CHAUVELON Eugène Denis
Chéméré
1880 - 1914
265ᵉ régiment d'infanterie
Mort pour la France
Leur père, Denis Auguste CHAUVELON, est né le 30 octobre 1852 au lieudit « Les Bêchis » à Chéméré. Son père était alors « laboureur » et sa mère, « cultivatrice »
Marie Constance Julie CHAUVELON, qui porte donc le même nom de famille que son futur époux, est, quant à elle, née le 4 mars 1859 au lieudit « La Biche » à Chéméré également. Son père était alors « laboureur » et sa mère « cultivatrice ».
Ils se marient le 16 juin 1878 à Chéméré. Denis est cultivateur avec sa mère à « La Biche » et Marie est également cultivatrice avec sa mère à « La Biche »
Les deux époux ont eu huit enfants : Eugène Denis né en 1880, Adèle Marie née en 1881, Marie Anne Louise née en 1883, Raymond Désiré née en 1887, Eléonore Eugénie née en 1889, Martin Louis né en 1891, Edouard François né en 1894 et Joseph Auguste né en 1896. Les cinq garçons partent à la guerre. Seulement deux vont revenir...
Trois frères sont Morts pour la France.
Les archives à notre disposition nous ont permis de mettre en lumière le destin tragique de trois de ces enfants : Eugène Denis, Martin Louis et Joseph Auguste.
Eugène Denis est né le 4 avril 1880 au lieudit « La Biche » à Chéméré. Son père est cultivateur et sa mère cultivatrice. Il a les cheveux châtains, les yeux verts et mesure 1,56m.
En 1901, Eugène effectue son service militaire au 65ème régiment d'Infanterie de Nantes. Il est libéré de ses obligations en 1902.
Il a les cheveux châtain, les yeux verts et mesure 1,56m.
Rappelé à l'activité lors de la mobilisation générale, Eugène rejoint le 265ème régiment d'infanterie le 21 août 1914. Il intègre une unité composée de « gars solides de Bretagne et de Vendée », partis avec un moral élevé pour défendre la patrie.
Lorsqu'Eugène arrive, le régiment a déjà quitté Nantes. Après avoir participé à la défense de Paris, le 265ème RI est jeté dans la bataille de la Marne du 6 au 13 septembre 1914, près de Fère-Champenoise.(Cette bataille fera 21.000 morts) mais aussi dans la bataille de l'Ourcq début septembre.
C'est à la mi-septembre 1914 que le destin d'Eugène se noue. Le régiment atteint la vallée de l'Aisne et le secteur de Moulin-sous-Touvent. L'espoir d'une victoire rapide s'efface pour laisser place à une réalité brutale : la guerre de position.
Les conditions de vie deviennent épouvantables. Le récit du régiment décrit des soldats « las, qui ont froid », trempés par la pluie le jour et gelés la nuit, n'arrivant pas à sécher leurs vêtements couverts de boue. Le ravitaillement arrive mal, et les hommes doivent parfois déterrer des pommes de terre dans les champs sous le feu pour se nourrir.
Le secteur de Moulin-sous-Touvent, où Eugène est blessé, est le théâtre d'affrontements violents, notamment le 20 septembre où le régiment subit une attaque surprise à l'aube. Par la suite, les positions se figent et les hommes creusent les premières tranchées sous les obus.
En octobre, le régiment stationne dans la région de Bitry et continue d'organiser le secteur face à Moulin-sous-Touvent, subissant des bombardements réguliers.
On peut lire dans le journal des marches de ce régiment : « 27 octobre 1914 : La tranchée du mamelon est en partie détruite par 3 ou 4 obus qui tombent sur elle. Vers 16h une attaque est tentée par une compagnie allemande, sur ce point, elle est repoussée. Nous avons eu dans la journée 12 morts et 25 blessés… »
Eugène est blessé au Combat de Moulin-Sous-Touvent et meurt de ses blessures le 27 octobre 1914 à l’âge de 34 ans.
C'est dans ce contexte de « guerre d'usure » naissante, entre la boue des tranchées de l'Aisne et le feu de l'artillerie allemande, qu'Eugène a été tué à l'âge de 34 ans.
Ses camarades de régiment, pour honorer leurs morts dans ce secteur (Moulin-sous-Touvent, Bitry), ont commencé très tôt à ériger des monuments et des croix en pierre blanche, créant une tradition du souvenir au sein du 265ème.
Le corps d'Eugène CHAUVELON a été restitué à la famille. Les obsèques ont eu lieu à Chéméré le 2 mai 1921 le même jour que Louis BRUNETEAU comme le rapporte L'Echos de Paimboeuf daté du 8 mai 1921. Eugène est inhumé dans la tombe familiale.
Hommage à Chéméré :
Inscrit sur le monument aux morts.
Inscrit sur le Livre d'Or du ministère des pensions.
Raymond a effectué son service militaire au 14ème régiment de hussards et y a obtenu son certificat de bonne conduite.
Mobilisé le 3 août 1914, Raymond est soldat, intégré au 51ème régiment d’artillerie. Durand la guerre, il changera plusieurs fois de régiment. Il participe à la seconde bataille de l’Artois. Il sera ensuite de la campagne de la Lorraine à la Champagne entre mars et juillet 1916, Apremont puis viendront l’enfer de Verdun, les Eparges… Son dossier militaire ne fait état d’aucune blessure ni décoration. Il est démobilisé en mars 1919.
Raymond se marie en 1922 et a des enfants. Il décède en 1953 à Chéméré.
Martin est mort pour la France le 1ee septembre 1914, disparu au combat.
Edouard intègre le 5ème régiment d’artillerie de campagne le 3 août 1914. Il vient tout juste d’avoir 20 ans. Il est canonnier-conducteur. Il tombe malade le 4 août 1915 . Il est donc réformé. Il se marie et a des enfants. Il décède en 1974 à Sainte-Pazanne.
Joseph est mort pour la France le 3 février 1918.
Ces sources fondamentales ont permis de vérifier et d'établir le récit de ces biographies.
D'autres fratries que celle des frères Chauvelon ont été touchées par la première guerre mondiale. Par exemple, les frères Jardot, natifs du Territoire de Belfort, fratrie de cinq soldats français, sont tous tués entre septembre 1914 et juin 1915 et déclarés morts pour la France. Quatre sont tués à l'ennemi. Ils sont l'une des trois fratries françaises ayant officiellement eu cinq tués durant le conflit. Toutefois, beaucoup de membres de familles nombreuses ont dû être mobilisés et il est probable que le nombre de ces grandes familles décimées soit plus important. Au moins une fratrie française a compté six tués : les frères Ruellan de Paramé, un quartier de Saint-Malo.
Source : André Ducasse, Jacques Meyer et Gabriel Perreux, Vie et Mort des Français, 1914-1918, Hachette, 1960