LERAY Augustin Elphège dit « Auguste »
Chauvé
1888 - 1916
65ᵉ régiment d'infanterie
Mort pour la France
Auguste est né le 8 janvier 1888 à Chauvé.
Il se marie en 1913 et a un fils.
Il est mobilisé le 3 août 1914.
Il intègre le 65e en fin d’année 1916.
Il combat au Chemin des Dames et est blessé en mai 1917.
Il est à nouveau blessé le 9 juillet 1917.
Il décède de ses blessures le 25 août 1917.
Il est inhumé à Chauvé aux côtés de son beau-frère, Pierre MARIOT.
Son père, Honoré LERAY, tonnelier, épouse Anne BOUYER, cultivatrice, en 1883 à Chauvé où ils sont nés tous les deux.
Le couple a trois enfants : Martin né en 1885, Augustin né en 1888 et Michel né en 1890. Ils sont tous les trois nés à Chauvé.
Augustin (que son père surnomme Auguste) est donc né le 8 janvier 1888 dans le bourg de Chauvé.
En 1909, Auguste est tonnelier à Chauvé comme son père. Il effectue son service militaire à la 20ème Section de Commis et Ouvriers Militaires d’Administration (SCOMA) . Il obtient le certificat de bonne conduite.
Auguste est brun au yeux gris et mesure 1,76m.
Il participe à la campagne d’Algérie puis dans la région saharienne du 15 octobre 1909 au 20 septembre 1911. Il est libéré de ses obligations militaires le 25 septembre 1911.
Il se marie à Chauvé le 24 novembre 1913 avec Henriette Marie Gabrielle MARIOT, née également en 1888. Elle est tailleur à Chauvé. De cette union, naît un garçon, Auguste Pierre Marie, le 26 août 1914 à Chauvé.
Auguste est mobilisé le 3 août 1914 à la SCOMA.
Le 6 novembre 1916, Auguste intègre le 65e régiment d’infanterie de Nantes. Ce régiment, surnommé le régiment des « Vendeurs de Gorets» , est déjà au front depuis plus de deux ans et s'est illustré partout : dans les Ardennes, à Maissin en Belgique, puis lors de la Bataille de la Marne, à Hébuterne et à La Ferme du Touvent. En ce mois de novembre 1916, lorsque Auguste arrive, le 65e tient le secteur glacial de Verdun.
Au printemps 1917, le régiment est jeté dans la fournaise du Chemin des Dames. Auguste participe à cette bataille tristement célèbre qui durera d'avril à octobre 1917. Aujourd’hui encore, on ignore le bilan exact de ces combats. Le nombre de combattants, de toutes nationalités, tués sur ces crêtes oscille entre 100 000 et 200 000. Une grande étude est toujours en cours pour recenser l’ensemble des victimes. C'est aussi là que l'armée française vacille : le Chemin des Dames a connu des mutineries. Les tribunaux militaires ont prononcé 3427 condamnations dont 554 à mort. Pétain refusa à sept reprises de transmettre les dossiers de recours en grâce et 43 mutins furent exécutés pour l'exemple.
Auguste paie le prix du sang à plusieurs reprises. Le 6 mai 1917, au lendemain d'un assaut violent du régiment, il est blessé par un éclat d’obus au bras gauche devant Paissy. À peine remis, il retourne au combat. Le régiment est déplacé vers le secteur de Saint-Quentin en juillet. Là encore, la violence des bombardements ne l'épargne pas : il est de nouveau blessé le 9 juillet 1917 à l’abdomen, au bras droit et au cuir chevelu.
À la fin de l'été, le 65e RI stationne autour de Cugny et mène des opérations offensives locales (coups de main et émissions de gaz) pour harceler les lignes allemandes devant Saint-Quentin. Lors de ces combats d'usure, Auguste est une nouvelle fois touché, très grièvement. Évacué vers l'arrière, Auguste est « Mort pour la France » le 25 août 1917 à l'ambulance, des suites de ses blessures à l’abdomen reçues au combat de Cugny (Aisne).
La dépouille d'Auguste fait partie du convoi des corps restitués arrivés à Nantes le 11 décembre 1921. Il est inhumé le 18 décembre 1921 dans le cimetière de Chauvé avec son beau-frère, Pierre MARIOT également mort pour la France le 4 mars 1916.
Le 11 novembre 2025, la commune de Chauvé a rendu hommage à 7 soldats tombés dans l'oubli.
La tombe des soldats Auguste LERAY et Pierre MARIOT a été restaurée dignement.
