D'après les données publiées par Émile Gabory en 1923
À la veille de la Première Guerre mondiale, Corsept compte 990 habitants. Parmi eux, 168 hommes sont mobilisés et 27 meurent pour la France, soit 2,66 % de la population. Un lourd tribut pour cette petite commune rurale du Pays de Retz.
Pendant toute la durée du conflit, Corsept participe activement à l’effort de guerre. Le conseil municipal contribue à l’emprunt de la Défense nationale, soutient les orphelins de guerre et les prisonniers, puis vote en 1919 une première somme de 700 francs pour l’érection d’un monument aux morts. Lors de sa session du 20 juillet 1919, il rend solennellement hommage aux 27 enfants de la commune tombés au champ d’honneur, affirmant sa volonté de transmettre leurs noms et leur sacrifice aux générations futures.
La solidarité s’exerce également envers les 56 réfugiés accueillis à Corsept. La municipalité consacre 1 179 francs à leur logement et à leur entretien, tandis que les habitants leur fournissent légumes et bois de chauffage. Les liens noués sont parfois durables : deux mariages sont célébrés entre des réfugiés et des habitants de la commune.
Les différentes journées organisées au profit des œuvres de guerre permettent de recueillir 738,70 francs. Une souscription en faveur des soldats blessés rapporte encore 655,25 francs, accompagnés d’une importante quantité de linge. Le 13 avril 1915, Corsept envoie également 17 barriques de vin aux soldats du front, tandis que des habitantes confectionnent bénévolement 79 paires de chaussettes destinées aux poilus.
À l’arrière, la mobilisation des hommes bouleverse profondément le travail des campagnes. Vingt-six équipes de soldats viennent prêter main-forte dans les exploitations agricoles et travaillent aux côtés des familles des mobilisés. Grâce à cette entraide, toutes les terres peuvent être cultivées et la commune continue de répondre aux besoins de l’Intendance malgré les privations de sucre et de pain.
Certaines familles sont particulièrement éprouvées. À Bonnelais, la famille Gouard voit partir le père puis ses deux fils, dont l’un ne revient pas. Aux Mulottais, François Chéraud et son fils se retrouvent simultanément sous les drapeaux. À travers ces destins, c’est toute une petite communauté qui participe à l’effort de guerre et supporte pendant plus de quatre années les absences, les privations et les deuils.
D'après : Émile Gabory, Les Enfants du Pays Nantais - Livre d'Or, 1923.
Les biographies actuellement disponibles pour cette commune sont présentées ci-dessous.
MAILLARD Auguste Marie Eugène — Soldat 2ème Classe au 265 RI — ✝ 3 septembre 1916, Deniécourt - Estrées
Note : Le symbole [2] après le nom d'un soldat indique que celui-ci est honoré dans deux communes différentes (par exemple : commune de naissance et commune de domicile).