D'après les données publiées par Émile Gabory en 1923
Au début de la Grande Guerre, Bouguenais compte 3 796 habitants. La commune mobilise 672 hommes et déplore la perte de 144 d'entre eux, soit 3,75 % de sa population.
Dès les premiers mois du conflit, la municipalité et les habitants se mobilisent activement pour soutenir l'effort de guerre. Une subvention est accordée au Souvenir Français pour l'entretien des tombes des militaires, tandis qu'une importante souscription, abondée par les ouvriers de l'établissement national d'Indret, permet de réunir plus de 33 700 francs en faveur des victimes de la guerre. Un comité de secours est constitué pour répartir ces aides. La commune accueille également 133 réfugiés et héberge des troupes américaines de septembre 1918 jusqu'en 1919.
L'engagement des habitants se manifeste aussi par de nombreuses initiatives locales. À la Basse-Motte, Mme Déan de Saint-Martin ouvre et entretient à ses frais un hôpital de convalescence qui accueille, entre octobre 1914 et avril 1915, quarante-cinq sous-officiers et soldats blessés ou épuisés du 91ème régiment d'infanterie.
Malgré l'absence de nombreux hommes mobilisés, les exploitations agricoles continuent à être cultivées grâce aux efforts des familles restées sur place. L'exemple de Mme veuve Marchand, distinguée par la Société d'agriculture de la Loire-Inférieure pour son dévouement, illustre cette mobilisation du monde rural.
Enfin, plusieurs familles de Bouguenais paient un lourd tribut à la guerre tout en voyant un nombre exceptionnel de leurs membres partir sous les drapeaux. Les familles Duteil, Ferré, Boju, Ordrenneau et Redor comptent jusqu'à sept fils ou gendres mobilisés, certaines perdant plusieurs des leurs. Leur engagement leur vaut d'être récompensées lors du concours de «La plus Grande Famille».
Ainsi, Bouguenais illustre l'implication d'une commune profondément marquée par la guerre, où la solidarité, l'engagement des habitants et le sacrifice des familles accompagnent l'effort militaire de ses nombreux mobilisés.
D'après : Émile Gabory, Les Enfants du Pays Nantais - Livre d'Or, 1923.
Les biographies actuellement disponibles pour cette commune sont présentées ci-dessous.
BRIN Georges Jules — Caporal au 144 RI — ✝ 17 octobre 1914, Angoulême