CHAUVELON Joseph Auguste
Chéméré
1896 - 1918
411ᵉ régiment d'infanterie
Morts pour la France
Leur père, Denis Auguste CHAUVELON, est né le 30 octobre 1852 au lieudit « Les Bêchis » à Chéméré. Son père était alors « laboureur » et sa mère, « cultivatrice »
Marie Constance Julie CHAUVELON, qui porte donc le même nom de famille que son futur époux, est, quant à elle, née le 4 mars 1859 au lieudit « La Biche » à Chéméré également. Son père était alors « laboureur » et sa mère « cultivatrice ».
Ils se marient le 16 juin 1878 à Chéméré. Denis est cultivateur avec sa mère à « La Biche » et Marie est également cultivatrice avec sa mère à « La Biche »
Les deux époux ont eu huit enfants : Eugène Denis né en 1880, Adèle Marie née en 1881, Marie Anne Louise née en 1883, Raymond Désiré née en 1887, Eléonore Eugénie née en 1889, Martin Louis né en 1891, Edouard François né en 1894 et Joseph Auguste né en 1896. Les cinq garçons partent à la guerre. Seulement deux vont revenir...
3 trois frères sont Morts pour la France.
Les archives à notre disposition nous ont permis de mettre en lumière le destin tragique de trois de ces enfants : Eugène Denis, Martin Louis et Joseph Auguste.
Joseph Auguste est né le 16 mars 1896 au lieudit « La Biche » comme ses autres frères. Ses parents sont toujours cultivateurs. Il a les cheveux châtains, les yeux noirs et mesure 1,63m.
Joseph rejoint le 411ème Régiment d'Infanterie le 8 avril 1915. Il intègre une unité qui vient tout juste d'être créée (le 20 mars), constituée d'un mélange de « Bretons et de Vendéens » aguerris et de « gars du Nord ». Joseph arrive au moment où le régiment parfait son instruction au camp de La Courtine. L'ambiance est décrite comme disciplinée et ardente ; ces jeunes soldats sont impatients de montrer qu'ils valent leurs aînés.
Contrairement à son frère Eugène, plongé immédiatement dans la tourmente de 1914, Joseph débute la guerre dans un secteur relativement « calme » près de Reims (Taissy, Sillery) à partir d'avril 1915. Les hommes s'y habituent à la vie de tranchée, dormant sous des toiles de tente, creusant des abris et effectuant des patrouilles de nuit.
Cependant, l'hiver 1916 change la donne : le régiment est déplacé vers le secteur de Beauséjour. Là, Joseph découvre la vraie misère du fantassin : la plaine crayeuse, la boue gluante et blanche qui rend la marche pénible, et les boyaux inondés.
C'est en mai 1916 que la guerre de Joseph bascule dans l'horreur. Le régiment est envoyé à Verdun, vers la redoutable Cote 304 et le « Ravin de la Mort ».
L'historique du régiment décrit une épreuve surhumaine : sous un bombardement incessant qui écrase les tranchées, les hommes vivent terrés dans des trous d'obus, au milieu des débris et des cadavres qu'ils ne peuvent pas enterrer. Ils sont « torturés par la soif », l'air est irrespirable à cause de la fumée et de la poussière, et le ravitaillement n'arrive plus.
L'hiver suivant, toujours à Verdun (secteur Louvemont), les conditions climatiques sont terribles : le pain arrive gelé, et les hommes pataugent dans une boue épaisse « jusqu'à mi-corps ».
Joseph participe aux grandes offensives de la fin de la guerre. Il connaît les attaques au gaz sur la Cote 344 en août 1917, puis la poursuite de l'ennemi en 1918 dans l'Oise et jusqu'au canal de la Sambre.
Joseph décède des suites de blessures le 3 février 1918 à l’hôpital complémentaire N° 8 de Troyes dans l’Aude à l’âge de ses 21 ans.
Le corps de Joseph CHAUVELON est resté sur les lieux des combats. Il est inhumé avec tous ses camarades à la Nécropole Nationale de la Ferme de Suippes Carré 14-18 Tombe 655.
Hommage à Chéméré :
Inscrit sur le monument aux morts.
Inscrit sur le Livre d'Or du ministère des pensions.
Eugène est mort pour la France le 27 octobre 1914. Il est le seul à être inhumé dans sa terre natale.
Raymond a effectué son service militaire au 14ème régiment de hussards et y a obtenu son certificat de bonne conduite.
Mobilisé le 3 août 1914, Raymond est soldat, intégré au 51ème régiment d’artillerie. Durand la guerre, il changera plusieurs fois de régiment. Il participe à la seconde bataille de l’Artois. Il sera ensuite de la campagne de la Lorraine à la Champagne entre mars et juillet 1916, Apremont puis viendront l’enfer de Verdun, les Eparges… Son dossier militaire ne fait état d’aucune blessure ni décoration. Il est démobilisé en mars 1919.
Raymond se marie en 1922 et a des enfants. Il décède en 1953 à Chéméré.
Martin est mort pour la France le 1ee septembre 1914, disparu au combat.
Edouard intègre le 5ème régiment d’artillerie de campagne le 3 août 1914. Il vient tout juste d’avoir 20 ans. Il est canonnier-conducteur. Il tombe malade le 4 août 1915 . Il est donc réformé. Il se marie et a des enfants. Il décède en 1974 à Sainte-Pazanne.
Ces sources fondamentales ont permis de vérifier et d'établir le récit de ces biographies.
D'autres fratries que celle des frères Chauvelon ont été touchées par la première guerre mondiale. Par exemple, les frères Jardot, natifs du Territoire de Belfort, fratrie de cinq soldats français, sont tous tués entre septembre 1914 et juin 1915 et déclarés morts pour la France. Quatre sont tués à l'ennemi. Ils sont l'une des trois fratries françaises ayant officiellement eu cinq tués durant le conflit. Toutefois, beaucoup de membres de familles nombreuses ont dû être mobilisés et il est probable que le nombre de ces grandes familles décimées soit plus important. Au moins une fratrie française a compté six tués : les frères Ruellan de Paramé, un quartier de Saint-Malo.
Source : André Ducasse, Jacques Meyer et Gabriel Perreux, Vie et Mort des Français, 1914-1918, Hachette, 1960