CAILLAUD Joseph Alexandre Marie
Chauvé
1887 - 1915
251ᵉ régiment d'infanterie
Mort pour la France
Joseph CAILLAUD est né le 28 novembre 1887 à Saint-Brévin.
Il est mobilisé le 3 août 1914 au titre du 251ème régiment d’infanterie de Beauvais.
Après la retraite et la bataille de la Marne, il combat pendant la "course à la mer".
Le 251ème va tester plusieurs nouveaux matériels au cours de l'année 1915.
Le régiment de Joseph va rester dans le secteur de Soupir de la fin 1914 à février 1916.
Joseph est tué lors d'un bombardement le 21 juillet 1915. Il avait 28 ans.
Il a été décoré de la médaille militaire et de la Croix de guerre à titre posthume.
Fils unique d'Alexandre et de Marie PRUD'HOMME, tous deux laboureurs, Joseph CAILLAUD voit le jour le 28 novembre 1887 au lieu-dit «La Prinais» sur la commune de Saint-Brévin.
La famille travaille au lieu-dit « La Croix » à Saint-Brévin lorsque sa mère décède prématurément en octobre 1902 à l’âge de 47 ans. Joseph n’a alors que 15 ans. La situation familiale n’est pas favorable à l’apprentissage scolaire. Mis au travail très jeune par ses parents, l’adolescent ne sait ni lire ni écrire.
Son père se remarie en octobre 1904 à Chauvé, avec Suzanne BICHON. Elle est cultivatrice à « la Caillerie » sur la commune de Chauvé. Avec son fils, Alexandre part travailler sur l’exploitation de sa nouvelle épouse.
Quand vient le temps du service militaire, Joseph est appelé à rejoindre les rangs du 116ème régiment d’infanterie de Vannes. Il franchit les portes de la caserne le 8 octobre 1908. A cette époque, le régiment occupe simultanément la caserne de La Bourdonnaye et la caserne des Trente, aujourd'hui disparues. Mis en congé le 25 septembre 1910, Joseph est classé dans les troupes de réserve le 1er octobre 1910. Deux ans plus tard, il est rappelé pour effectuer une période de réserve qui s’étend du 29 août au 20 septembre 1912.
En octobre 1912, deux ans après la fin de son service militaire, Joseph épouse Marie Louise CHARPENTIER. Elle est cultivatrice au lieu-dit « la Noultrie ». Le jeune couple s’installe au domicile de la mariée. De cette union naît, le 2 juin 1914, une petite fille prénommée Marie Josèphe Geneviève. Le bonheur familial et la joie de la paternité sont de courte durée.
Joseph est mobilisé le 3 août 1914 au titre du 51ème régiment d’infanterie de Beauvais. Il est immédiatement versé dans les rangs du 251ème RI, son régiment de réserve, alors en cours de création. Joseph intègre le 6ème bataillon au sein de la 22ème compagnie.
Formé à la mobilisation avec deux bataillons de réserve du 51ème sous le commandement du lieutenant-colonel DELAGRANGE, le 251ème régiment d’infanterie fait partie de la 138ème brigade, elle-même rattachée à la 69ème division d’infanterie.
Fort de 43 officiers, 2233 sous-officiers et soldats, 125 chevaux et 38 voitures, le régiment embarque à Beauvais le 13 août pour être acheminé vers la Belgique. Il débarque à la gare de Saint Gobert (Aisne) le même jour. Les deux bataillons se mettent en marche sous une chaleur suffocante. A l’inverse de leurs camarades agriculteurs habitués aux travaux des champs par tous les temps, 55% des effectifs de ce régiment de réservistes occupent dans le civil un emploi sédentaire. Nombre de soldats sont victimes d’insolations qualifiées de légères à moyennes.
Touché par l’ordre général de retraite lancé après la bataille des frontières, le régiment prend position à Urvillers (Aisne) le 29 août. Il est alors attaqué par des forces ennemies considérables. A l’issue d’un combat acharné où son commandant trouve la mort, et où son drapeau est déchiqueté, le 251ème RI décimé se reforme sous le commandement du chef de bataillon GUERIN. Avec ténacité il soutient alors, en retardant l’avance des masses ennemies, les chocs successifs de la ferme du Rocq aux environs de Château-Thierry le 3 Septembre, et de la ferme de Montceaux-lès-Provins, les 5 et 6 septembre 1914.
Le 13 Septembre, le 251ème est engagé à la ferme Sainte-Marie-le-Godat, où le 6ème bataillon (celui de Joseph) reprend une batterie d’artillerie tombée aux mains de l’ennemi. Le 14 septembre et dans la nuit du 16 au 17, le 251ème tient tête à la Neuville, malgré de lourdes pertes, aux assauts répétés d’un ennemi décidé à rompre à tout prix les lignes françaises. Il reçoit ainsi une première citation à l’ordre de l’armée. Pendant la retraite et au cours des combats livrés dans la poursuite qui suit la victoire de la Marne, le régiment déplore 41 tués et 468 blessés.
