Saint-Hilaire-de-Chaléons
1886 - 1915
Sous lieutenant au 65ème régiment d'infanterie
Mort pour la France
Jean-Marie est né le 5 avril 1886 à Saint-Hilaire-de-Chaléons.
Lorsqu’il s’engage dans l’armée en 1905, il est étudiant ecclésiastique.
En octobre 1906, il est au séminaire de Nantes.
Début août 1914, âgé de 28 ans, Jean-Marie est mobilisé au 265ème régiment d’infanterie. Il est alors vicaire à La Chapelle-Glain.
Il participe à la Bataille de la Marne.
Il est blessé fin septembre 1914.
Rétabli, il rejoint le 65ème RI.
Jean-Marie est décoré de la Médaille militaire.
Il va combattre à la Ferme de Touvent et à Hébuterne.
Il décède le 25 septembre 1915 à Mesnil-Les-Hurlus dans la Marne.
Origines familiales et vocation
Jean-Marie BATARD est le fils de Jean Marie BATARD, natif de Saint-Hilaire-de-Chaléons, et de Marie BERTIN, native de Rouans, qui s'unissent le 4 septembre 1881 à Rouans.
De cette union naissent six enfants, presque tous à Saint-Hilaire-de-Chaléons : Jean-Marie (1886), Joseph Rogatien (1888), Alphonse (1890), Basile (1893), Pierre (1895) et le benjamin, Joseph Marie (1896), qui voit le jour à Rouans.
L'aîné, Jean-Marie, naît précisément dans le bourg de Saint-Hilaire-de-Chaléons le 5 avril 1886. Étudiant ecclésiastique, il appartient à la classe 1906. Devançant l'appel, il s'engage volontairement pour trois ans le 7 octobre 1905 à la mairie de Nantes, à l'âge de 19 ans. Après avoir obtenu son certificat de bonne conduite, il passe dans la disponibilité le 21 septembre 1906.
Il poursuit son parcours spirituel au grand séminaire de Nantes (3 rue Clément) dès octobre 1906. Rappelé à l'activité militaire le 15 novembre 1907, il rejoint le 25ème régiment d’infanterie où il est promu caporal le 1er février 1908, avant de retourner à la vie civile fin juillet 1908. Devenu sergent le 1er janvier 1909, il réside successivement au 18 rue de Gigant (1909) puis rue Saint Stanislas (1912) à Nantes.
La mobilisation et l'épreuve du feu (1914)
À l'aube de la Grande Guerre, Jean-Marie est vicaire à La Chapelle-Glain. Âgé de 28 ans, il est mobilisé le 2 août 1914 au 265ème régiment d’infanterie.
D'abord affecté à la défense du camp retranché de Paris le 5 août, il part pour le front à Arras le 25 août. La situation militaire impose rapidement une retraite via Combles, Ginchy et Guillemont les 27 et 28 août 1914.
C'est là, aux côtés de son camarade Jean THIBAUD des Moutiers, qu'il subit la terrible « méprise de Ginchy-Guillemont » le 28 août, un drame au cours duquel cinq autres soldats du Pays de Retz sont morts : Louis HERY d’Arthon, François LANDREAU d’Arthon, Gustave MARCHAIS de Port Saint-Père, Adolphe MARGANTIN de La Plaine et St Michel, Clair PAVY de Sainte-Pazanne et Michel MORANTIN de Chauvé.
En savoir plus sur le drame de Ginchy-Guillemont.
La retraite se poursuit vers Morval et le Bois des Bouleaux. Jean-Marie atteint Nanteuil-le-Haudouin le 7 septembre et prend part à la bataille de la Marne. Les 9 et 10 septembre, son régiment est envoyé dans l’Aisne. Il combat ensuite à Moulin-sous-Touvent le 14 septembre. Blessé, il est évacué sur Nantes le 26 septembre 1914.
Héroïsme et sacrifice (1915)
Une fois rétabli, Jean-Marie retourne au front et intègre le 65ème régiment d’infanterie le 25 octobre 1914. Il participe aux combats dans le secteur d’Albert en fin d'année. Son courage exemplaire lui vaut la Médaille militaire le 16 janvier 1915 (publiée au J.O. du 7 février 1915) avec la citation suivante :
« A été maintenu sur sa demande, alors qu’il devait être brancardier. A demandé son inscription au groupe d’éclaireurs et a toujours recherché les missions dangereuses. Modèle de courage, d’énergie et d’un exemple communicatif sur tous ceux qui l’approchent. En particulier les 2 et 3 janvier, sous un feu intense, a donné à tous le réconfort de sa bravoure et de son exemple, se portant toujours aux points les plus menacés pour encourager les combattants et secourir les blessés. Sergent respecté et admiré de tout le régiment pour sa bravoure et son esprit complet de sacrifice. »
Jean-Marie combat à La Boisselle en janvier 1915 puis à Hébuterne de mars à juin 1915. Promu Sous-lieutenant en mai 1915, il est de nouveau blessé à Hébuterne le 5 juin. Cette action lui vaut une citation à l'Ordre de l'Armée le 22 juin 1915 (J.O du 18 août 1915) :
« Officier d’une bravoure exceptionnelle pour qui le danger n’existe pas. Possède sur ses hommes un ascendant considérable. Blessé devant sa section qu’il maintenait au feu sous un bombardement violent. Déjà médaillé pour faits de guerre. »
La disparition en Champagne
De retour au front le 16 septembre 1915, Jean-Marie participe à l'offensive de Champagne. Lors des violents combats de la Ferme de Toutvent le 25 septembre 1915, il est fait prisonnier. Il décède dans une ambulance du front.
