CORBINEAU Pierre Julien Marie
Geneston - Le Bignon - Montbert
1888 - 1915
Caporal au 116ème régiment d’infanterie
Mort pour la France
Cette biographie a été rédigée par Hervé Closset à partir des JMO et des historiques des régiments. Elle a été adaptée à ce support
Pierre est né le 24 juillet 1888 à Geneston-Montbert.
Il fait partie d’une fratrie de 9 enfants.
Pendant son service militaire, il est nommé caporal.
Pierre étudie au séminaire, est ordonné prêtre le 29 juin 1914.
Il est mobilisé le 4 août 1914 au 116ème régiment d’infanterie de Vannes.
Pierre participe à la bataille de la Marne.
Blessé, il décède le 25 septembre 1915 à Tahure.
Pierre Corbineau voit le jour le 24 juillet 1888 au lieudit Marboeuf, sur la commune de Montbert où ses parents sont agriculteurs. Il est le huitième enfant de Jean-Baptiste et Marie Scolastique NICOLLE. Ses parents se sont mariés à Montbert le 11 juin 1870. La famille s’est très vite agrandie.
Une première fille, prénommée Marie Mélanie Célestine, voit le jour en 1871. Elle est suivie d'Émilie Marie Madeleine en 1872, puis d'Augustine Marie Léontine en 1874. Le premier garçon de la famille naît en 1876 : Jules Jean Marie. L'année suivante, en 1877, vient au monde Léon Joseph Marie. La famille s'agrandit de nouveau avec la naissance d'Alphonsine Marie en 1879, puis d'Eugénie Claire Marie en 1881. Sept ans plus tard, en 1888, naît Pierre Julien Marie. Enfin, Adèle Scholastique Marie, née en 1891, est la benjamine de la fratrie.
Le jeune Pierre est bon élève. Il sait lire écrire et compter. C’est en tant qu’étudiant ecclésiastique qu’il se présente devant le conseil de révision de Nantes en 1908. Il est incorporé au 116ème R.I. le 8 octobre 1909. Nommé caporal le 26 septembre 1910, il passe dans la disponibilité de l’armée d’active le 24 septembre 1911 et choisit de servir dans le «service armé».
Alors que Pierre étudie au séminaire, son père décède le 20 mai 1912 à Marbeuf à l'âge de 66 ans. Deux ans plus tard, le jeune séminariste est ordonné, le 29 juin 1914, au lendemain de l’attentat de Sarajevo. Il devient alors prêtre du diocèse de Nantes. Mais son sacerdoce est de courte durée.
En effet, le caporal Corbineau n'a guère le temps de savourer son entrée dans le sacerdoce. À peine six semaines plus tard, le 1er août, la mobilisation générale est décrétée et il est appelé sous les drapeaux. Comme 378 prêtres et 155 séminaristes de l'évêché de Nantes, il rejoint l'armée au début de la Première Guerre mondiale.
Il arrive à son corps le 4 août 1914.Au moment de la déclaration de guerre, le 116ème RI est en garnison à Vannes. Un de ses bataillons est détaché à Morlaix et 2 compagnies à Auray. Il est composé presque exclusivement de Bretons, auxquels se mêlent des Vendéens et quelques Parisiens. La mobilisation, commencée le 2 août, se passe normalement, et le 7 août, à 18 h 57, le premier échelon du régiment s’embarque en gare de Vannes.
Le régiment débarque dans la soirée du 9 août à Grand-Pré dans les Ardennes. Il cantonne, le 9 et le 10 à Autruche et à Authe. La marche en avant commence le 14 août. Le 19, il est à Pouru- Saint-Rémy. Le 21, il se met en route à 10h50 et après une marche pénible, bivouaque dans les bois à 4 kilomètres au Sud de Bertrix en Belgique. Le 22 août à 11h00, le 116ème part pour Paliseul en direction de Maissin.
Le 116ème se met en formation de combat. A 3 kilomètres au sud-ouest de Maissin, Pierre prend contact immédiatement avec l’ennemi, qui est retranché dans les bois, les champs d’avoine et champs de blé depuis plusieurs jours. C’est le baptême du feu.
