C’est la devise que l’on peut lire dans le cartouche du seul soubassement à scène rustique.
Oui, paysans ils le sont, pour la plupart d’entre eux. Beaucoup ont repris le travail du père et sont devenus cultivateurs avant que la Grande Guerre ne les déracine.
Non, cette scène ne représente pas deux hommes mais une allégorie du soldat-paysan. Si on la regarde de gauche à droite, un soldat, représenté de dos, marche le long d’un champ jaune de blé. On le reconnaît à son casque Adrian, à sa capote bleu horizon, à son harnachement et à la musette qu’on devine à son côté gauche. Il vient de dépasser, sur sa gauche, une croix recouverte, en partie, d’une couronne mortuaire tel un arbuste au pied duquel repose un fantassin de 1914 dont le képi à turban garance a été placé sur une croix de fortune bricolée dans l’urgence, reste matériel symbolique du défunt.
Soudain, il se défait de tout ce qui peut le gêner dans son travail de faucheur. Sur sa capote étalée à terre maintenant, il a relégué son fusil Lebel, qu’il a troqué, vite fait, sans même ôter son casque , contre une faux qui coupe le blé d’un geste ample et familier.
On ne voit pas son visage : un symbole n’en a pas !
Tout en travaillant, il regarde le ciel jaune d’or évoquant l’union de l’homme et de Dieu.
Toutefois, ce ciel est encombré de nuages violets évoquant le deuil.
Marie Marc