Le 22 août 1914 reste, à ce jour, la journée la plus meurtrière de toute l’Histoire de France. En l’espace de quelques heures, lors de la Bataille des Frontières, environ 27 000 soldats français sont tombés au combat.
Ce chiffre effrayant dépasse le bilan de la bataille de Waterloo ou celui de huit années de guerre en Algérie (1954-1962). Pourtant, contrairement à Verdun ou à la Marne, cette date a longtemps été effacée de la mémoire collective, sans doute en raison du traumatisme qu'elle représentait pour le commandement militaire de l'époque.
Trois semaines après la déclaration de guerre, les armées françaises appliquent le Plan XVII. La doctrine est simple : «l'offensive à outrance». Persuadé que la volonté et le courage («le cran») suffisent à renverser l'ennemi, le Général Joffre lance ses troupes à travers la frontière belge et en Lorraine pour percer les lignes allemandes.
Le 22 août, dans un brouillard matinal dense, les armées françaises (notamment les 3e et 4e armées) se heurtent de plein fouet aux armées impériales allemandes dans les forêts des Ardennes belges. Ce sont des « batailles de rencontre » : les deux camps se découvrent souvent au dernier moment, au détour d'un bois ou d'une colline.
Le front s'embrase sur près de 150 kilomètres, mais certains lieux concentrent l'horreur des combats :
Rossignol (Belgique) : C'est l'épicentre du drame. La 3e Division d'Infanterie Coloniale (l'élite de l'armée) est anéantie. Le corps d'armée colonial perd 11 000 hommes en une journée. Des figures intellectuelles comme l'écrivain Ernest Psichari (petit-fils de Renan) y trouvent la mort.
Virton et Ethe : Des combats d'une violence inouïe opposent les fantassins français aux Allemands. À Ethe, le 103e RI subit des pertes terribles dans des combats de rue et au corps-à-corps.
Neufchâteau et Ochamps : Les charges à la baïonnette se brisent net face à la puissance de feu ennemie.
En Lorraine : Le fils unique du Général Foch, Germain Foch, ainsi que son gendre, tombent également ce jour-là.
L'héroïsme des soldats français n'est pas en cause, mais ils ont été victimes d'un décalage tragique entre leurs tactiques et la réalité de la guerre industrielle :
La visibilité : Les Français portent encore le célèbre pantalon rouge garance, visible de loin, tandis que les Allemands sont vêtus en Feldgrau (gris de campagne) qui se fond dans la végétation.
L'armement : Les troupes françaises chargent à découvert, drapeau au vent. En face, les Allemands sont en position défensive, équipés de nombreuses mitrailleuses Maxim (tirant 400 à 600 coups/minute) et soutenus par une artillerie lourde de campagne bien supérieure.
La tactique : Les officiers, formés à l'école de l'attaque, refusent de faire creuser des tranchées, jugées déshonorantes et « brisant l'élan ». Des régiments entiers sont fauchés en quelques minutes par des tirs croisés.
Ce désastre force le Général Joffre à ordonner la « Grande Retraite ». C'est un recul déchirant mais nécessaire qui permettra, deux semaines plus tard, de reprendre l'initiative et de sauver la France lors du « Miracle de la Marne ».
Pour les familles, le 22 août 1914 marque le début du deuil de masse. Dans chaque village de France, les monuments aux morts portent la trace de cette journée sanglante où une génération a découvert que le courage ne suffisait pas face à l'acier.
Sources : L'ouvrage de référence : Jean-Michel Steg - « 22 août 1914, le jour le plus meurtrier de l'histoire de France » ; Mémoire des Hommes (JMO) ; Jean-Claude Delhez : « Le 22 août 1914 » (et ses travaux sur la Bataille des Frontières) ; SHD . Chtimiste.com
Cette page est dédiée aux victimes de ce drame. Nos recherches se poursuivent afin d’identifier tous les soldats du Pays de Retz qui y perdirent la vie. Ci-dessous, la liste de ceux qui ont été identifiés.
