D'après les données publiées par Émile Gabory en 1923
Au début de la Première Guerre Mondiale, Saint-Viaud compte 1 496 habitants. La mobilisation entraîne le départ de 282 hommes, dont 69 ne reviendront pas, soit 4,60 % de la population communale, un tribut particulièrement lourd pour cette commune du Pays de Retz.
La municipalité est dirigée par Jollan de Clerville, président du Conseil général de la Loire-Inférieure et maire. En raison de la mobilisation du secrétaire de mairie, Camille Plaud, les fonctions administratives sont assurées par l'adjoint Aimé Bigeard, illustrant l'adaptation des institutions locales face aux exigences de la guerre.
Comme dans de nombreuses communes, l'école et la paroisse poursuivent leur mission malgré l'absence de plusieurs de leurs membres. Le clergé est réorganisé avec le remplacement du curé, tandis que les établissements scolaires continuent à fonctionner grâce aux instituteurs et institutrices restés en poste.
Saint-Viaud participe également à l'effort de solidarité nationale. Le conseil municipal accorde une subvention de 100 francs à l'Union des Mutilés de guerre et la commune accueille 90 réfugiés. À partir de juillet 1917, elle connaît une présence militaire alliée importante avec l'installation de troupes américaines, qui demeurent jusqu'en 1920 pour assurer le fonctionnement du camp d'aviation de la Marine française. Cette présence marque durablement la vie locale et témoigne du rôle stratégique du secteur à la fin du conflit.
La guerre touche profondément les familles. Le concours de « La Plus Grande Famille » distingue la famille Charpentier, du Moulin-Neuf, qui compte sept fils et gendres sous les drapeaux, dont l'un est tué au combat, symbole des sacrifices consentis par les foyers de la commune.
Les états de service des mobilisés de Saint-Viaud sont particulièrement remarquables. Quarante soldats sont cités à l'ordre de l'armée ou de leur unité, plusieurs à deux ou trois reprises, parmi lesquels Joseph Guillou, André Mabileau, Pierre Maurice, Jean-Marie Loirat, Paul Véry ou encore Ferdinand Vincent. En outre, douze militaires reçoivent la Médaille militaire, l'une des plus prestigieuses décorations françaises attribuées aux sous-officiers et soldats pour leur bravoure.
Par l'importance de ses pertes, son engagement dans l'accueil des réfugiés, la présence des forces américaines et le nombre élevé de ses soldats décorés, Saint-Viaud illustre pleinement la contribution des communes rurales du Pays de Retz à l'effort de guerre et le lourd héritage laissé par le conflit dans la mémoire locale.
D'après : Émile Gabory, Les Enfants du Pays Nantais - Livre d'Or, 1923.
Les biographies actuellement disponibles pour cette commune sont présentées ci-dessous.
Note : Le symbole [2] après le nom d'un soldat indique que celui-ci est honoré dans deux communes différentes (par exemple : commune de naissance et commune de domicile).
GRASSINEAU Constant Jean Marie — Soldat 2ème Classe au 153 RI — ✝ 18 juin 1915, Neuville-Saint-Vaast