BOUCHAUD Louis François
La Chevrolière - Montbert
1888 - 1915
Sergent au 64ème Régiment d’Infanterie
Mort pour la France
Cette biographie a été rédigée par Hervé Closset à partir des historiques du régiment et des JMO. Elle a été adaptée à ce support.
Louis François Bouchaud est né le 4 avril 1888 à Montbert.
Il effectue son service militaire au 37ème régiment d’infanterie, à Nancy.
Installé comme cultivateur à La Chevrolière depuis mai 1913, il est mobilisé le 3 août 1914 au 64ème régiment d’infanterie.
Louis connaît ses premiers combats à Maissin, en Belgique, le 22 août 1914. Il participe ensuite à la retraite, à la bataille de la Marne, puis aux combats de la Somme, où il traverse le premier hiver de guerre dans les tranchées.
Après les combats d’Hébuterne, il est nommé caporal le 16 juin 1915, puis sergent le 31 août.
Mortellement blessé par des éclats d’obus devant Tahure, Louis meurt le 29 septembre 1915, à 27 ans.
La Médaille militaire et la Croix de guerre avec étoile de bronze lui sont attribuées à titre posthume.
Louis Francois Bouchaud voit le jour le 4 avril 1888 au lieu-dit « la Brenière » sur la commune de Montbert. Il est le fils aîné de Louis BOUCHAUD et de Mélanie HÉGRON. Ce couple d’agriculteurs s’est marié à Montbert le 8 juin 1879.
Un frère cadet vient au monde six ans plus tard en 1894. Il se prénomme Christophe Julien Marie BOUCHAUD.
Comme ses parents, Louis choisit à son tour le métier de cultivateur. Il est domicilié au Bignon, dans le canton d’Aigrefeuille, lorsqu’il reçoit son ordre d’incorporation pour le 7 octobre 1909. Le jeune homme découvre alors qu’il doit se présenter à la caserne du 37ème régiment d’infanterie, à Nancy.
Il est difficile d’imaginer aujourd’hui ce que pouvait représenter, au début du XXème siècle, un tel voyage pour un jeune cultivateur du Pays de Retz : traverser la France d’ouest en est, en chemin de fer, pour rejoindre une ville et une région sans doute inconnues de lui. En raison de la durée du trajet, Louis ne rallie finalement son régiment que le 8 octobre.
Le 37ème RI est à l’époque considéré comme une unité d'élite de l'armée de terre française. Les soldats sont principalement logés à la caserne Landremont à Nancy. Le régiment fait partie intégrante du paysage nancéien au début du XXème siècle. Il participe activement aux défilés.
La caserne Landremont fait partie d’un vaste complexe militaire édifié dans le sud-ouest de Nancy. Construite après la défaite de 1870, elle doit accueillir l’afflux de troupes chargées de surveiller la nouvelle frontière avec l’Empire allemand. Les bâtiments s’organisent autour d’une vaste cour centrale pavée.
Au centre de celle-ci se dresse une statue équestre du maréchal de Turenne, rappelant le prestigieux héritage du 37ème régiment d’infanterie, héritier du Régiment de Turenne de l’Ancien Régime.
A la suite d’un accident survenu dans sa jeunesse, Louis présente une cicatrice à la lèvre supérieure. Par coquetterie, il la cache derrière une épaisse moustache lorsqu’il pose devant le photographe pour le traditionnel portrait en uniforme, que chaque conscrit envoie à sa famille.
Quand vient la fin de son service militaire, le soldat Bouchaud reçoit le certificat de bonne conduite. Il regagne ses foyers après avoir passé deux années de sa vie loin des siens. Louis est versé dans la disponibilité de l’armée d’active le 24 septembre 1911.
Le jeune homme s’installe comme cultivateur à La Chevrolière le 4 mai 1913. Il est rappelé pour une période de réserve au sein du 64ème RI du 21 août au 12 septembre 1913. Moins d’un an plus tard, le 3 août 1914, il est mobilisé dans les rangs de ce même régiment. A cette date, le casernement des différents bataillons du 64ème sont répartis entre Saint Nazaire et Ancenis.
Depuis le dimanche 2 août, le régiment a débuté les opérations de mobilisation. Les commissions de réquisition sont en place. A 11h00, le 64ème évacue la caserne Rohan. Ses troupes vont cantonner en ville afin de faire de la place aux réservistes du 264ème RI en cours de constitution. Les cadres du 1er bataillon stationné à Saint Nazaire arrivent à 16h00.
