RONDEAU Julien Pierre Jean Marie Félix Albert
Les Moutiers
1896 - 1918
110ᵉ régiment d'infanterie
Mort pour la France
Ses parents, Pierre RONDEAU et Anne-Mélanie ALLAIN se marient le 1er février 1883 à La Bernerie. Pierre est natif de Saint-Même et Anne-Mélanie de Chéméré.
Ils ont trois garçons :
Jean Marie Pierre Dominique est né le 2 février 1890 à Bourgneuf-en-Retz. Ses parents sont alors cultivateurs à la Gravolière.
Julien Pierre Joseph est né le 6 décembre 1891 aux Moutiers.
Julien Pierre Jean Marie Félix Albert naît le 27 janvier 1896 aux Moutiers. Son père et sa mère sont alors cultivateurs aux Jaunais.
Julien Pierre Jean est né le 27 janvier 1896.
Il est mobilisé à 19 ans dans l’infanterie, le 8 avril 1915.
Avec le 93ème, il participe aux combats de Toutvent, de Champagne.
Puis il combat à Tahure et Verdun.
Avec le 118ème, Julien combat au Chemin des Dames.
Intégré au 293ème, il est engagé dans les combats dans l’Aisne.
C’est dans le 110ème régiment d’infanterie que Julien est tué à l’ennemi au Bois Fontaine, combat de Passy-en-Valois le 19 juillet 1918.
Il est décoré à titre posthume de la Médaille militaire et de la Croix de guerre.
Julien est inhumé dans la sépulture familiale aux Moutiers. Sa photographie est sur sa tombe.
Julien Pierre Jean est le petit dernier, né le 27 janvier 1896.
Il est mobilisé le 8 avril 1915 alors qu’il vient d’avoir 19 ans. Il est blond aux yeux bleus et mesure 1,58m.
Il change souvent d’affectation : 93ème régiment d’infanterie puis, 118ème, 293ème, 201ème et 110ème.
Au début de son engagement, il rejoint le 93ème qui se trouve alors dans le Pas-de-Calais, secteur d’Hébuterne.
En juin 1915, il participe à l’attaque de Toutvent puis est embarqué par voie ferrée sur la Champagne. Débarquant à Vitry-la-Ville, le 93ème gagne Somme-Tourbe.
Ce secteur n'est pas réputé comme tranquille. Les nombreuses tombes échelonnées le long de la Tourbe et du Marson attestent de la vigueur des combats qui s'y sont livrés.
Le 25 septembre 1915, lors d’une attaque, le régiment a été la cible qu'un barrage d'artillerie de 150 et de 210 qui écrase les tranchées. « Le chef de bataillon CHICOT est tué. Le lieutenant-colonel JAHAN, le chef de bataillon RAVEL qui se trouvait à ses côtés, le lieutenant PERNET, officier téléphoniste, un officier du génie, tombent mortellement frappés par un obus. » Historique du 93e RI.
Julien restera en Champagne jusqu’en mai 1916 après avoir combattu à Tahure.
Le 2 mai, le régiment quitte son secteur pour se diriger sur Verdun où il restera jusqu’en février 1917 : Thiaumont, le Fort de Vaux, Douaumont.
L'hiver, les températures sont sibériennes.
On peut lire dans la fiche matricule que Julien a eu les pieds gelés à la Côte du Poivre le 19 décembre 1916.
D’avril à juillet 1917, Julien est affecté au 118ème qui participe aux combats du Chemin des Dames. Cette bataille fait plus de 100.000 morts dont environ 52.000 Français.
Fin juin, il se dirige dans le secteur de Saint-Quentin.
De juillet 1917 à novembre 1917, Julien intègre le 293ème qui est engagé dans les combats dans l’Aisne. Ce régiment est dissous le 21 novembre 1917.
Julien est donc brièvement intégré au 201ème puis au 110ème qui se trouve également dans l’Aisne. Le début de l’année est consacré à des travaux de tranchées en vue de prochaines attaques qui ont effectivement lieu pendant 6 mois.
Un bataillon attaque le 19 juillet 1918, et c’est là, au Bois Fontaine, au combat de Passy-en-Valois que Julien est tué à l’ennemi.
Il est décoré à titre posthume de la Médaille militaire et de la Croix de guerre.
Julien est inhumé dans la tombe familiale aux Moutiers. Sa photographie est sur la sépulture à côté de celle de Jean.
Hommage aux Moutiers :
Inscrit sur le monument aux Morts.
Inscrit sur le Livre d'or du ministère des pensions.
Jean est mort pour la France le 29 novembre 1914.
Julien Pierre Joseph, le troisième garçon s’est engagé à Nantes en 1913 mais, souffrant, il est réformé. Loueur de voiture, il se marie en 1920 à Chéméré et décède au Clion en 1937.
Sources primaires et documentation
Ces sources fondamentales ont permis de vérifier et d'établir le récit de cette biographie.
En août 1914, le front se trouve à peu près à 6 ou 7 km du village de Louvemont. La circulation des civils s’en trouve très limitée. Puis en octobre 1914, une poussée de l’armée française l’éloigne un peu plus des dangers de tirs sporadiques de l’artillerie allemande.
Le 21 février 1916, lors du déclenchement de la grande offensive allemande sur Verdun, Louvemont se trouve violemment bombardé. Ses défenseurs résistent, jusqu’au 25 février au fracas et aux terribles destructions que provoquent les obus. Des combats à la baïonnette s'engagent face aux assauts des fantassins allemands.
De la fin février à la mi-décembre 1916, les combats les plus acharnés se portent sur la côte du Poivre, s’étirant de Louvemont à Vacherauville.
Enfin, les 15 et 16 décembre 1916, les Allemands abandonnent le secteur après l’offensive victorieuse du général Mangin.
Les ruines de Louvemont redeviennent alors françaises jusqu’à la fin du conflit.
Classé en « zone rouge », Louvemont est déclaré village détruit en 1919, bénéficiant de ce statut unique qui va lui permettre de construire, entre les deux guerres, son monument aux morts et la chapelle-abri Saint-Pierre aux liens, inaugurée le 3 mai 1930.
L’inscription « En souvenir de Haudraumont et de Mormont » figurant sur ce monument rappelle l’existence disparue de deux petits hameaux de la commune.
De même, l’ajout « Côte du Poivre » à son propre nom témoigne de la volonté de ses anciens habitants de ne jamais effacer de leur mémoire ce haut lieu qui a marqué l’histoire tragique de la guerre de 1914-1918 et de leur commune. Source : tourisme_verdun_com