Les officiers, sabre au clair et les hommes de troupe, baïonnette au canon, s’élancent à l’assaut des positions ennemies qui sont fortement tenues et défendues par des fils de fer et de nombreuses mitrailleuses. Une puissante artillerie soutient les Allemands. Elle fait des ravages dans les rangs français en tirant sans cesse sur les fantassins qui, pour la plupart, avancent sans avoir pu tirer un coup de fusil.
Enfin, le 116ème enlève de haute lutte toutes les positions allemandes. Poursuivant son élan, il prend maison par maison le village de Maissin. La victoire est chèrement payée : 618 hommes ont été tués, blessés ou portés disparus. D’autant plus que le 24 août, en raison de la situation générale sur l’ensemble du front, l’ordre de repli général des troupes françaises est donné. Il n’est stoppé que le 9 septembre avec la victoire de la bataille de la Marne.
Le régiment est appelé le 22 septembre, à faire partie d’une nouvelle armée qui se constitue dans la Somme. Il monte en ligne dans le secteur de Martinsart.
Le 4 octobre, une forte attaque allemande se produit sur le flanc gauche du régiment, qui se trouve débordé, mais qui tient quand même. Cette attaque se renouvelle le 5, et le 116ème doit se replier sur Hamel et sur Mesnil. Du 6 au 13 octobre, de durs combats sont une nouvelle fois menés par Pierre et ses camarades qui parviennent à s’emparer du village de Hamel et qui le conservent en dépit de nombreuses contre-attaques ennemies.
Mais les 15 derniers jours d’affrontement ont valu des pertes sérieuses : 40 hommes sont tués et 100 sont blessés. C’est à l’issue de ces combats que Pierre est nommé sergent fourrier et sergent major le 14 octobre 1914.
Le 1er novembre, un renfort de 149 hommes rejoint le régiment puis, le 14, un renfort de 3 officiers et 456 hommes vient étoffer l’effectif que les précédentes journées de combat ont sérieusement diminué. Il reçoit le 30 novembre, un renfort d'un officier et 352 hommes, dont 103 jeunes soldats en provenance directe du dépôt du régiment. Enfin, le 11 décembre, un renfort de 2 officiers et 217 hommes arrive.
Jusqu’au 9 avril 1915, le secteur reste relativement calme, malgré les échanges de tirs d’artillerie. Les Français travaillent à l’organisation de leurs positions.
Soudain, le 10 avril 1915, à 00h50, un coup de canon allemand, suivi d’un long coup de sifflet, donne le signal d’une violente canonnade et fusillade sur les positions du régiment. Au même instant, l’infanterie ennemie attaque le bois de Thiepval. Après avoir cisaillé les réseaux de fil de fer barbelé, le groupe de tête allemand fait irruption dans le boyau en « Y » défendu par une ½ section et une mitrailleuse, tandis que les vagues suivantes sont arrêtées et disloquées par le tir de barrage de l’artillerie française. A l’issue des combats, et preuve que l’état-major a décidé de regarnir sérieusement les rangs du régiment, un renfort d'un officier et 320 hommes se présente le 16 avril.
Avec un nouveau renfort de 87 hommes, le 27 juin puis de 155 hommes et un officier le 22 juillet, les effectifs du 116ème sont pratiquement au complet. Une nouvelle mission l’attend.
Après quelques jours de repos employés à l’instruction, le régiment embarque le 19 août à Conty, et débarque le lendemain à Vitry-la-Ville et à Vitry-le-François pour cantonner le soir à Le Fresne. Les 30 et 31 août, le régiment relève le 118ème RI dans le secteur des tranchées d'Hurlus, où il demeure en ligne jusqu'au 6 septembre. Après quelques jours de repos, il remonte au front le 13 septembre et y reste jusqu'au 21. Cette nouvelle période d'engagement lui coûte 4 tués et 39 blessés. Le 21 septembre, le régiment se rassemble au «camp de la Grande Route», où il se prépare, dans les jours suivants, à prendre part à la deuxième grande offensive de Champagne.
