Sainte-Pazanne – Saint-Hilaire-de-Chaléons
1883 - 1915
91ème régiment d'infanterie
Mort pour la France
Benjamin est né le 29 mars 1883 à Sainte-Pazanne.
Il exerce le métier de typographe à Saint-Hilaire-de-Chaléons.
Il est mobilisé au 65ème régiment d'infanterie de Nantes à l'âge de 31 ans.
Avec ce régiment, il va combattre de la Belgique à la Somme.
Il est affecté eu 91ème RI le 1er février 1915.
Il va combattre aux Eparges.
Il disparaît lors des ces combats le 26 avril 1915.
Son décès est confirmé par un Jugement déclaratif en date du 10 novembre 1920.
Benjamin Marie AVRIL est issu d'une grande famille de laboureurs à Sainte-Pazanne. Ses parents, Benjamin Pierre AVRIL natif du Clion et Marie PROUX native de Saint-Hilaire-de-Chaléons, cultivatrice, s'y sont mariés en 1863 au village du Bois.
Benjamin est le dixième enfant d'une fratrie de douze : Marie Pécine (1865), Pierre Marie (1868), Magdeleine Perrine (1869), Angélique Françoise (1872), Jean Marie (1875), Prosper Ferdinand (1876), Rose Marie (1878), Philomène Marie (1880), Jules Louis (1882), Benjamin Marie (1883), Léontine Adeline (1885) et Théophile Marie (1888).
Benjamin est donc né le 29 Mars 1883 à Sainte-Pazanne.
En 1903, il s'éloigne du travail de la terre pour devenir typographe à Saint-Hilaire-de-Chaléons. Son parcours militaire commence toutefois avec difficulté : en raison de sa santé, il est ajourné en 1905, puis classé dans les services auxiliaires en 1906 pour «faiblesse».
Malgré sa fragilité physique, il est mobilisé le 1er août 1914 au 65ème RI de Nantes. Le 5 août, il quitte la garnison pour le front. Si l'historique du régiment décrit un départ « sous les acclamations de la foule », la réalité pour ces hommes est sans doute plus sombre et empreinte d'incertitude.
Après un débarquement en Argonne, il entre en Belgique et connaît son baptême du feu le 22 août 1914 lors de la sanglante bataille de Maissin, marquée par des combats au corps à corps et des charges à la baïonnette. S'ensuit une retraite harassante : il combat à Noyers-Pont-Maugis le 27 août avant d'être engagé dans la bataille de la Marne (secteur de Morain le-Petit et des marais de Saint-Gond). Le 65ème RI y subit des pertes effroyables, perdant la moitié de son effectif à Fère-Champenoise.
À l'automne 1914, Benjamin découvre dans la Somme, à l’Est d'Albert, l'enfer de la guerre de tranchées naissante à Contalmaison et La Boisselle. Il endure des épreuves physiques extrêmes : l'eau et la boue des tranchées qui s'effondrent, le manque de sommeil et les contrastes brutaux entre la chaleur de l'été et le gel hivernal.
Le 1er février 1915, il passe au 91ème régiment d'infanterie. Le régiment sort de combats terribles en Argonne pour être envoyé au pied de la crête des Éparges, point stratégique que l'état-major français veut reprendre coûte que coûte. Le secteur est un chaos de boue liquide et de trous d'obus, pilonné par l'artillerie lourde et les «minwerfer» allemands (mortiers de tranchée).
En avril, la violence atteint son paroxysme lors de la conquête des entonnoirs de mines. Le 91ème RI se lance à l'attaque les 5 et 6 avril à Maizeray avec un « magnifique élan » selon l'historique. C'est dans ce tumulte que Benjamin disparaît le 26 avril 1915. Il a probablement été pulvérisé par un obus ou enseveli dans l'effondrement d'un abri sur cette crête constamment retournée par les explosions.
Benjamin a connu, en moins d'un an, deux des secteurs les plus meurtriers de la Grande Guerre : la Somme avec le 65ème RI et l'enfer des Éparges avec le 91ème RI.
Comme pour des milliers de soldats disparus dans le chaos des Éparges, son corps n'a jamais été retrouvé. Il fallut attendre la fin du conflit pour que sa famille puisse entamer son « deuil administratif ». Par un jugement déclaratif rendu le 10 novembre 1920 par le tribunal de Paimboeuf, son décès est officiellement fixé au 25 Avril 1915.
Initialement, le nom de Benjamin n'apparaissait pas sur le monument aux morts de Sainte-Pazanne. Il a été rajouté sur une plaque avec sept autres noms, sans doute lors de la rénovation du monument en 2022.
Hommages à Sainte-Pazanne :
Inscrit sur le monument aux morts.
Hommages à Saint-Hilaire-de-Chaléons :
Son nom est inscrit sur le Livre d'or du ministère des pensions.
Son père Pierre est décédé en 1913 à Saint-Hilaire-de-Chaléons à l'âge de 76 ans
Sa mère décède en 1889 à Saint-Hilaire-de-Chaléons à l'âge de 45 ans.
Sa sœur Magdeleine décède en 1872 à l'âge de 2 ans.
Son frère Jean décède en 1952 à l'âge de 77 ans.
Prosper décède en 1918 à l'âge de 42 ans.
Philomène décède en 1975 à l'âge de 94 ans.
Jules décède en 1895 à l'âge de 13 ans.
Léontine décède en 1889 à l'âge de 3 ans.
Théophile décède en 1889 à l'âge de 3 mois.
Sources primaires et documentation
Ces sources fondamentales ont permis de vérifier et d'établir le récit de cette biographie.
Sur la crête des Éparges, Benjamin et ses camarades du 91ème RI ont dû faire face à une menace permanente : le Minenwerfer (littéralement « lanceur de mines »).
Contrairement à l'artillerie classique qui tire de loin avec une trajectoire tendue, cet engin allemand envoie de lourdes bombes à ailettes à une altitude très élevée. On les voyait monter dans le ciel, tournoyant lentement, avant de retomber verticalement dans la tranchée.
Une puissance dévastatrice : Chargées d'une énorme quantité d'explosifs, ces « mines » ne se contentaient pas de tuer ; elles pulvérisaient les abris les plus profonds et retournaient la terre sur plusieurs mètres.
La torture psychologique : Leur sifflement caractéristique et leur lenteur de chute créaient une angoisse insoutenable pour les soldats qui les regardaient descendre, ne sachant jamais si elles allaient s'écraser sur leur propre trou de boue.
Le chaos des Éparges : Ce sont ces engins qui ont transformé la colline des Éparges en un paysage lunaire d'entonnoirs géants, ensevelissant vivants des centaines d'hommes et rendant le terrain méconnaissable.