir Français et aux démarches entreprises auprès des vendeurs, les médaillons purent être récupérés et rendus à la commune.
Ces médaillons ne représentent qu’une partie des hommes de la commune disparus pendant la Grande Guerre, puisque 80 noms sont inscrits sur le monument aux morts de Paulx. Leur retour permet néanmoins de redonner un visage à vingt d’entre eux et de rappeler l’importance de protéger ces témoignages particulièrement vulnérables.
Un patrimoine à transmettre
Les tableaux d’honneur à médaillons sont bien davantage que de simples assemblages de photographies anciennes. Ils témoignent du deuil des familles, de la reconnaissance des communes et de la volonté de conserver le souvenir de ceux qui ont donné leur vie pour la France.
Chaque portrait sauvé de l’oubli permet de recréer un lien entre le nom inscrit sur un monument et l’homme qui le portait. Préserver ces tableaux, les restaurer, les documenter et les présenter au public constitue donc une œuvre essentielle de transmission.
Un siècle après leur création, les médaillons continuent d’accomplir leur mission : rappeler que derrière les longues listes de morts se trouvent des destins individuels, des regards et des visages qui appartiennent toujours à la mémoire collective.
Sources : ministère de la Culture ; Jean-Luc Bruzulier, étude consacrée aux tableaux à médaillons photographiques ; bulletin municipal de Paulx, 2023.