Commencée le 22 septembre, la préparation d'artillerie peut être qualifiée pour l’époque de formidable et d’incessante. Durant 3 jours les canons français déchaînent leurs feux sur les positions allemandes. Ils broient d'abord à grande distance les bivouacs de cantonnement et les bifurcations de voies ferrées. Puis, sous la pluie des projectiles, l'ennemi voit sa première position anéantie. Tout ravitaillement lui devient impossible.
Pendant soixante-quinze heures et sans interruption, environ cent mille obus écrasent tranchées, abris, boyaux, fils de fer et défenseurs. Des officiers allemands calculent que, dans un secteur de cent mètres de largeur sur un kilomètre de profondeur, il est tombé pas moins de 3600 projectiles par heure.
Durant la nuit du 24 au 25, le ciel s'emplit de gros nuages, et des torrents d'eau viennent délayer la terre molle et blanchâtre de la Champagne. C’est le moment où le régiment se porte sur ses positions de départ. Officiers et hommes de troupe comme Pierre sont équipés de la tenue d’assaut. Chacun porte deux bidons remplis de café additionné d’eau de vie. Dans 2 musettes ont été rangés deux jours de vivres de réserve et un jour de vivres frais. 250 cartouches et 2 grenades ont été distribuées à chacun. Ils portent le sac à dos avec la toile de tente roulée mais sans ustensile de campement à l’exception de la petite gamelle individuelle. Les nettoyeurs de tranchée sont quant à eux dotés chacun de 10 grenades, d’un couteau et d’un revolver.
Les fantassins gagnent les tranchées de 1ère ligne qui sont à cheval sur la route Perthes-Tahure. Cette nuit qui précède l’assaut est calme. Le tir de préparation de l’artillerie française s’est progressivement ralenti pour cesser presque complètement vers minuit. A 4h00 le 25 septembre, les hommes sont en place. Le 2ème bataillon est à gauche, le 3ème est à droite tandis que le 1er reste en soutien.
L’heure fixée pour l’assaut demeure secrète jusqu’au dernier moment. À 6 heures, les unités sont toutefois informées que les hommes peuvent prendre un repas froid avant le départ, ce qu’ils s’empressent de faire. Au même instant, le bombardement français reprend avec une extrême intensité sur les premières tranchées allemandes. Tous les calibres entrent en action. L’artillerie lourde et les canons de 58 poursuivent leur tir jusqu’au déclenchement de l’assaut.
A 8h30, l’ordre est donné aux commandants d’unités de faire rectifier la tenue, de boucler les sacs et de se tenir prêts. L’assaut doit se déclencher à 9 h.15. L’heure officielle est vérifiée dans toutes les unités. Les montres des officiers sont synchronisées.
A 9 heures, Pierre et ses camarades sont placés au coude à coude dans les parallèles de départ. Soudain, un même ordre retentit d’un bout à l’ordre des tranchées : « baïonnette au canon». Aussitôt, dans un cliquetis général, les baïonnettes sont dégainées de leur fourreau et fixées au bout du canon. Les fantassins français se tiennent prêts à bondir en avant, en silence, sans un cri, au pas, au signal que fera le chef. L’objectif fixé par l’état Major est la butte de Tahure.
C’est enfin à 9h15 que le signal de départ est donné. S’élançant en tête, le lieutenant-colonel BOURGUET commandant le régiment mène personnellement l’assaut. D’un seul élan et précédés d’un tir de barrage, les poilus sortent des tranchées. Sans se hâter, ils abordent la première ligne allemande. L’artillerie française a bien travaillé car la position est aussitôt submergée et dépassée. Tous les boyaux de communication sont bondés de cadavres allemands, fauchés par la terrible préparation d'artillerie. Les hommes du 116ème abordent ensuite les tranchées des deuxièmes et troisièmes lignes qui sont, distantes les unes des autres de 50 à 100 mètres.
