BRILLAUD de LAUJARDIERE
Emile Camille
Le Pellerin
1885 - 1916
Sergent au 154ème régiment d’infanterie
Mort pour la France
Cette biographie a été rédigée par Hervé Closset à partir des informations familiales, des JMO et des historiques du régiment.
Emile est né le 26 juin 1885 à Nantes.
Il fait des études de droit.
Il ne fait pas son service militaire pour cause de faiblesse.
Il devient avocat au barreau de Nantes en 1910.
Il se porte volontaire et rejoint le 90ème régiment d'infanterie à Châteauroux en février 1915.
Emile va combattre en Argonne.
Il est blessé en août 1915.
Il va participer aux combats de Champagne.
En mars 1916, il se trouve dans le secteur de Morthomme.
Emile est tué à l'ennemi le 4 mai 1916.
Son corps ne sera jamais retouvé.
Il est décoré de la Croix de guerre et de la Médaille militaire
C’est dans une famille d’avocats qu’Emile Camille Brillaud de Laujardière voit le jour le 26 juin 1885 au domicile de ses parents rue Lafayette à Nantes. Il est le second enfant du couple formé par Léon Emile et Marie Louise Thérèse Geneviève de GUERRY de Beauregard.
Emile a une sœur aînée prénommée Louise Aline née un an plus tôt en 1884. Ce n’est que cinq années plus tard qu’une petite sœur appelée Paule Marie vient agrandir la famille en 1890.
Emile n’a que 13 ans, lorsqu’il a la douleur de perdre son père qui décède prématurément le 2 mai 1898 à Nantes, à l'âge de 41 ans.
Le jeune garçon fait ses études à l’Ecole Saint-Stanislas de Nantes qui accueille les élèves depuis l’école primaire jusqu’aux classes de terminale. Son baccalauréat en poche, il décide de suivre les pas de son père en s’inscrivant à la faculté de droit de Nantes afin de devenir à son tour avocat.
Emile est encore étudiant en droit lorsqu’il se présente devant le conseil de révision de Nantes. Il se voit ajourné pour « faiblesse ». Cet état de faiblesse est confirmé à l’occasion de son deuxième passage devant le conseil de révision en 1907. Emile se retrouve exempté du service militaire.
A la mobilisation en août 1914 Emile est encore célibataire. Après avoir accédé au tableau de l’ordre en juin 1910, il exerce la profession d’avocat et réside au n°7 de la rue Paré à Nantes.
Mais les pertes effroyables subies par l’armée française au tout début du conflit changent la donne en termes de critères de recrutement. L’état-major a un besoin urgent de combler les vides créés par les 85000 morts enregistrés entre début août et fin décembre 1914.
Aussi Emile se porte volontaire pour l’engagement. Il se présente une nouvelle fois devant le conseil de révision de Nantes qui le déclare cette fois « bon pour le service armé » le 29 décembre 1914. Deux mois plus tard, le 22 février 1915, Emille franchit les portes de la caserne du dépôt du 90ème régiment d’infanterie de Châteauroux. C’est un « bleu » âgé de 30 ans qui se retrouve à l’instruction avec des jeunes recrues de 10 ans ses cadets.
Après 5 mois de formation, Emile s’attend à gagner le front dans les rangs de ce régiment. Mais c’est sans compter avec les lourdes pertes subies par le 154ème RI sur le front de l’Argonne. L’état-major décide en urgence de recompléter les effectifs décimés de ce régiment qui a été envoyé au repos à Givry-en-Argonne. Au sein d’un renfort de 325 hommes, Emile est désigné pour rallier les rangs du 154ème RI, le 22 juillet 1915. Ils viennent s’ajouter aux 599 hommes envoyés en provenance du dépôt de Saint-Brieuc le 18 juillet. Pour preuve des pertes subies sur le front d’Argonne, c’est un tiers des effectifs du régiment qui est ainsi renouvelé.
Depuis le 17 juillet précèdent, le régiment est remonté en ligne dans les secteurs de Marie-Thérèse et de Fontaine-aux-Charmes, puis de Saint-Hubert. C’est justement dans ce secteur que le 29 juillet, profitant de l’explosion d’une mine, l’ennemi lance une attaque surprise. Elle est finalement contenue par les Français qui perdent toutefois du terrain dans ce secteur au prix de 28 tués, 147 blessés et 2 disparus. Le 154ème lance sans succès une tentative de contre-attaque dès le lendemain 30 juillet. Elle lui coûte 8 tués et 34 blessés. 182 hommes viennent renforcer les rangs du régiment le 2 août.