Conformément aux ordres reçus, Louis se présente le 3 août avec les réservistes du 64ème « actif » et ceux du 264ème de réserve. Les territoriaux qui arrivent par voie de terre et les officiers de réserve de la territoriale les rejoignent à leur tour.
Les mêmes opérations se poursuivent le 4 août. Le 1er bataillon de Saint-Nazaire arrive à 11h30. Enfin, à 19h00, le régiment au complet est sur le pied de guerre. Il est passé en revue par son chef le colonel Bouyssou. Les effectifs forment 3 bataillons et 3 sections de mitrailleuses, pour un total de 55 officiers et 3324 hommes de troupe.
Le 5 août 1914 c'est le départ d'Ancenis, par voie ferrée. Trois trains attendent les hommes en armes. Les départs sont échelonnés à 9h18, 11h09 et 13h19. La destination initiale est Reims. A leur arrivée, le 6 août, ils sont acheminés toujours par voie ferrée vers Grandpré qui constitue leur gare de déchargement. Les 3 trains arrivent respectivement à 18h00, 20h30 et 23h50.
La marche en avant à la recherche du contact avec les troupes ennemies commence le 9 août. Ce n’est que le 22 août 1914, en Belgique, que Louis et ses camarades du 64ème reçoivent leur « baptême du feu ». Les Français ont reçu l’ordre de s’emparer du village de Maissin où les Allemands se sont solidement retranchés.
Le tir précis des mitrailleuses et les rafales d’obus allemands se déchaînent sur les sept compagnies de première ligne du régiment lorsqu’elles passent à l’offensive. Baïonnette au canon, elles enfoncent le front sur une profondeur de 2 kilomètres et chassent les soldats allemands que plusieurs journées de succès faciles en Belgique ont rendus trop confiants.
Vers le soir, dans un ultime assaut, la décision est enfin obtenue. L’ennemi est rejeté de ses positions à Maissin. Mais avant de se retirer, il incendie le village. Au lendemain des combats, le 64ème compte 450 hommes tués, blessés, disparus ou prisonniers.
Mais la situation générale des armées françaises en pleine retraite sur l’ensemble du front oblige le régiment à se retirer en abandonnant à l’adversaire un terrain conquis avec tant d’efforts et de sang. Sur ordre de l’Etat Major, Louis et ses camarades entament leur repli.
Cette retraite s’effectue pas à pas et le 64ème est impliqué dans de nombreux combats d’arrière-garde. Ainsi, le 27 août, le 11ème corps d’armée auquel il appartient reçoit pour mission d’interdire à l’ennemi les passages de la Meuse sur une ligne de front qui va de Nouvion inclus à Remilly exclu. Traversant la Meuse, le régiment s’établit aussitôt sur les hauteurs de Chaumont-Saint-Quentin devant Noyer-Pont-Maugis.
Vers midi le 27, des colonnes allemandes sont signalées vers Raucourt et l’armée allemande dispose d’une forte artillerie lourde. Vers midi, elle déclenche entre Raucourt et Villers-devant-Raucourt un formidable barrage d’obus de 105mm et de 150mm.
A 15h30, le général de Langle de Cary donne l’ordre d’attaquer vers Bulson. L’artillerie ouvre un feu violent sur les tranchées allemandes du bois de la Marfée. Louis et ses camarades s’emparent de ce bois et Noyers est enlevé. L’attaque ramène les Allemands jusqu’à la rivière et la leur fait repasser précipitamment. L’opération coûte au régiment la perte de 500 hommes.
Mais la retraite doit se poursuivre. Elle est longue, pénible et déprimante pour le moral des troupes. Les combats d’arrière-garde de Bignicourt et Vaudemange ajoutent encore 300 hommes à la liste des pertes.
Enfin arrive l’ordre de faire tête à l’adversaire. La bataille de la Marne est engagée. Le 64ème y participe dans le secteur de Fère-Champenoise. La mission est claire : stopper l’adversaire qui tente de s’infiltrer dans les lignes françaises et le repousser définitivement.
De nombreux corps à corps éclatent au cours de la nuit du 7 au 8 septembre. Certains groupes, encerclés par l’ennemi, n’ont d’autre choix que de se frayer un passage à la baïonnette pour échapper à l’encerclement.
Après cinq jours de combats presque ininterrompus, le 64èmerégiment d’infanterie reste au contact de l’ennemi qui, enfin, amorce son repli. Les Français le poursuivent jusqu’aux environs du camp de Châlons-sur-Marne.