Simultanément, la deuxième vague prend la place de la première dans la tranchée de départ. Elle sort, en suivant la première vague distante de 50m, pendant que la 3ème vague est amenée à son tour et sort du même élan irrésistible que les deux premières. En moins de 5 à 6 minutes, les trois premières tranchées, situées à l’est et à l’ouest de la route de Tahure, sont prises et dépassées. Les vagues d’assaut marchent maintenant vers la quatrième, située à contre-pente, au fond d’un ravin, à 800 mètres de la troisième, et dénommée tranchée de Wiesbaden. Elle est prolongée à l’est par les tranchées de Thorn et de Cologne.
Mais les Allemands ont établi des points d’appui puissamment fortifiés en de nombreux endroits de leur position et jusqu’en troisième ligne. Ils sont restés intacts. Aussi des mitrailleuses se sont révélées sur certains points des tranchées de première ligne. Elles sont entrées en action après le passage de la première vague en creusant les premiers vides dans les rangs français.
Pourtant, l’élan des poilus ne ralentit pas. A 9h35, les tranchées de Wiesbaden, de Torn et de Cologne sont enlevées à leur tour. Leurs défenseurs s’enfuient vers le nord dans la direction de la croupe à l’ouest de Tahure, entre les routes de Souain et de Somme-Py. Son chef de section ayant été tué, Pierre en a pris le commandement. Dix minutes plus tard, l’artillerie allemande déclenche un violent tir de barrage pour tenter de stopper l’avance française. C’est à cet instant que le sergent major Corbineau est mortellement blessé. Les pertes dans les rangs du 116ème deviennent sensibles mais cela n’empêche pas les vagues d’assaut de continuer leur progression.
C’est à 10h15 que la route de Tahure-Souain est franchie, à l’ouest de la carrière, par trois compagnies du 2ème bataillon. Elles continuent ensuite leur progression par le bois de la Savate jusqu’à 200 mètres du sommet de la croupe située à l’ouest de Tahure, où elles sont reçues à coup de fusils par les Allemands qui occupent le sommet de la croupe en avant de la route de Somme-Py. Après un court combat, les français se rendent maîtres de la croupe à 11h10.
La position est immédiatement organisée à l’aide des outils portatifs, malgré un feu violent de mitrailleuses ennemies qui part de la cote 170 et qui prend les positions françaises à revers et même dans le dos.
La situation en flèche des 2ème et 3ème bataillons du 116ème ne leur permet pas de pousser au-delà de la croupe de Tahure. L’absence des réserves, qui n’arrivent que le 26 à 16 heures, les oblige à se fortifier sur place et à garder de très près les positions conquises. Aucune contre-attaque ne se produit cependant.
La journée du 25 septembre s'achève sous la pluie qui n'a guère cessé depuis le début de l'attaque. Mais le 116ème a arraché à l’ennemi, tout un système de défense fortement organisé depuis un an sur une profondeur de 5 kilomètres. Il a pris 13 mitrailleuses, 2 batteries de 77, 1 pièce lourde, 1 canon revolver. L’ennemi a laissé derrière lui un matériel considérable de lance-bombes, d’armes, de munitions d’artillerie et d’infanterie, d’équipement. Plus de 600 soldats allemands ont été faits prisonniers.
Pour cette seule journée, le bilan provisoire des pertes du régiment s’élève à 7 officiers tués (dont son colonel), 18 officiers blessés, 12 sous-officiers tués, 56 sous-officiers blessés ou disparus et 700 caporaux et soldats blessés ou disparus. Le lieutenant-colonel BOURGUET meurt sur le parapet d’un boyau. Atteint de plusieurs balles au ventre et la main broyée, il s’oppose à recevoir tout soin. Lorsqu’on lui annonce que la progression continue, il répond : « Je meurs content ». Il est inhumé là où il est tombé.
La nuit du 25 au 26 est mise à profit pour renforcer les travaux de défense sur la croupe et se passe sans incident. Les poilus, après les rudes assauts de la journée sont transis par le froid de la nuit qui a traversé leurs vêtements. Ils restent grelottants sur la position.
