LEGRAND Eugène Jean Marie
La Bernerie
1883 - 1918
402ᵉ régiment d'infanterie
Mort pour la France
Le père d'Eugène est tonnelier tandis que sa mère est cultivatrice. Ils demeurent à la Patorie commune de La Bernerie.
Lors d’un premier mariage, leur père a eu une fille Rosalie née en 1862. Le couple a une fille, Marie, née en 1877.
Eugène est né le 13 janvier 1883 à La Bernerie.
Il se marie en 1907.
Il est mobilisé le 11 août 1914 au 65ème régiment d'infanterie.
Il est fait prisonnier le 29 septembre 1915.
Rapatrié malade d'Allemagne, il décède le 28 août 1918 à la Bernerie.
Eugène est né le 13 janvier 1883 à La Bernerie. Ses cheveux sont châtains comme ses yeux et il mesure 1m69
Eugène se marie le 1er octobre 1907 à La Bernerie avec Marie Alexandrine GUÉRIN. Il est jardinier tandis que son épouse est tailleuse. De leur mariage naît Anne Marie Eugénie Bernadette le 12 septembre 1910 à la Bernerie.
Il ne fait pas son service militaire en 1903 car son frère Pierre est déjà en service. Eugène est incorporé au 25ème régiment d’infanterie à Laval le 14 novembre 1904. Le certificat de bonne conduite lui est accordé. Il est libéré le 23 septembre 1905.
Il accomplira des périodes d’exercices au 65ème régiment d’infanterie de Nantes du 21 août au 17 septembre 1908 puis, du 22 avril au 8 mai 1913.
Eugène est mobilisé à Nantes le 11 août 1914 au 65ème régiment d’infanterie, le régiment emblématique de la cité des Ducs, composé majoritairement de Bretons et de Vendéens.
La réalité de la guerre frappe très vite. Envoyé en Belgique, le régiment connaît son baptême du feu le 22 août 1914 à Maissin. C'est un choc brutal : des combats au corps-à-corps furieux dans les bois, suivis d'une retraite précipitée.
Après la terrible retraite qui mène les hommes jusqu'à Fère-Champenoise, Eugène participe à la décisive Bataille de la Marne (6-13 septembre 1914) qui sauve Paris. L'automne et l'hiver 1914-1915 marquent le début de l'enlisement et de la guerre des tranchées.
Le 65ème RI est envoyé dans la Somme, dans des secteurs qui deviendront tristement célèbres : La Boisselle, Beaumont-Hamel, Auchonvillers. Eugène y endure son premier hiver de guerre dans la boue, sous les tirs de mines et les assauts localisés meurtriers pour reprendre quelques mètres de terrain.
C'est un soldat déjà aguerri et survivant de l'hécatombe des premiers mois qui est transféré, le 10 mai 1915, au tout nouveau 402ème RI
Ce régiment de nouvelle formation, créé officiellement le 12 mai 1915, rassemble des soldats venus de divers dépôts de l'Ouest (Nantes, Quimper, Lorient). Eugène s'y entraîne durant l'été au camp de la Valbonne avant d'être envoyé sur le front de Champagne.
Comme son camarade François CHIFFOLEAU, Eugène est plongé dans l'enfer de l'offensive de Champagne. Tous deux ont combattu et sont tombés (l'un tué, l'autre pris) le même jour, au même endroit, dans le même régiment. Le 29 septembre 1915, leur régiment attaque vers la «tranchée des Fentes» et les bois J-11 et J-13, sous une pluie battante et dans la boue. C'est une journée noire pour le 402e RI qui perd plus de 1 500 hommes, la grande majorité portée «disparus». Eugène ne meurt pas ce jour-là : il est encerclé et fait prisonnier par les Allemands.
L'article de l'Echo de Paimboeuf nous apprend qu'Eugène a tenté de s'évader, en vain.
Sa captivité dure près de trois ans. Malade (probablement atteint aux poumons, comme beaucoup de captifs), il bénéficie d'un accord humanitaire permettant l'internement en Suisse des prisonniers dont l'état de santé est critique.
Il est transféré à Leysin (Vaud), célèbre station sanatoriale suisse qui accueillait les soldats tuberculeux des deux camps pour les soigner au grand air.
Leysin en Suisse était un "havre de paix" pour les soldats malades.
Il est interné à Rez-Lez et rapatrié venant de Leysin (Suisse).
Il arrive au dépôt de transition des isolés à Nantes le 9 juillet 1918. Il est placé en congé de convalescence pour 3 mois à compter du 11 juillet.
Revenu parmi les siens à La Bernerie, Eugène ne survit que quelques semaines à sa libération. Il s'éteint le 28 août 1918, «Mort pour la France» des suites de sa captivité, deux mois avant l'Armistice.
Il décède le 28 août 1918 d’une tuberculose pulmonaire contractée en service.
Eugène LEGRAND à été inhumé à La Bernerie le 29 août 1918.
Hommage à La Bernerie :
Inscrit sur le monument aux morts.
Inscrit sur le Livre d'or du ministère des pensions.
Inscrit sur les Plaques commémoratives - Église Notre-Dame-du-Bon-Secours.
Anne, la fille d’Eugène, est adoptée par la Nation le 21 novembre 1919 Elle décède en 1941.
Eugène et Anne était inhumés ensemble au cimetière de La Bernerie.
Son frère Pierre est mort pour la France le 13 avril 1915.
Sources primaires et documentation
Ces sources fondamentales ont permis de vérifier et d'établir le récit de cette biographie.
Sur l'acte de naissance d'Eugène, il a été porté une mention de décès en 1953. Il s'agit bien sûr d'une erreur.
La situation des prisonniers de guerre de la Première Guerre mondiale en Allemagne est un aspect du conflit peu abordé par la recherche historique. Le nombre de soldats faits prisonniers au cours de la guerre de 1914-1918 s’est pourtant élevé à un peu plus de sept millions pour l’ensemble des belligérants dont environ 2 400 000 par l’Allemagne.
Dès 1915, les autorités allemandes ont mis en place un système de camps, près de trois cents en tout, n'hésitant pas à recourir à la dénutrition, aux punitions et au harcèlement psychologique et a l’enfermement.
Le nombre des prisonniers augmente très rapidement. De février à août 1915, il est passé de 652 000 à 1 045 232. En août 1916, il est de 1 625 000 pour atteindre 2 415 000 en octobre 19183 dont 1 400 000 Russes, 535 000 Français et 185 000 Britanniques.
Le tsar Nicolas II est à l’origine des deux conférences qui fixent les termes des lois et coutumes de la guerre à La Haye en 1899 puis en 1907.
Les principaux pays de la Triple Entente et de la Triple Alliance signent la convention, à l’exception de l’Empire ottoman qui ne figure pas parmi les quarante-quatre signataires de 1907. Les stipulations de la Haye entrent en application dans l’Empire allemand et en France le 26 janvier 1910. Mais ces conventions s'avèrent inadaptées face à l’ampleur de la Première Guerre mondiale. En octobre 1918, le nombre de prisonniers retenus en Allemagne s’élève à 2 415 043 , et une telle masse d'hommes entraîne l’impossibilité pour un pays en guerre de respecter totalement les conventions dans ses moindres détails. Durant le conflit, des accords spéciaux entre pays belligérants sont conclus afin de pallier ces difficultés et en 1929, un nouveau texte viendra amender les dispositions réglementaires applicables.