La victoire est chèrement acquise. Le régiment déplore environ 1 050 hommes hors de combat. À l’issue de la bataille de la Marne, le 64ème RI a ainsi perdu près des deux tiers de l’effectif avec lequel il était entré en campagne au moment de la mobilisation.
Retiré de la bataille, le régiment pense pouvoir respirer et panser ses plaies. Au lieu de cela, Louis et ses frères d’armes embarquent dans des trains qui les emportent en direction du Nord de la France. Dans le même temps des hommes en provenance du dépôt arrivent en masse pour recompléter les rangs des compagnies et des bataillons décimés.
Dans les deux camps, la manœuvre opérationnelle qui entre dans l’histoire sous l’appellation de « course à la mer » vient de commencer. Le régiment comprend qu’il faut arriver vite et se battre encore pour arrêter l’envahisseur avant qu’il n’atteigne les rives de la mer du Nord.
A peine débarqués, les Français sont engagés, dans une lutte opiniâtre qui va durer vingt-cinq jours sans interruption. Le 64ème se dépense en attaques partielles, tour à tour menées ou subies dans les plaines boueuses et glacées de la Somme ou dans les tranchées sommaires de la Boisselle, de Beaumont et de Bécourt. Le soldat Bouchaud va vivre là un automne et hiver terrible. A la Boisselle, notamment, les Allemands transforment le village en une véritable forteresse souterraine et fortifiée. Les combats se transforment en une impitoyable guerre des mines souterraine.
Louis découvre le climat du Nord où la pluie, le froid et la boue aggravent les conditions de vie déjà précaires. Les tranchées et les abris sont encore à l’état d’ébauche au tout début de la guerre de position qui s’annonce. L’équipement des soldats se révèle lui aussi vite inadapté. En ce premier hiver de guerre on assiste à une forme de « clochardisation » dans la tenue vestimentaire de ceux qui vont devenir à jamais pour l’Histoire « des Poilus ». Les dépôts de l’intendance font feu de tout bois. Des vêtements civils sont « militarisés » dans l’urgence pour être expédiés sur le front. Tout est bon pour ne pas subir le froid. La situation devient telle que dans certains secteurs, les Allemands menacent de fusiller des soldats français faits prisonniers car ils ne portent pas d’uniforme au sens strict du terme. Ils peuvent donc, en conséquence, être considérés comme des espions ou des « terroristes ».
L’hiver passe. A la date du 1er mars 1915, l’état des pertes en personnel tués, blessés ou disparus depuis le début de la guerre s’élève à 3593 hommes dont 79 officiers ce qui correspond à plus de la totalité de l’effectif qui a quitté Ancenis le 5 août 1914.
Depuis le début de l’année 1915, l’état-major français prépare la première offensive qui va être déclenchée en Artois. Une offensive de diversion française doit être menée simultanément dans le secteur de la Somme et du Pas de Calais pour la soutenir. Le 64ème RI doit y participer dans le secteur d’Hébuterne.
Les distributions aux soldats de munitions, vivres de réserve et équipements sont faites dans la matinée du 6 juin. En préparation de l’attaque qui doit avoir lieu le lendemain, le colonel commandant le régiment part à 10h00 pour rejoindre son observatoire et observer les tirs de l’artillerie française. La sieste est ordonnée aux hommes à partir de midi.
A 14h00 le 7 juin, Louis et ses camarades sont en place dans les parallèles de départ. L’artillerie française a réussi à faire des trouées dans le réseau de fil de fer barbelés adverses. Mais à 15h00 un puissant tir d’artillerie allemand s’abat sur les positions françaises. L’ordre d’attaquer est néanmoins maintenu. A 17h00, les soldats du 64ème sont répartis en 4 vagues d’assaut. Au son du clairon, ils s’élancent de leurs tranchées d’Hébuterne sous les feux ennemis qualifiés de « terribles ». Ils enlèvent en un tour de main les premières positions allemandes et dépassent leurs objectifs initiaux. Dès 17h15, les Français se sont emparés de deux lignes de tranchées sur un front d'environ 1 200 mètres. Plus de 200 soldats allemands sont capturés par le seul 64ème en même temps qu’un important matériel.
Sous des tirs d’artillerie lourde qui ne faiblissent pas, les journées du 8 et 9 juin sont consacrées à l’organisation des positions conquises par les Français. En raison des pertes, un renfort de 318 hommes rallie le 64ème le 10 juin. Ils sont incorporés en première ligne dès le lendemain. Au vu de la situation, l’attaque suivante projetée en direction de Serre est annulée.