Les 2 et 3 août 1915, des éléments du régiment sont engagés en soutien du 155ème RI dans le secteur de Marie-Thérèse. Dans la soirée du 5 à 21h00, l’ennemi lance une attaque surprise sur les lignes tenues par le 154ème RI depuis le matin même. A 22h30, les allemands repoussés se replient sans résultat sur leurs positions de départ. Mais les tirs dits « de harcèlement » menés par l’artillerie allemande ne faiblissent pas. Le 6 août, un obus explose sur les positions du Bois de la Gruerie tenues par la 5ème compagnie à laquelle appartient Emile. Ce dernier est légèrement blessé par un éclat de d’obus qui lui occasionne une petite plaie à l’extrémité supérieure de la cuisse gauche. L’abri des officiers est détruit. 3 hommes sont tués et 14 sont blessés durant cette action. Emile est aussitôt évacué.
Les 9, 10 et 11 août, par échelons successifs le 154ème RI est définitivement relevé de l’Argonne. Après une période de repos, ce régiment qualifié « d’élite » doit entraîner ses hommes en vue de participer à l’offensive prévue en Champagne.
C’est à Chaumont, en haute Marne qu’Emile est pris en charge médicalement par le dépôt des éclopés de la 3ème Armée comme le prouve la carte postale reçue par sa mère le 20 août 1915 à son domicile de la Foucauderie sur la commune du Pellerin. Cette maison est la propriété de la famille BRILLAUD de Laujardière depuis plusieurs siècles, après avoir été celle de Blanchet de Fougères. Le côté Nord de cette demeure domine la Loire. Côté sud, sa façade en pierres de tuffeau surplombe un grand parc avec une maison de gardien, des boxes à chevaux, un pressoir, des remises pour les calèches, un four à pain et un jardin potager.
«Le 17 aout. Ma chère maman, j’ai passé cette après-midi la visite devant le major.il m’a prescrit encore 5 jours de pansements. Apres quoi, je m’attends, si ma blessure se comporte normalement, à être dirigé sur mon régiment qui doit se trouver actuellement au repos je ne sais où exactement. En quittant le major, je suis allé me faire faire un pansement humide. Il est probable que demain on me fera un pansement au collodion. Je n’ai nullement souffert de ma piqure antitétanique. On me l’a pratiquée à l’abdomen et une fois pratiquée, je n’y ai plus pensé. Je souhaite vivement que vous ne souffriez plus de votre foulure au pied. Je vous embrasse de tout cœur ainsi que L et P. Emile.»
Peu de temps après la guérison de sa blessure et son retour au front, Emile est nommé caporal le 17 septembre 1915. Le même jour, son bataillon, le 2ème, remonte en première ligne. A l’initiative du général Joffre La seconde bataille de Champagne se prépare. Un des objectifs de l’Etat Major est de relancer la guerre de mouvement pour redonner le moral aux militaires français. Celui-ci est passablement entamé par l'immobilisme du front. Aussi, Joffre veut en finir au plus tôt avec la guerre.
Après un court séjour à Matougues, le régiment se rend au camp de Châlons. Là, il fait connaissance avec son prochain secteur d’attaque. Dans la nuit du 24 au 25 septembre, vers 3h00, il occupe ses emplacements de départ à 1 kilomètre de Saint-Hilaire-le-Grand, au nord de la voie romaine. L’objectif de la division est la parallèle de Saint-Souplet. La ligne ennemie en face du régiment constitue un saillant organisé d’une façon formidable et solidement protégé sur ses flancs.
La préparation d’artillerie française déclenche son tir à partir de 6h00. L’attaque est lancée à 9h15. A la tête du régiment, Le lieutenant-colonel BUISSON, sabre à la main, se porte aussitôt en avant avec ses hommes.
Mais les réseaux de fils de fer barbelés sont restés intacts. Il en est de même pour les nids de mitrailleuses allemandes dont les tirs prennent littéralement les soldats français en enfilade. Les pertes sont rapidement qualifiées de « sensibles ». Le 2èmebataillon est lui-même littéralement « empêtré » dans le réseau de barbelés. Les mitrailleurs allemands ne font pas de quartier. Emile voit disparaitre rapidement 1/3 de ses camarades.
Et pourtant les poilus continuent d’avancer. 400 prisonniers allemands (dont 6 officiers) sont dirigés vers les lignes françaises dans la première phase de la bataille. Emile et ses camarades atteignent la deuxième ligne allemande. Mais à la nuit tombante, ils sont contraints de procéder à un léger repli car ils sont pris sous le feu de l’artillerie française qui ne les savait pas si avancés !!