Le Journal des Marches et Opérations (JMO) du 65ème R.I. (pages 58 à 71) relate cette journée meurtrière qui coûte également la vie au colonel Degrée du Lou. Le bilan de ce seul jour est lourd : 41 morts, 330 blessés et 420 disparus. Le nom de Jean-Marie ne figure pas initialement sur les listes ; la date officielle de son décès sera fixée ultérieurement par jugement du tribunal en décembre 1920.
Jean-Marie partage le sort de milliers de combattants dont on ignore le lieu de repos.
Les chances de localiser sa sépulture sont infimes : son décès n'a pu être officialisé que cinq ans après les faits, par un jugement déclaratif du tribunal de Paimboeuf en date du 3 décembre 1920.
Hommages à La Chapelle-Glain :
Livre d'or du ministère des pensions44 - La Chapelle-Glain - Monument aux Morts
Plaque commémorative de la mairie
Hommage à Saint-Hilaire-de-Chaléons :
Monument aux Morts.
Hommages à Sainte-Pazanne :
Monument aux morts.
Hommages à Paris :
Livre d'or du clergé et des congrégations - La Preuve du Sang inscrit sur le monument aux morts.
Son père Jean, décède le 23 mars 1931 à Sainte-Pazanne l'âge de 74 ans.
Sa mère, Marie BERTIN, décède le 26 mars 1927 à La Vézinière à Sainte-Pazanne à l'âge de 71 ans.
Son frère Alphonse est tué à Verdun le 22 juin 1916 à l’âge de 25 ans.
Son frère Basile décède de maladie le 30 janvier 1914 à Brest.
Son frère Pierre épouse Marie BATARD le 13 juin 1922 à Saint-Hilaire-De-Chaléons. Il ont 4 enfants. Pierre décède le 23 juin 1983 à Saint-Hilaire-De-Chaléons à l’âge de 88 ans.
Son frère Joseph Marie épouse Thérèse PACAUD le 12 septembre 1921. Ils ont 6 enfants. Joseph Marie décède le 6 avril 1983 à Rouans à l’âge de 86 ans.
Sources primaires et documentation
Ces sources fondamentales ont permis de vérifier et d'établir le récit de cette biographie.
Dans l'argot des tranchées et la mémoire de la Grande Guerre, la figure de l'homme de foi occupe une place à part. Qu'il soit prêtre, pasteur ou rabbin, il incarne l'humanité au milieu de la barbarie.
Une spécificité française : Le « Curé sac au dos »
Contrairement à d'autres nations belligérantes, la France de 1914 a une particularité : la séparation de l'Église et de l'État est récente (1905). La conséquence est immédiate : les ecclésiastiques ne sont plus exemptés du service armé. Environ 25 000 prêtres et séminaristes sont mobilisés. Si certains sont aumôniers militaires officiels (portant la soutane et le brassard de la Croix-Rouge), la grande majorité sont de simples soldats. On les surnomme les « curés sac au dos ».
Servir sans tuer
Souvent affectés comme brancardiers ou infirmiers, ces hommes se fixent une mission redoutable : « servir sans tuer », tout en s'exposant au feu. Ils deviennent les confidents de la section, transcendant les croyances individuelles. C'est vers eux que l'on se tourne pour écrire la dernière lettre à une mère, ou pour trouver le courage avant l'assaut.
L'autel de fortune
Les témoignages abondent sur ces messes célébrées dans la boue, sur des caisses de munitions ou un tambour renversé servant d'autel. Dans ces instants suspendus, l'aumônier offre une absolution collective, un dernier réconfort spirituel avant que le sifflet ne retentisse.
Le symbole de l'Union Sacrée
Sur le front, les querelles religieuses s'effacent devant la mort. L'image d'Épinal, pourtant bien réelle, du rabbin apportant un crucifix à un catholique mourant, reste le symbole éternel de cette « Union Sacrée ».
Sources en ligne accessibles : Le site officiel du Ministère des Armées (Chemins de Mémoire) : dossier sur les aumôniers militaires.
Le site du Diocèse aux Armées françaises qui tient des archives sur les prêtres mobilisés.