Les hommes continuent à tomber sous les obus. Un second renfort de 222 hommes est incorporé dans la nuit du 12 au 13 juin.
Huit jours durant, Louis et ses camarades se maintiennent sur les positions conquises, en dépit du bombardement féroce exercé par l’ennemi sur ses tranchées perdues. Le résultat ne se fait pas attendre. Relativement faibles au cours de l’assaut, les pertes deviennent lourdes sous le marmitage et, quand le régiment est relevé, 31 officiers et 1110 hommes manquent à l’appel. Un tiers du régiment a disparu dans la bataille.
Pour sa conduite, Louis Bouchaud est nommé caporal le 16 juin 1915. Il se retrouve désormais à la tête d’un petit groupe de combat de 12 soldats que l’on appelle une escouade.
Une période de repos s‘ouvre alors pour le 64ème qui doit panser ses plaies. Elle est mise à profit pour l’entraînement et le complément des effectifs. Louis est nommé sergent le 31 août, au moment où le régiment redistribue ses effectifs en vue du prochain départ pour le front. Le nouveau sous-officier est désormais responsable de mener au combat une demi section de 30 soldats. Le sergent Bouchaud et ses hommes font partie de la 12ème compagnie du 3ème bataillon du régiment.
C’est en septembre 1915 que Louis et les fantassins du 64ème RI sont dirigés vers la Champagne. Dans un premier temps, il leur est demandé de préparer leur secteur d’attaque en prévision de la deuxième offensive de Champagne voulue par le Général Joffre.
Le 24 septembre à 23h00, le régiment monte en ligne pour s’installer sur ses positions dites « de départ ». Ordre est reçu de partir à l’attaque de la cote 196. Au sein de la 12ème compagnie, Louis et ses hommes sont positionnés sur la droite de la cinquième vague d’assaut sous les ordres du capitaine Tessier.
Le 25 septembre, à 9h15, après trois jours de bombardement intensif par plus de 1 100 canons qui tirent 1 000 000 d’obus en 3 jours, les Français se lancent à l’assaut des positions allemandes. Mais sur ce front de Champagne, les positions allemandes s'organisent en un système défensif moderne fondé sur l'alternance de gros centres fortifiés reliés par des courtines (des segments de tranchées de liaison). Ce dispositif en profondeur intègre plusieurs lignes successives et des abris bétonnés pour résister aux offensives.
Ainsi, le 64ème se heurte, dès le départ, à des réseaux de fils de fer barbelés intacts comme le sont aussi les nids de mitrailleuses. Dans de telles conditions, le succès ne peut pas être au rendez-vous. Les pertes sont rapidement sévères et le retour sur les positions de départ est ordonné.
Les efforts faits par les 3 premières vagues sont pourtant poussés jusqu’à l’extrême limite du sacrifice. Ainsi, concernant les effectifs de la première et de la deuxième vague d’assaut, il ne reste à la 6ème compagnie qu’un adjudant et une vingtaine d’hommes. De la 7ème compagnie il ne reste qu’un officier et 70 hommes et de la 8ème compagnie quelques hommes seulement. Seuls 3 hommes de la 5ème compagnie parviennent à se replier dans les lignes françaises.
Le 3ème bataillon auquel appartient Louis s’installe à l’Est de la route de Tahure dans la journée du 26 septembre. La journée suivante est jugée relativement calme. Les hommes en profitent pour se consacrer au creusement d’abris où les bataillons peuvent profiter d’une protection toute relative.
Mais dès le 28 septembre, les tirs de l’artillerie lourde allemande redoublent d’intensité. Les fantassins du 64ème subissent un véritable «pilonnage» qui provoque de très nombreuses pertes dans leurs rangs. Et le même bombardement se reproduit pour la journée du 29. C’est à cette date que Louis est mortellement blessé par des éclats d’obus.
Il est officiellement déclaré « mort des suites de ses blessures » devant Tahure le 29 septembre 1915. Il a 27 ans. La médaille militaire lui est conférée à titre posthume (J.O du 14 novembre 1919) avec la citation suivante : « Sous-officier courageux et dévoué, tombé au Champ d’Honneur le mercredi 29 septembre 1915 ». La Croix de guerre avec étoile de bronze lui est également attribuée à cette occasion.
Depuis le 25 septembre, les pertes du 64ème RI s’élèvent à près de 1.600 tués, blessés, disparus, dont une quarantaine d’officiers. Un nouveau renfort de 66 hommes en provenance du dépôt arrive dans la nuit du 29 au 30 septembre.