En une seule journée, le 154ème RI déplore la perte de 74 tués, 359 blessés et 241 disparus. C’est dans le bataillon d’Emile que le lieutenant MATRA, grièvement blessé, annonce à ses hommes qu’il va mourir avant de se mettre à chanter la Marseillaise jusqu’à son dernier souffle.
Vu de l’état-major, le bilan de la journée apparaît stratégiquement important. Des positions importantes, jugées imprenables par l’ennemi, ont été enlevées de haute lutte, et l’avance en certains points atteint 1.800 mètres.
L’offensive générale se poursuit jusqu’au 28 octobre. Sur l’ensemble du front, les troupes françaises capturent 880 prisonniers, trois canons, plusieurs lance-bombes ainsi que de nombreuses mitrailleuses. L’objectif est désormais d’empêcher toute contre-attaque allemande tout en exploitant chaque occasion de progresser davantage à travers les lignes ennemies. Le bataillon d’Émile est relevé le 4 octobre, puis l’ensemble du régiment rejoint Mourmelon afin de se reconstituer et de préparer la suite des opérations.
Le 6 octobre, après avoir pansé ses plaies et avoir recomplété ses effectifs à l’école normale de tir, le régiment remonte en ligne à 00h00 pour se voir engagé le matin même dès 5h20. Trouvant les boyaux d’approche obstrués, les hommes sont obligés de sortir pour se retrouver en terrain découvert. Emile et ses camarades sont alors pris sous une violente canonnade. Les poilus, gênés par le brouillard se retrouvent rapidement empêtrés dans les réseaux de fil de fer barbelés allemand qui sont restés intacts. Il est impossible de progresser. Le repli sur les positions de départ est alors ordonné.
Face à la situation, une nouvelle attaque prévue pour le 10 octobre n’est finalement pas déclenchée. Il faut attendre le 12 octobre pour que le 154ème soit envoyé au repos. Mais il repart en ligne dès le 17 octobre.
Pour son action au feu durant les combats, le caporal BRILLAUD de Laujardière est nommé sergent le 26 octobre 1915
Jusqu’à fin décembre, le 154ème RI tient le secteur dit « Parallèle de Védegrange ». Il est ensuite mis au repos à Sarry dans les environs de Châlons. Après une courte apparition dans le secteur de la « Brosse à Dents » à droite de Tahure, le 154ème RI fait son entrée sur le théâtre d’opérations de Verdun le 12 mars 1916.Dès le 19 mars, il prend position dans le secteur « Mort Homme - Bois des Caurettes ». Il s’agit d’une position stratégiquement importante et particulièrement visée par l’ennemi qui dispose là d’une supériorité d’artillerie redoutable. Il n’existe plus de réseau de tranchées constituées. Tout a été enfoui, rasé ou défoncé. Seuls subsistent, ici ou là, quelques trous de tirailleurs épars qui servent d’autant de bastion défensif pour quelques poilus décidés à tenir coute que coûte.
Sous les obus et la mitraille, Emile, comme tous ses camarades, est mobilisé pour participer aux travaux de réorganisation des lignes françaises. Les tranchées éboulées sont reconstruites, des abris sont creusés et consolidés. Les emplacements défensifs sont recréés, et les nids de mitrailleuses judicieusement implantés.
Les importants travaux d’organisation et de fortification du secteur démontrent rapidement leur efficacité. Le 31 mars, après plusieurs heures d’un intense bombardement, les Allemands déclenchent un assaut qui est vigoureusement repoussé grâce à une énergique contre-attaque à la grenade. Au cours de cet engagement, le régiment enregistre des pertes limitées : 3 tués, 17 blessés et 6 disparus. Dans la nuit du 7 au 8 avril, les poilus sont relevés. Ils laissent derrière eux un secteur solidement aménagé, qu’ils ont défendu avec succès sans céder le moindre mètre de terrain.
Lorsqu’ils remontent en ligne le 15 avril à partir de 9h00, c’est pour se rendre compte que leurs successeurs ont été contraints de procéder à un recul sensible face à la puissance des attaques allemandes. La mission confiée aux hommes du 154ème RI est simple. Il faut à tout prix reprendre le terrain perdu à l’ouest de Cumières sur le Mort Homme.
En prévision de cette action à venir, des renforts sont envoyés recompléter les rangs du régiment. 96 soldats arrivent en renfort le 16 avril. Ils sont suivis par 336 autres dès le lendemain. A partir du 18 avril, les français subissent un feu d’artillerie qui devient de plus en plus puissant au fil des heures. Les tirs violents se poursuivent le 19 sur les tranchées avec cette fois des obus de gros calibre. Les obus de 77mm tombent en rafale.