Une plaque mémorielle a été placée sur le mur, derrière la tombe, pour ramener à la lumière les noms de 5 soldats morts pour la France placés en ossuaire communal : Pierre GOBIN, Joseph LERAY, Martin LERAY, Fernand MARIOT et Joseph PORCHER.
Pierre repose aujourd'hui en terre natale, dans le carré militaire du cimetière de Chauvé (Tombe n° AC1). Sa sépulture, entretenue par le Souvenir Français, permet à chacun de venir lui rendre hommage. Pour ne pas oublier.
"Sous la mousse et le temps, le souvenir attendait qu’on le réveille. Les pas s’approchent, la main effleure la terre du silence. La terre livre peu à peu les noms effacés de deux soldats. Les outils s’animent, les cœurs se rassemblent. Un souffle nouveau passe entre les stèles réparées. Les fleurs prennent racine, comme les âmes qu’elles honorent. L’horizon s’éclaire d’une paix retrouvée. Sous le soleil, la sépulture resplendit d’un respect retrouvé. Le silence s’impose, vibrant d’émotion partagée. L’hommage s’élève, simple, collectif, éternel."
Hommage à Chauvé :
Monument aux morts.
Livre d'Or des Pension.
On ne connaît pas la date ni le lieu de décès de ses parents.
Henriette, son épouse , décède en 1943 à Chauvé à l'âge de 54 ans. Elle est inhumée à Chauvé le 17 mars 1943.
Son fils Auguste est adopté par la Nation le 29 octobre 1919. Il se marie à Arthon en 1946 avec Clémentine GAUTIER. Le couple a deux enfants. Auguste, secrétaire de mairie, décède en 1985 à Fay-De-Bretagne.
Martin, le grand frère, épouse Victoire AUDION en 1912 à Arthon. Le couple a une fille, Joséphine, née en août 1918. Martin est tué à l’ennemi, mort pour la France, le 18 juillet 1918 à Villers-Hélon dans l’Aisne, un mois avant la naissance de sa fille.
Michel, le petit frère, est aussi mobilisé. Il est sergent, blessé à deux reprises, cité à l’ordre de la brigade puis à l’ordre de la division et décoré de la Médaille militaire. Il se marie en 1920 à Arthon – La Sicaudais avec Marie AUDION née en 1896 (Marie est la sœur de Victoire, l’épouse de Martin). Ils ont une fille, Marie Emilienne Augustine LERAY née en 1921 à Chauvé. Elle décède le 21 février 1956 à Chauvé à l'âge de 34 ans.
Sources primaires et documentation
Ces sources fondamentales ont permis de vérifier et d'établir le récit de cette biographie.
L'année 1917 marque un tournant dans la Première Guerre mondiale avec l'émergence de vastes mouvements de désobéissance au sein de l'armée française. Ces mutineries, loin d'être des actes isolés, reflètent une profonde crise de confiance et de lassitude face à une guerre interminable et coûteuse en vies humaines.
L’échec de l'offensive Nivelle lancée en avril 1917 au Chemin des Dames, censée être décisive, s'avère un désastre humain. Les soldats, confrontés à des pertes considérables, perdent confiance en leur commandement.
Les conditions de vie dans les tranchées, marquées par la promiscuité, la fatigue et le danger constant, génèrent un sentiment de révolte. Après trois ans de guerre, les soldats sont épuisés physiquement et moralement. L'absence de perspective de paix contribue à accentuer leur mécontentement.
Les événements en Russie, où la population s'est révoltée contre le tsar, ont pu inspirer certains soldats.
Les mutins ne cherchent pas à renverser le régime mais expriment leur désaccord avec la conduite de la guerre. Leurs revendications portent sur l’amélioration des conditions de vie, la fin des offensives suicidaires et une meilleure reconnaissance de leur sacrifice.
Si le gouvernement a réprimé les mutineries, la répression a été limitée. La crainte d'une déstabilisation plus profonde a poussé les autorités à privilégier la réconciliation. Les mutineries de 1917 ont forcé le haut commandement à revoir ses méthodes. Pétain, nommé commandant en chef, met en place de nouvelles stratégies et améliore les conditions de vie des soldats. Ces mesures contribuent à rétablir le moral des troupes.
Les mutineries de 1917 constituent un événement majeur de la Première Guerre mondiale. Elles témoignent de la capacité des soldats à exprimer leur mécontentement face à une guerre qui les dépasse. Ces mouvements de désobéissance ont forcé les autorités à prendre en compte les souffrances des combattants et à adapter leur stratégie militaire.
Source : Service éducatif de la Caverne du Dragon