A partir du 29 septembre, l'offensive française continue à se concentrer sur les points de résistance résiduels des première lignes allemandes mais elle ne parvient pas à entamer la deuxième ligne. Quelques succès locaux sont toutefois obtenus. Mais le 1er octobre, le général Pétain fait suspendre les combats en raison des pertes trop importantes et d'une consommation de munitions devenue insoutenable.
L'offensive reprend le 6 octobre. Malgré des succès locaux comme la prise de la butte de Tahure, la progression est arrêtée.
La seconde bataille de Champagne fait 27 851 tués, 98 305 blessés, 53 658 prisonniers ou disparus du côté français et des pertes beaucoup plus faibles du côté allemand. Le front a progressé de 3 à 4 km mais la rupture tant espérée n'a pas été réalisée.
Le 20 novembre 1917, le tribunal de Nantes reconnaît le sergent Louis Bouchaud « Mort pour la France ». Ce jugement est transcrit un mois plus tard, le 22 décembre, dans les registres de l’état civil de La Chevrolière.
Après la guerre, ses parents entreprennent les démarches pour faire revenir sa dépouille en Loire-Atlantique. Le 7 mai 1922, Louis est inhumé au cimetière communal de Montbert, dans la tombe n° 9 du carré des corps restitués.
L’abbé Thibaud célèbre ses obsèques. Attaché à la mémoire de ses camarades de combat, l'abbé Thibaud est également à l’origine des vitraux installés dans l’église de Montbert pour leur rendre hommage.
Hommage à Montbert :
Monument aux morts.
Les vitraux de l'église de Montbert.
Hommage à La Chevrolière :
Monument aux morts.
Livre d'Or du ministère des pensions.
La tombe de Louis à Montbert - Cimetière communal - Geneanet
La famille de Louis est durement éprouvée : trois enfants meurent en bas âge, en 1881, 1882 et 1885. Sur les cinq enfants du couple, seuls Louis et son frère Christophe atteignent l’âge adulte. Les dates de décès de leurs parents restent inconnues.
Caporal au 77ème régiment d’infanterie, Christophe est tué au combat le 14 juin 1918 à Gournay-sur-Aronde, dans l’Oise, à l’âge de 24 ans. Il repose dans la tombe n° 389 de la nécropole nationale de Remy, dans le même département. Après Louis, la guerre emporte ainsi le dernier survivant de cette fratrie. Aucun des deux frères ne laisse de descendance.
Sources primaires et documentation
Ces sources fondamentales ont permis de vérifier et d'établir le récit de cette biographie.
Dans la biographie de Louis Bouchaud, les arrivées de renforts se succèdent au fil des combats. Elles illustrent une réalité essentielle de la Grande Guerre : pour continuer à combattre, les unités doivent régulièrement remplacer les hommes qu’elles perdent.
Les renforts sont des soldats envoyés pour accroître les forces d’une unité ou reconstituer ses effectifs. Après une bataille, ils viennent notamment combler les vides laissés par les morts, les blessés évacués, les disparus et les prisonniers. Le terme militaire de « pertes » englobe donc des situations différentes : tous les hommes qui manquent à l’appel ne sont pas morts, mais leur absence réduit la capacité de l’unité à poursuivre sa mission.
L’arrivée de plusieurs centaines de soldats peut ainsi permettre à un régiment très éprouvé de retrouver une partie de ses forces. Ces hommes sont répartis dans les compagnies selon les besoins. Ils rejoignent les survivants et prennent leur place dans des groupes dont les combats ont parfois bouleversé la composition.
Un régiment peut conserver le même numéro pendant toute la guerre, alors que les hommes qui le composent se renouvellent profondément. Certains combattent depuis la mobilisation ; d’autres arrivent après quelques semaines ou plusieurs mois. Les nouveaux venus sont à leur tour exposés aux blessures et à la mort, ce qui rend nécessaires de nouveaux renforts. C’est pourquoi les pertes cumulées d’un régiment peuvent finir par dépasser l’effectif avec lequel il était entré en guerre.
Ainsi, le 64ème reçoit plus de 600 hommes en renfort entre août 1914 et septembre 1915.
La mention « arrivée de renforts », souvent réduite à une date et à un chiffre dans les récits militaires, prend alors une autre dimension. Elle rappelle à la fois les hommes absents et ceux qui viennent poursuivre le combat. Derrière la continuité d’un régiment se dessine ainsi une succession de destins individuels, dont celui de Louis Bouchaud.