ALLAIS Aristide Louis Alphonse — Le Clion — 4 RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
AMIAND Julien Joseph Ferdinand — Sainte-Pazanne — 264 RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Doncourt-lès-Longuyon
ARDOIS François Joseph — Rouans — 91 RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Ugny
ARDOIS François Joseph — Sainte-Pazanne — RIC RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Ugny
BARTEAU Léon André — Geneston — 118 RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Signeulx
BEAULIEU Joachim Jean Léon — Le Pellerin — 2 RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
BEAULIEU Joachim Jean Léon — Saint-Jean-De-Boiseau — 160 RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
BEILLEVAIRE Pierre Auguste Eugène — Le Pellerin — Cuirassé RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
BERTHAUD Prosper Pierre Marie — Sainte-Pazanne — 93 RIC au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Rossignol
BERTHOME André Joseph Gustave Marie — Saint-Léger-Les-Vignes — 135 RIC au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Rossignol
BILLAUDELLE Pierre Louis Léopold — La Bernerie — 81 RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Bellefontaine
BLANCONNIER Honoré Pierre Joseph Marie — Les Moutiers — Commando RIC au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Rossignol
BOUCARD Léon Joseph — Bouguenais — 3 RIC au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Rossignol
BOUTET Pierre Alexandre — Saint-Cyr — 93 RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
BOUYER Pierre Jean Marie — La Sicaudais — 64 RIC au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Rossignol
BROSSEAU Louis Joseph Alexandre — Saint-Michel-Chef-Chef — 1 RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
CADOT Jules Marie — Bouguenais — 77 RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Ugny
CHAGNAS Joseph Louis Jean Marie — Saint-Jean-De-Boiseau — 21 RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
CHAGNAS Joseph Louis Jean Marie — Sainte-Pazanne — RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
CHANSON Auguste Jean Marie Joseph — La Bernerie — 11 Génie au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Vitrival
CHANSON Frédéric Joseph — Port-Saint-Père — 51 RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
CHARRIER Auguste — La Marne — 151 RIC au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Neufchâteau
CHOLLET Jean Marie Louis Alfred — Sainte-Marie-Sur-Mer — 409 RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
CLAVIER Jean Marie Joseph Louis — Corsept — RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
COLIN François Eugène Marie — Brains — RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 —
COURJON Aristide Joseph Henri — Bouaye — 265 RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
DORY Jean Baptiste Henri — Sainte-Pazanne — 264 RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Florennes
GOUY François Pierre Louis — Chauvé — RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
GRASSET Jules Charles Dit Charles — La Bernerie — RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
GRASSET Jules Charles Dit Charles — Le Clion — RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
GRATON Désiré Aristide Marie — Bouguenais — RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Chaumont-Saint-Quentin
GRILLAT François Jean Marie Joseph — Bourgneuf-En-Retz — RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
GUILLET François Joseph — Le Bignon — RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
JAMET Lucien Joseph Léon Jean — Bouguenais — RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
LEBLANC Louis Pierre — Sainte-Marie-Sur-Mer — RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
LOIRAT H. Voir Louerat Henri — Le Clion — RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
LOIRAT Joseph Jean — Chauvé — RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
LOIRAT Joseph Julien — Saint-Viaud — RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
MAZUREAU François — Les Moutiers — RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
PINSON Ferdinand Pierre Constant — Sainte-Pazanne — RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Nevraumont
POTIER Louis Marie — Cheix — Régiment Zouaves au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Chatelet
POULAIN Alfred Marie — Saint-Jean-De-Boiseau — RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
RENAUD Pierre Joseph — Bouaye — RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
RENAUD Pierre Joseph — Sainte-Pazanne — RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
TABARRE TABARE THABARD Pierre François Désiré Marie — Port-Saint-Père — RIC au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Rossignol
VILAIN VILAIS Eugène Stanislas Jean Marie — Arthon-En-Retz — RI au 265 RI — ✝ 22 août 1914 — Maissin
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