Pierre n’a pas pu être évacué. Il décède sur le champ de bataille des suites de ses blessures à l’âge de 27 ans le 25 septembre 1915. Il est déclaré « Tué à l’ennemi à l’attaque de Tahure » par avis officiel du 22 juin 1916. Sa mère étant veuve, un secours de 200 fr est adressé à la famille le 25 juillet 1916. Pierre est déclaré «Mort pour la France» dans la transcription du jugement de décès enregistré à la mairie de Montbert le 24 novembre 1920.
Le sergent major Corbineau se voit conférer la Médaille militaire à titre posthume le 28 juillet 1922. (Cf. Journal officiel du 23 sept. 1922) avec la citation suivante :
« A pris le commandement de la section, sous le feu le plus violent ; très brave, très calme. A été blessé grièvement en portant sa section en avant, sous un tir de barrage, devant Tahure. Mort pour la France, le 25 sept.1915. A été cité. » cette citation s’accompagne de l’attribution de la Croix de guerre.
Le corps de Pierre a été restitué à la famille après la guerre. Il est arrivé en gare de Nantes par le convoi du 4 avril 1922.
Parue dans La Semaine religieuse du 23 octobre 1915, cette notice nécrologique annonce la mort de l'abbé Pierre Corbineau, sergent-fourrier au 116ème régiment d'infanterie, tombé au champ d'honneur le 9 octobre 1915 en Champagne. Âgé de seulement 27 ans, il n'avait été ordonné prêtre que le 29 juin 1914, quelques semaines avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale, et fut mobilisé seulement six semaines après son ordination. Ce court avis témoigne de l'émotion suscitée dans le diocèse par la disparition de ce jeune ecclésiastique, dont le ministère fut brutalement interrompu par le conflit.
Pierre Corbineau repose avec sa mère dans la tombe familiale du cimetière communal de Geneston (tombe en mauvais état).
Hommage au Bignon :
Monument aux morts.
Hommage à Geneston :
Monument aux morts.
Plaque commémorative de l’église.
Hommage à Montbert :
Livre d'or du ministère des pensions.
Sa mère meurt le 7 février 1928 au lieu-dit Marboeuf sur la commune de Montbert à l'âge de 81 ans.
Marie Mélanie Célestine reste célibataire. Elle décède le 2 février 1953 à La Planche, à l'âge de 81 ans.
Emilie Marie Madeleine se marie le 16 mai 1899 à Montbert, avec Jean Baptiste MERLET. Leur fils unique prénommé Georges naît en janvier 1903. Emilie s’éteint prématurément à l’âge de 47 ans le 19 juin 1920 à Montbert.
Augustine Marie Léontine s’unit le 16 mai 1899 à Montbert avec Edouard François MERLET dont elle a deux garçons : Marcel et Jean. Cette agricultrice meurt en 1948 à l’âge de 74 ans.
Jules Jean Marie est mobilisé au sein du 82ème RIT d’Ancenis le 4 août 1914. Il est évacué pour pieds gelés en janvier 1915 alors que son régiment est en ligne au sud-ouest d’Arras. En raison de son âge, il n’est pas renvoyé sur le front et sert dans la zone « de l‘intérieur » au dépôt du 82ème RIT jusqu’à sa mutation au 14ème escadron du train à Lyon le 20 janvier 1917. Il est démobilisé le 20 janvier 1919 et se retire à Montbert. Il se marie dans ce même village le 14 janvier 1929, avec Marie Madeleine Alphonsine MAINGUET. Jules s’éteint à Montbert en mars 1953 à l’âge de 76 ans.