D’autres combats vont suivre durant l’épisode dit de « la course à la mer ». A Rouvroy dans le Pas-de-Calais du 7 au 8 octobre 1914 et à Soupir dans l’Aisne le 2 novembre 1914, les soldats essuient des feux d’artillerie intenses et meurtriers. Les pertes pour ces deux combats sont très élevées. Au soir du 2 novembre, on décompte 111 tués, 400 blessés et 274 disparus.
La période d’occupation du secteur de Soupir par le 251ème RI s’étend du 3 novembre 1914 au 21 février 1916. Elle est marquée par de violents échanges brefs et sporadiques d’artillerie de part et d’autre des lignes. Il ne se passe pas de jours sans que quelques hommes soient tués ou blessés.
Début décembre 1914, en raison de fortes pluies, le niveau de l’Aisne s’élève anormalement et les tranchées commencent à être envahies par l’infiltration de l’eau.
Le régime des permissions n’est pas encore appliqué et Joseph est au front lorsqu’il a la douleur de perdre sa fille Marie Josèphe le 12 janvier 1915. Elle décède prématurément dans la maison familiale de « La Noultrie » à l'âge de 7 mois.
Le 20 janvier, le régiment de Joseph utilise les premières grenades à fusil. En savoir plus sur les nouveaux matériels testés pendant la Première Guerre mondiale, dossier rédigé par Hervé CLOSSET.
L’hiver et le printemps sont ponctués de brusques canonnades, de fusillades et de « coup de mains » organisés de part et d’autre de la ligne de front dans le but de « tâter » les défenses adverses et de faire des prisonniers à des fins de renseignement.
Le 19 juillet, après 7 jours passés en première ligne, le 6ème bataillon passe en réserve en seconde ligne. Mais pendant ce temps, les tirs sporadiques d’artillerie se poursuivent de part et d’autre des lignes adverses. Ces tirs de «harcèlement» touchent indistinctement les positions de première et de deuxième ligne. Ainsi Le 21 juillet 1915 à 17h00, l’un de ces échanges frappe la 22ème compagnie. Avec deux de ses camarades, Joseph est frappé mortellement par un éclat d’obus alors qu’ils sont au repos à la ferme de Mont Sapin près de Soupir. Il est déclaré tué à l’ennemi à 17h00 tandis que deux autres soldats sont blessés.
Joseph est décoré de la médaille militaire et de la Croix de guerre à titre posthume
La déclaration de décès de Joseph est transcrite à la mairie de Chauvé le 20 février 1916.
Nous ignorons le lieu d'inhumation de Joseph. Nous poursuivons nos recherches.
Hommage à Chauvé :
Monument aux morts.
Livre d'or du ministère des pensions.
Sa mère décède en 1902 à Saint-Brévin à l’âge de 47 ans.
Marie son épouse, veuve à l’âge de 25 ans, se remarie en 1920 avec Alfred Jean Marie Joseph DOLU cultivateur à Corsept. Le couple a 3 enfants. Elle s’éteint en 1964 à l’âge de 74ans.
Sa fille Marie Josèphe décède prématurément en 1915 à l’âge de 7 mois.
Ces sources fondamentales ont permis de vérifier et d'établir le récit de cette biographie.
Le village de Soupir, situé dans le département de l’Aisne, occupe une position importante au pied du plateau du Chemin des Dames, dans la vallée de l’Aisne. En 1915, ce secteur fait partie des zones particulièrement disputées du front, où l’armée française mène plusieurs opérations destinées à reprendre les hauteurs occupées par les forces allemandes depuis l’automne 1914.
Après la stabilisation du front, la guerre de mouvement a laissé place à une guerre de positions. Les combats autour de Soupir s’inscrivent dans ce contexte : tranchées, réseaux de barbelés, bombardements quotidiens et attaques limitées rythment la vie des unités engagées. Le village devient un repère stratégique, à proximité immédiate des lignes, servant à la fois de point d’appui, de zone de passage et parfois de secteur de cantonnement sous le feu.
L’année 1915 est marquée par plusieurs offensives françaises, notamment en Artois et en Champagne, mais également dans l’Aisne, où les combats restent intenses. Dans la région de Soupir, les soldats affrontent des conditions particulièrement difficiles : terrain bouleversé par l’artillerie, boyaux effondrés, manque de repos et pertes importantes lors des attaques ou des bombardements.
De nombreux journaux de marche et opérations mentionnent régulièrement le secteur de Soupir, preuve de son rôle dans la tenue du front. Pour les soldats, ce nom correspond moins à un simple village qu’à un lieu associé à la fatigue, au danger permanent et à la mémoire des camarades tombés.
Soupir fait ainsi partie de ces localités de l’Aisne dont le nom reste attaché aux combats de 1915. Aujourd’hui reconstruit, le village conserve néanmoins, comme toute la région du Chemin des Dames, la trace d’une année où des milliers d’hommes ont combattu et sont morts pour la France.