C’est dans ces conditions dantesques que le 20 avril, l’ordre est donné au 154ème RI de lancer une attaque « surprise » sur les positions allemandes. Dès l’aube, l’artillerie française entre en action. Les français sortent des tranchées et progressent à la grenade vers les lignes ennemies. A 16h50, les artilleurs français allongent leur tir de 50m pour suivre et protéger la progression des poilus.
Après un ralentissement de l’attaque, les français repartent en avant à 17h20. Grace à la détermination des grenadiers, les secondes lignes allemandes sont atteintes. Elles sont totalement bouleversées et remplies de matériels divers. Aussitôt, les français les mettent en situation de défense en prévision d’une éventuelle contre-attaque. 44 prisonniers allemands dont 2 officiers sont envoyés vers l’arrière, encadrés par des poilus. On dénombre au total 150 prisonniers lorsque les troupes d’attaque sont relevées à 22h15. Les assaillants se sont emparés de 2 mitrailleuses et d’un lance flammes. L’effet de surprise a permis la réussite de l’opération au prix de 14 tués, 64 blessés et 6 disparus.
Des lance flamme sont utilisés par les allemands pour lancer une contre-attaque dès le lendemain 21 avril. Mais face à la résistance et à la détermination des français, ils sont contraints de se replier avec de lourdes pertes et en abandonnant 2 mitrailleuses. Cotés français, ce sont 16 tués, 47 blessés et un disparu qui viennent allonger la liste des victimes.
Les journées des 22 et 23 avril sont marquées par des échanges permanents de tirs d’artillerie de tous calibres. Des obus du 420mm écrasent littéralement les positions françaises. Les lances flamme entrent eux aussi en action. Mais sous la mitraille, Emile et ses camarades ne lâchent rien. Trois nouvelles tentatives de contre-attaque allemande sont repoussées.
Mieux encore, le 24 avril à 2h30 du matin, la 5ème compagnie lance une attaque surprise sans la moindre préparation d’artillerie. La défense adverse, au début énergique, faiblit peu à peu. A 5h00, les français occupent les positions tenues par les allemands et qui leur avaient été enlevées précédemment. La réaction ennemie ne se fait pas attendre. A 19h00, dans un assaut furieux accompagnés par des lance flammes les allemands tentent de chasser les français. Le violent tir de barrage exécuté par l’artillerie française et la solide résistance des poilus a tôt fait de provoquer leur repli. 26 soldats ennemis dont un officier se retrouvent entre les mains du 154ème RI. En contrepartie, il a perdu 22 soldats tués, 66 blessés. 8 hommes sont portés disparus.
Les gains territoriaux réalisés sont de 280m pour la journée du 24. Le total cumulé de l’avance française depuis le 20 avril atteint 500m. L’ardeur des poilus ne faiblit pas. Un nouvel assaut est tenté à la grenade le lendemain 25 avril. Une avancée de 30m est réalisée mais au prix de 18 tués, 59 blessés et 8 disparus coté français.
Puis la situation se calme sensiblement jusqu’au 29 avril à 18h00 lorsque les français se lancent à nouveau à l’assaut. De nouvelles positions sont conquises et 46 adversaires sont faits prisonniers. Coté français, on déplore 14 tués et 55 blessés.
Avec ce combat, le 154ème est revenu sur les positions qu’il tenait le 8 avril précédent. Les allemands répliquent dès le lendemain avec un violent bombardement des lignes françaises qui sont pilonnées sans interruption de 17h30 à 19h00 au moyen de « Minnenwherfer » 20 soldats français trouvent la mort et 55 autres sont blessés. Mais Emile et ses hommes sont épuisés. La relève est prévue dans la nuit du 4 au 5 mai.
A partir de 8h00 le 4 mai, l’artillerie allemande déclenche un bombardement d’une extrême violence sur les emplacements tenus par le régiment. Les explosions se succèdent sans interruption jusqu’à 18h00. Des abris sont démolis. Les tirs sont exécutés avec une grande précision. 27 hommes sont tués et 24 sont blessés.
Parmi les tués du 4 mai 1916 à Cumières-Morthomme figure le sergent Emile BRILLAUD de Laujardière.
Les obus de gros calibre continuent de s’abattre sur les poilus jusqu’au 6 mai. En trois jours, 66 hommes sont tués et 58 autres sont blessés.
Le régiment est finalement relevé le 8 mai. Pour son attitude au feu durant les combats devant Verdun, Il reçoit sa première citation à l’ordre de l’armée dès le 16 mai.
Face à la nouvelle offensive lancée par l’armée allemande en direction du Mort Homme les 20 et 21 mai suivant, le 154ème RI est appelé en urgence pour renforcer la ligne de front. Il reprend position en première ligne dès le 24 mai.