Léon Joseph Marie est lui aussi mobilisé au sein du 82ème RIT d’Ancenis le 4 août 1914. Il reste au front jusqu’au 26 août 1916 lorsqu’il est muté, en raison de son âge, à la 11ème Section de Commis et d'Ouvriers Militaires d'Administration (SCOMA) du 11ème corps d’armée de Nantes. Il passe ensuite à la 1ère SCOA (Section de Commis et Ouvriers d'Administration) du 1er corps d’armée le 10 février 1917. Démobilisé le 26 janvier 1919, il se retire à Montbert. Marié avec Baptistine Clotilde Marie GAUDET dont il a deux fils, il décède le 25 décembre 1965 à Geneston, à l'âge de 88 ans.
Alphonsine Marie devient couturière. Elle se marie le 7 mai 1913 à Montbert, avec Paul Joseph Jean Baptiste CASSARD qui exerce la profession de maçon. Deux filles, Marie et Paule, naissent de cette union en 1914 et en 1917. Alphonsine s’éteint le 9 février 1966 à La Chevrolière, à l'âge de 86 ans.
Eugénie Claire Marie est cultivatrice. Elle se marie une première fois le 7 janvier 1908 à Montbert, avec Emmanuel Arsène MOREAU qui est commissionnaire de profession. Deux garçons naissent de cette union. Arsène Alexandre en 1909 et Arsène Georges en 1912. Soldat au 82ème RI, Emmanuel est « tué à l’ennemi » le 30 mars 1918 à Margny-lès-Compiègne dans l’Oise, à l'âge de 39 ans. Eugenie se remarie deux années plus tard le 27 juin 1920 avec Théophile, Jean MAINGUET, cultivateur à Montbert. C’est encore à Montbert qu’elle s’éteint le 22 janvier 1969 à l'âge de 87 ans. Le corps d’Emmanuel Moreau est inhumé définitivement le 9 mars 1922 dans la tombe n°59 du carré « E » de la nécropole nationale militaire de Remy dans l’Oise. Il repose avec 1 828 soldats français de la Grande Guerre.
Adèle Scholastique Marie devient cultivatrice. Elle se marie le 13 juin 1920 à Montbert, avec Arsène Louis MAINGUET lui aussi cultivateur et dont elle a une fille prénommée Adèle en 1921 et un garçon prénommé Arsène en 1922. Adèle meurt le 3 février 1966 à Montbert à l'âge de 74 ans.
Sources primaires et documentation
Ces sources fondamentales ont permis de vérifier et d'établir le récit de cette biographie.
Les arrivées de renforts comme ceux souvent répétées dans le régiment de Pierre, s'expliquent par le fonctionnement même de l'armée française durant la Première Guerre mondiale.
Les régiments engagés au front subissent des pertes quotidiennes : tués, blessés, disparus, prisonniers, malades ou soldats évacués pour épuisement. Après chaque période de combats, leurs effectifs diminuent parfois de plusieurs centaines d'hommes. Afin de maintenir leur capacité opérationnelle, l'état-major organise régulièrement l'envoi de renforts.
Ces renforts proviennent principalement des dépôts régimentaires, installés à l'arrière. Chaque régiment possède un dépôt chargé d'instruire les nouvelles recrues, de former les réservistes rappelés, de récupérer les convalescents redevenus aptes et de constituer des détachements destinés à combler les pertes. Lorsque les besoins sont importants, des hommes peuvent également être prélevés dans d'autres dépôts ou centres d'instruction.
Ainsi, dans le régiment de Pierre, les arrivées successives de 149 hommes le 1er novembre, puis de 3 officiers et 456 hommes le 14 novembre, d'un officier et 352 hommes le 30 novembre – dont 103 jeunes soldats venant directement du dépôt du régiment – et enfin de 2 officiers et 217 hommes le 11 décembre, traduisent les lourdes pertes subies par l'unité au cours des combats précédents. Elles illustrent aussi le flux permanent d'hommes entre l'arrière et le front, indispensable pour permettre aux régiments de poursuivre les opérations malgré l'usure de la guerre.
Cette mécanique de remplacement est l'une des caractéristiques de la guerre de 1914-1918 : un régiment conserve son numéro et son identité, mais les hommes qui le composent sont continuellement renouvelés au fil des mois en raison des pertes considérables.