Emile est décoré de la croix de Guerre avec étoile d’argent le 29 aout 1916 avec la citation à l’ordre de la division suivante : « Sous-officier d’élite, dans les circonstances les plus périlleuses, s’est toujours fait remarquer par son profond mépris du danger. Est tombé glorieusement à la tête de sa troupe le 4 mai 1916 devant Verdun ».
Enfin, Emile est décoré de la médaille militaire à titre posthume par décret du Président de la République en date du 1er mai 1920. (Parution au JO du 2 octobre 1920)
Selon les témoignages, le corps est littéralement broyé par un obus. Il disparait à tout jamais. En première ligne depuis plus d’un mois dans l’enfer de Verdun, Emile est déclaré « Tué à l’ennemi » dans l’enfer de Verdun.
Le Jugement déclaratif de décès est rendu le 8 octobre 1918 par le Tribunal de Nantes puis transcris le 5 novembre 1918 dans la mairie de cette même ville. Il comporte la mention « mort pour la France ».
Emile n'a donc pas de tombe.
Hommage à Nantes :
Monument aux Morts 1914-1918
Plaques commémoratives - École Saint-Stanislas
Plaques commémoratives - Église Saint-Nicolas
Hommage à Paris 9 :
Tableau d'Honneur Morts pour la France - Guerre de 1914-1918 (Publications La Fare, 1921)
La mère d’Emile décède le 13 mai 1948 à- Versailles, à l'âge de 90 ans
Louise Aline BRILLAUD de Laujardière se marie le 10 février 1923 avec Emile Laroche ; directeur de banque. Elle s’éteint le 30 août 1976 à Nantes, à l'âge de 92 ans.
Paule Marie BRILLAUD de Laujardière se marie le 16 juillet 1919 à Nantes, avec Maurice Raoul Jacques Régnault ; Sous-chef de bureau à la Cie Générale transatlantique à Paris. Elle meurt le 2 janvier 1989 au Pellerin, à l'âge de 98 ans.
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En 1914, le collège Saint Stanislas est transformé partiellement en hôpital militaire de la Croix rouge. Géré par l’Union des Femmes de France (UFF) il offre une capacité de 255 lits. Cet hôpital fonctionne du 10 août 1914 au 14 janvier 1919. Cent-quarante et un anciens élèves et professeurs sont tués durant la Première Guerre mondiale. Le lycée-collège Saint Stanislas est encore aujourd’hui en activité.
Enfin, le barreau de Nantes où est inscrit Emile, compte 6 avocats tués pour faits de guerre sur les 90 avocats inscrits au barreau en 1914 : un mort en 1914, deux en 1915, deux en 1916 et un en 1917.
Sources primaires et documentation
Ces sources fondamentales ont permis de vérifier et d'établir le récit de cette biographie.
Dès le début de la guerre, les autorités pourvoient les zones proches du front de « dépôts d’éclopés »
Les dépôts d'éclopés sont organisés par la direction du Service des Etapes. En règle générale, ces dépôts sont souvent installés dans des casernements vacants ou des établissements scolaires et hospitaliers publics ou privés. On en compte environ 240 en 1916.
Leur emplacement, stratégique, ne doit pas se trouver trop à l’arrière, car ils constituent une réserve de combattants susceptibles de rejoindre rapidement le front. En effet, les pathologies soignées sont considérées comme bénignes. On les trouve donc dans la zone de l'Arrière, généralement à moins de 50 kilomètres du front
Ces structures sont organisées en compagnies où règne la discipline militaire. Les malades ne doivent pas cesser d’être des combattants, car ils sont amenés à réintégrer très vite leur place dans le rang.
Ces structures accueillent les soldats exténués ou les blessés légers. Gérés par le Service de Santé des armées, les personnels soignés repartent généralement au front dans leur unité d'origine après un court séjour (en général 15 jours). On estime qu’environ 80 % d’entre eux regagnent le front, 14 % classés comme « non guéris » sont transférés dans un hôpital et 6 % sont évacués à l’arrière.
Les « sortants » bénéficient ensuite généralement d’une permission de convalescence d’une durée de 2 semaines avant de rejoindre leur unité.
Mais les officiers gestionnaires déplorent fréquemment le manque de crédits alloués à la bonne tenue de leurs dépôts. Dénués de tout, ils sont tributaires des œuvres apportant leur concours à l’armée, telles que l’Œuvre d’assistance aux dépôts d’éclopés ou la Croix-Rouge. Leur aide précieuse permet l’approvisionnement en mobilier, vêtements, matériel médical, etc.